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Pays : Québec Label : Indépendant Genres et styles : musique contemporaine Année : 2021

Nicolas Bernier et Simon Trottier – Les éternités vibrantes

· par Réjean Beaucage

Récemment arrivée sur les plateformes de téléchargement, c’est la sixième collaboration entre Nicolas Bernier, qui enseigne l’électroacoustique à l’Université de Montréal et qui a fondé l’Ensemble d’oscillateurs, et Simon Trottier, qui traîne aussi sa guitare dans des projets comme Last Ex ou Ferriswheel. On a ici beaucoup moins de sursauts glitch, de décrochages néo-industriels ou d’interventions noisy qui viendraient s’insérer dans le jeu de la guitare acoustique, comme c’était le cas dans leurs réalisations précédentes; à vrai dire il n’y a pas vraiment de perturbations de ce genre. Bien au contraire, on est dans l’aérien, le calme et le mélodieux, et tout ça servi dans l’écrin d’une production de première classe.

Les quatre pièces (la cinquième étant un court remix du designer sonore néerlandais Machinefabriek) forment un tout et pourraient être considérées comme une suite de mouvements qui se partagent des thèmes. La deuxième et la troisième sont peut-être celles qui s’approchent le plus d’une certaine forme de jazz, vaporeux avant de se raidir, dans lequel une touche de trombone (Léa Boudreau) laisse presque espérer un solo qui viendrait remplir un peu plus l’espace. Mais non, on reste dans quelque chose comme une immensité en développement. Trottier a troqué la guitare acoustique pour une électrique et il joue aussi du synthétiseur, comme Bernier, qui est aussi à la basse ou aux percussions.

Il s’agit d’une musique pour le moins atmosphérique. Dans le mouvement final de onze minutes, qui donne son titre à l’ensemble, on entend presque la voix – ou l’instrument soliste – qui pourrait s’élever au-dessus de ce qui constituerait alors une magnifique toile de fond. C’est quand même un sacré pouvoir que de nous faire entendre ce qui n’est pas là, et c’est celui qui se développe à travers ce programme qui s’appuie sur une certaine simplicité volontaire. N’empêche, à 28 minutes pour le tout, on aurait pu en prendre un peu plus, de ces éternités.

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