Les Francos ont réussi leur pari en décidant d’ouvrir cette édition avec le groupe mythique Kassav’ qui a popularisé le zouk. Avec des images du regretté Jacob Devarieux qui défilaient sur un écran, c’est ainsi qu’ils ont voulu lui rendre hommage, lui qui nous a quitté en 2021. Ce sont cinq chanteurs, incluant Jocelyne Béroard, et six musiciens qui ont envahi la scène Rogers, sous une chaleur accablante. Vêtue d’une longue tunique brillante bleue, Jocelyne sortait du lot avec sa voix qui n’a pas perdu de son intensité. Malgré ses 71 ans, elle parvient à faire des chorégraphies parfois exigeantes, sans trop de soucis. Cela dit, grâce à ses choristes, elle parvient à prendre quelques pauses durant le spectacle, reprenant des forces pour ce qui allait suivre.
Le groupe Kassav’ se réinvente en incluant une nouvelle génération au sein de ce collectif, le rendant par moments plus africanisé que créolisé. Pas de pause entre les morceaux, ou presque pas, puisqu’ils avaient 90 minutes pour mettre le feu à la place des Arts. Une parfaite façon de commencer l’été et d’ouvrir la saison des festivals.
Nous avons eu droit à un moment percussif entre le batteur et le percussionniste qui dialoguaient avec leur instrument. Cela a permis aux autres musiciens et chanteurs de sortir de scène pour souffler avant de revenir pour la 2ème partie. Une jeune fille dans la vingtaine qui était à côté de moi semblait connaitre toutes les paroles du répertoire, un indicateur de l’impact de ce groupe sur toutes les générations.
Jocelyne a pris la parole qu’une seule fois pour donner les instructions à la foule sur les passages à répéter alors que les solos de guitare et basse ont particulièrement plu à l’audience. Parmi les classiques, nous avons eu droit à « Kolé séré », « Rété », « Siwo », « Kay-manman », mais en mode medley.
Bien entendu, ils ne pouvaient pas terminer sans LA chanson « Zouk la sé sél médikaman nou ni », qui nous rappelle l’unique voix de Jacob Devarieux. Il n’était peut-être pas avec nous sur scène mais il semblait être présent en esprit tout au long de ce spectacle. Un hommage bien mérité.
Crédit photo: Frédérique Ménard-Aubin























