Aguas, qui signifie Les Eaux, est un trio constitué par le pianiste Omar Sosa, la chanteuse et violoniste Yilian Cañizares et le percussionniste Gustavo Ovalles, qui a enregistré son album unique en 2018. Un album consacré à la divinité de l’eau douce Oshun, dans les cultures religieuses afro-cubaines.
Ce samedi 28 février, nous avons pu assister à la matérialisation sur scène de cette entreprise musicale peu commune et vachement riche.
Omar Sosa est un grand pianiste cubain, célébré par les amateurs de jazz, aujourd’hui exilé en Espagne. Beaucoup moins connue, Yilian Cañizares est une violoniste d’origine cubaine qui vit en Suisse et qui a sa propre carrière, avec plusieurs albums qui métissent la tradition cubaine avec la modernité européenne. Gustavo Ovalles est un percussionniste d’origine vénézuélienne, initié aux rythmes de la Santeria, cette religion syncrétique qui mélange les rituels africains et catholiques.
Sur scène, la symbiose entre les trois protagonistes est évidente, dès la première pièce. Percussions, piano, violon, voix fusionnent dans un métissage musical: santeria, jazz, classique, et autres. C’est une musique largement écrite, Omar Sosa fait peu de solos improvisés; j’oserais dire que certains amateurs de rock progressif pourraient trouver leur compte dans certaines compositions.
Par contre, nous plongeons en grande profondeur dans l’âme musicale très riche de Cuba et d’autres pays de la mer des caraïbes, avec beaucoup de surprises. Omar Sosa ne se contente pas de jouer le clavier de son piano, il touche aussi ses cordes, avec parfois des brosses. Gustavo Ovalles s’amuse avec plusieurs dizaines d’instruments de percussions: tambours, espèces de maracas, tubes vides qui produisent des sons intriguants. La foule était ébahie à plusieurs reprises.
Quant à Yilian Cañizares, sa prestance, autant à le voix qu’au violon, a séduit l’auditoire, d’autant plus qu’elle nous adressé la parole en français à plusieurs reprises. Pour moi, elle était une découverte, qui mérite davantage d’exploration. À venir…
Cette prestation de 90 minutes était à la fois savante et ludique. Un mélange entre sacré et profane, tradition et contemporain. Le concert s’est terminé sur un chant a cappella …des trois artistes et de la plupart des spectateurs.
Un brillant concert, qui démontre, une fois de plus, la richesse des musiques latines passées et actuelles.
En prime, pour celles et ceux qui le souhaitaient, Yilian et Omar étaient disponibles pour des dédicaces et des discussions, à l’issue du spectacle.
Pas mal!
Crédit photo: Anne Larmaque























