Déjà passée à MTL en janvier 2025 (série Dômesicle), Mozhgan revenait le 6 juin à la Satosphère pour Futurs Antérieurs et les 30 ans de la SAT. Sa prestation s’est avérée un puissant moment de transition, au cœur d’une soirée marquée par la recherche d’expériences immersives et sensorielles.
Dès les premières minutes, Mozhgan installe un univers sonore sombre, dense, profondément psychédélique. Son approche repose sur des tempos moyens et lourds, qui imposent une dynamique lente mais implacable, transformant progressivement la piste en un espace rituel. À travers cette pulsation régulière, elle construit une tension continue, presque incantatoire, qui absorbe le public.
Son langage musical puise dans les esthétiques de l’EBM, de la cold wave et du post-punk, avec des lignes de synthés acides et des basses métalliques directement héritées de l’industriel des années 1980. Ces éléments sont hybridés à des structures techno et house contemporaines, créant un dialogue constant entre nostalgie sombre et modernité souterraine. Le résultat est une matière sonore granuleuse, à la fois mécanique et énergique.
Tout au long du set, Mozhgan injecte une dose assumée de chaos contrôlé. Ses transitions abruptes, passant du techno leftfield à des détours disco ou post-punk, maintiennent le public dans un état d’instabilité volontaire. Cette approche renforce la dimension cinématique et dystopique de son univers, amplifiée par les visuels immersifs de la Satosphère, signés SULFATION et al11z, dont les projections prolongent la transe sonore en une véritable scénographie synesthésique au sein de laquelle le public se retrouve encapsulé.
En combinant intensité rythmique, références industrielles et chaos contrôlé, elle a transformé l’espace en véritable rituel sonore, marquant l’un des moments les plus singuliers de la soirée avant les performances de Jacques Greene et Martyn Bootyspoon.























