glitch / immersif / industriel / UK bass music

MUTEK 2026 | dustbunny, élégance, désir, violence

par Léa Dieghi

Pour la première mondiale de son tout nouveau projet intitulé Sweet, l’artiste montréalais.e dustbunny (originaire de Toronto) a offert mercredi au public de l’Esplanade Tranquille une expérience immersive totale, aussi percutante sur le plan musical que visuel, dans le contexte de la série gratuite Expérience.

En premier, la scénographie : l’artiste est dissimulé.e derrière un bureau recouvert d’un empilement de draps et de couettes aux teintes blanches et colorées, avec pour seul centre de contrôle son ordinateur portable. La musique émerge doucement, progressant par vagues successives tandis qu’une narration enregistrée au dictaphone vient se superposer au son. Si le rythme s’avère plutôt calme au départ, les basses deviennent rapidement plus lourdes, accompagnées de hi-hats ciselés et de drops profonds. 

Progressivement, l’atmosphère se tend pour basculer dans un break industriel et déstructuré, dont la complexité de composition évoque immédiatement l’approche de l’artiste colombien Nick León sur son album Tropical Entropy. Entre la bass et la musique club déconstruite, on sort progressivement des vagues ambiantes des premières minutes. 

Abandonnant son ordinateur, dustbunny s’avance au devant de la scène, micro en main et foulard à pois noué autour du manche. Sa voix modifiée résonne dans l’espace, démultipliée par des jeux d’échos spectraux. Alors qu’une harpe synthétique s’installe en arrière-plan, l’atmosphère devient subitement éthérée. La bass music industrielle cède la place à une glitch-pop céleste, qui se métamorphose à son tour en une hyperpop expressive rappelant les univers d’artistes emblématiques comme Björk ou FKA Twigs.

Son live, il se balance tantôt dans l’éther, tantôt dans le désir brut. La fin du spectacle accélère le rythme en piochant sans complexe dans la culture club, oscillant entre techno, jungle et gabbers, le tout porté par un jeu de scène habité et une esthétique cyberpunk assumée. 

crédit photo: Frédérique Ménard-Aubin

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