Ce vendredi 26 juin n’était pas un jour comme les autres pour Cécile Mc Lorin Salvant, la chanteuse américano-franco-haïtienne, qui a grandi à Miami. Son tout nouvel opus, intitulé With Every Breath I Take, paraissait à la même occasion. Et voilà la prime: elle l’ignorait au début de la soirée, mais le Festival International De Jazz allait lui remettre le Prix Ella Fitzgerald, qui récompense un chanteur ou une chanteuse s’étant distingué.e sur la scène internationale.
Le concert a incidemment débuté sur la pièce titre du nouvel album. Toutefois, alors que ce disque a été enregistré avec le Metropol Orchestra sous la direction du chef Jules Buckley, nous avons eu droit à une version plus intime. D’emblée, le trio qui accompagne Cécile, le pianiste et claviériste Sullivan Fortner, la contrebassiste Yashushi Nakamura et le batteur Kyle Poole, nous a démontré sa grande capacité et une sensibilité musicale hors du commun.
Madame McLorin Salvant a tout de suite installé une atmosphère, démontrant son registre vocal hallucinant, mais toujours en subtilité et en retenue. Parfois, sa voix explose, mais jamais en excès. Immédiatement après, on revient au calme, au chuchotement. Et surtout, la dame fait preuve d’un éclectisme consommé et d’une curiosité des plus contagieuses.
Après cette première pièce, nous nous sentions déjà sur le chemin du paradis. Et nous y sommes allés ! Un parcours riche en étonnements et en surprises.
Après cette chanson de comédie musicale, nous avons eu droit à un extrait de Oh Snap, son disque le plus aventureux, avec moult synthétiseurs et batterie électronique. Puis nous sommes entrés dans l’univers de Bertold Brecht et Kurt Weill, fameux créateurs allemands de l’Opéra de quat’sous, des années 30. Par la suite, une version méconnaissable de Until, une chanson de Sting noyée dans l’improvisation fébrile de son trio des plus polyvalents.
Depuis le début de ce concert, elle ne s’était adressée qu’en anglais au public. Au moment où j’étais sous l’impression qu’elle était en déni de ses origines francophones, elle est passée au français pour nous offrir trois pièces d’affilée dans notre langue. Une pièce de musique ancienne, apprise au conservatoire de musique d’Aix-En-Provence, qui a démontré ses capacités en chant classique, avec de petits clins d’œil jazzistiques. Une version déjantée de La route enchantée de Charles Trenet, avec synthés et vocalises. Enfin, un magistral Ne me quitte pas de Jacques Brel.
Cécile McLorin Salvant a conclu sa prestation avec un mélange musical qui a commencé par la pièce Oh Snap (2025) et qui s’est conclu sur I Feel Love de Donna Summer, la reine du disco.
Nous étions arrivés à destination: le paradis musical. Puis ce fut la remise du Prix Ella Fitzgerald et nous avons eu droit à trois rappels, dont le plus étonnant était « une chanson que mes parents m’ont obligée chanter quand j’étais enfant, mais que j’ai appris à aimer », nous a confié Cécile.
Elle a chanté Stone, de Starmania. Inattendu !
Cette femme libre et audacieuse n’a pas fini de nous surprendre. Savez-vous qu’elle chante aussi en espagnol? Ce sera pour la prochaine fois. D’ici là, écoutez sa riche discographie, dont le tout nouveau With Every Breath I Take.
Crédit photo: Victor Diaz Lamich





















