Un quart de siècle plus tôt, à cette époque où elle frottait l’archet auprès des Colocs et de Mononc’Serge, qui aurait pu prévoir que Mara Tremblay deviendrait l’une des musiciennes, parolières et chanteuses les plus accomplies du Québec ? C’était pourtant le destin qui l’attendait. Elle n’est certes pas devenue une mégavedette capable de remplir le Centre Bell, mais elle peut compter sur une bonne étoile, sur un public assez considérable pour soutenir sa démarche créatrice. Une carrière durant ? Elle devrait y parvenir une fois encore avec Uniquement pour toi, album rendu public au terme d’une période difficile – fiston Édouard parti du nid familial, solitude, déprime, problèmes de santé psychologique, et puis la lumière au bout du tunnel, voyage salvateur à Nashville, nouvel amoureux, dix chansons neuves. Uniquement pour toi évoque cette tranche de vie. Les textes sont majoritairement de Mara, auxquels s’ajoutent deux joyaux chansonniers signés Stéphane Lafleur, sans conteste l’un des paroliers les plus doués d’Amérique francophone. Dans le cas qui nous occupe, il a parfaitement saisi où se trouvait le libre arbitre sur le karma de Mara : « Le jour va où tu le mènes / dirige-le jusqu’à mon cou », résume-t-il dans ces rimes succinctes, auréolées d’une grande inspiration. Les musiques ont été concoctées essentiellement par Mara, de concert avec le guitariste et multi-instrumentiste Olivier Langevin, collègues pour un septième album excluant toute redondance. L’approche americana à laquelle la musicienne nous a habitués au fil du temps fait ici place à une étonnante et superbe mixtion de psychédélisme, space-rock, prog, folk-rock, country, ambient. Guitares, claviers, synthés, logiciels, pédales d’effets, bidules électroniques, batterie et basse se trouvent ainsi au service d’une voix généralement apaisée, souvent aérienne, évanescente de délicatesse… uniquement pour nous.
Tout le contenu 360
Interview expérimental/expérimental / contemporain/folk/americana/jazz
Suoni 2026 | Voyage dans le temps avec Wendy Eisenberg
Par Joséphine Campbell-Lashuk
Interview Afrique/Chanson francophone/pop/rock
May Wells: battante, inspirée, émancipée
Par Alain Brunet
Critique de concert rock/Métal
Francos 2026 | Lancement de Fuudge : le feu prend
Par Florence Cantin
Critique de concert rock
Francos 2026 | Disiz impose son univers rock devant une foule immense
Par Sandra Gasana
Critique de concert
Francos 2026 | Dead Obies, un show réparateur au-delà de la nostalgie
Par Simon Gervais
Interview Asie du Sud/électronique/soul/R&B
Suoni 2026 | Sunken Cages, « musique bizarre et intéressante » de Ravish Momin
Par Alain Brunet
Critique de concert expérimental / contemporain
Suoni 2026 | Jardin botanique, pont céleste
Par Joséphine Campbell-Lashuk
Critique de concert chanson française/Chanson francophone/pop
Francos 2026 | Deux (albums de Pierre Lapointe) par deux rassemblés… et magnifiés
Par Alain Brunet
Interview expérimental / contemporain/expérimental
Suoni 2026 | Alex Motta, contrebassiste mexicain pour toutes les expressions contemporaines
Par Alain Brunet
Critique de concert americana/folk
Francos 2026 | Quebec Redneck Bluegrass Project et Alice Bro fusionnent au MTelus
Par Michel Labrecque
Critique de concert Chanson francophone/folk/americana
Francos 2026 | Marie-Pierre Arthur en douceur, superbe bivouac
Par Alain Brunet
Critique de concert americana
Francos 2026 | Gab Bouchard garde une trace de ses spectacles intimes
Par Samuel Lemieux
Interview rock/expérimental/expérimental / contemporain/jazz






















