Hans Otte (1926-2007) est probablement le compositeur le moins connu associé à l’école répétitive, ‘’minimaliste’’. Lorsqu’on évoque cette emblématique mouvance musicale, on pense aussitôt à des pionniers tels La Monte Young et Terry Riley, ou aux grandes vedettes comme Steve Reich et Philip Glass, aux États-Unis, Michael Nyman et Gavin Bryars au Royaume-Uni, Louis Andriessen aux Pays-Bas, etc. Mais le Germano-Polonais Hans Otte? Des miettes. Pourtant, il a écrit plusieurs œuvres marquantes dans le genre, dont le Livre des Sons (Das Buch der Klänge) composé entre 1979 et 1982.
Il s’agit d’un cycle de douze pièces pour piano solo, où s’épanouit un travail délicat sur la qualité et la beauté des sons créés par le soliste, dans des architectures individuelles de type répétitif, mais aussi dans une architecture générale en arc qui rend l’ensemble du cycle plus holistique.
L’auditeur-trice occasionnel remarquera les transformations harmoniques, évoluant vers plus de densité et de chromatisme, à mesure que le cycle se développe vers la sixième partie. Ensuite, jusqu’à la douzième, les atmosphères s’éclaircissent à nouveau.
L’auditeur-trice averti remarquera d’autres subtilités techniques qui rendent l’expérience pleinement satisfaisante et stimulante, telles des références à Chopin, Debussy et Messiaen.
Le pianiste états-unien Conor Hanick offre une lecture vivante, très attentive aux multiples détails de la partition, quoique feutrée, comme un peu voilée (peut-être la prise de son?), en termes de couleurs. Plusieurs autres enregistrements existent, dont un sous étiquette Naxos avec Ralph van Raat, et un autre, excellent, chez ECM, avec Herbert Henck.
Une œuvre majeure à découvrir rapidement, si ce n’est déjà le cas.






















