La tête d’affiche pour clôturer la 40ème édition du Festival international des Nuits d’Afrique n’est nul autre que le grand Tiken Jah Fakoly, un habitué. Il avait ouvert le festival il y a quelques années au MTelus mais cette année, c’est sur la scène extérieure TD qu’il a ambiancé les festivaliers.
Alors que les deux premières chansons étaient uniquement avec les musiciens, ce n’est qu’au bout du troisième morceau qu’on a vu débarquer Tiken Jah. Vêtu d’une sorte de poncho à capuche fait d’un tissu africain, il est fidèle à lui-même, toujours prêt à sauter, parcourir la scène d’un côté à l’autre, en faisant parfois des acrobaties tirées des arts martiaux.
Avec ses nombreux musiciens, dont certains étaient vêtus de tenues militaires, et ses deux choristes, il nous a proposé des titres de ses nombreux albums, des plus anciens aux plus récents.
« Est-ce que le peuple est là ce soir ? » demande Tiken devant une marée de festivaliers. En effet, pour cette dernière soirée, la météo était clémente. Et malgré l’heure tardive pour un dimanche soir, tout le monde était au rendez-vous, adultes, enfants et tout ce qu’il y a entre les deux.
J’ai croisé plusieurs artistes qui étaient dans la programmation cette année, et d’autres venus voir le géant du reggae africain.
Il a joué aussi ses morceaux en anglais, « Discrimination » et « Africa wants to be free », avant de poursuivre avec ses titres en français et dans sa langue maternelle. Comme souvent lors de ses concerts, Tiken Jah rappelle la place importante de l’Afrique aujourd’hui tout en évoquant le paradoxe africain : le plus riche continent mais avec la population la plus pauvre.
Le côté militant de Tiken Jah est resté intact. Il invite d’ailleurs les jeunes à revenir construire leur pays après leurs études au Canada.
Un des moments de la soirée était sans aucun doute durant le morceau mythique « Plus rien ne m’étonne ». La foule s’est transformée en véritable chorale. Cela dit, j’ai découvert le morceau « Massa » qui figure dans l’album Braquage de pouvoir mais après cela, il nous a fait un genre de medley de tous ses plus grands succès : « Le balayeur », « Quitte le pouvoir », « On en a marre », et j’en passe.
Autre moment fort, après une petite pause d’hydratation, il revient avec « Africain à Paris » avant de dénoncer les visas refusés aux Africains lorsqu’ils veulent aller en Occident alors que les Occidentaux sont accueillis à bras ouverts en Afrique. Un autre paradoxe.
Une surprise qui a plu aux festivaliers est lorsque Tiken a invité l’artiste Meiway sur scène pour une petite session d’improvisation. Meiway était de passage sur la même scène quelques minutes plus tôt pour chanter l’hymne conçu spécialement pour les 40 ans du Festival.
« Quand le grand frère est là, on laisse la place », dit Tiken avant de céder la scène à Meiway en signe de respect.
Le concert s’est terminé avec « Ouvrez les frontières » sur lequel on a pu apprécier les belles voix des choristes. C’est ainsi que la 40ème édition du Festival international des Nuits d’Afrique a pris fin, aux alentours de minuit.
En somme, cette édition, qui se voulait ambitieuse de part son chiffre rond, a su relever le défi. Montréal vibrait du 7 au 19 juillet inclusivement et ce sont de nombreux Montréalais et touristes qui ont su en profiter. Rendez-vous l’année prochaine pour une autre programmation tout aussi éclatante !























