Tour d’horizon de quelques créations contemporaines influencées par Beethoven et sa musique qui sont nées en 2020, année du 250e anniversaire du compositeur (et, accessoirement, d’une pandémie profondément dérangeante).
Peut-être ne le saviez-vous pas, mais 2020 était l’année Beethoven. Oui, si un certain virus n’avait pas pris toute la place, c’est Beethoven qui aurait probablement dominé (ou du moins occupé une importante place dans) l’actualité. Qu’à cela ne tienne, malgré le virus, Beethoven a néanmoins exercé une influence majeure non seulement en musique, mais dans d’autres arts également. J’aurais pu vous proposer une énième biographie du maître, mais ça aurait été redondant vu la quantité et la qualité de dossiers semblables disponibles ailleurs. J’ai donc plutôt opté pour un tour d’horizon, forcément incomplet et totalement subjectif, des créations contemporaines inspirées par Beethoven, ce qui devrait intéresser le public habituel de PAN M 360.
Une danseuse chorégraphe de hip-hop atteinte de surdité réinvente le concept d’épanchements sur la Cinquième symphonie!
La superstar de la musique contemporaine « accessible », Max Richter, s’approprie Beethoven un peu comme il l’avait fait avec Vivaldi en 2012.
La Sixième symphoniede Beethoven, la Pastorale, devient le point d’ancrage d’un vaste mouvement mondial à la fois créatif et environnemental, le Beethoven Pastoral Project.
#bebeethoven est un événement multimédia dans lequel douze artistes musicaux et conceptuels utilisent Beethoven comme tremplin pour des créations contemporaines.
La danse et la musique de Beethoven, encore réunies dans une démarche expressive d’avant-garde.
https://www.youtube.com/watch?v=xI2UXmDfty0
Labor Beethoven 2020 est un laboratoire de création qui offrent les moyens et le temps nécessaires à des musiciens de partout dans le monde pour explorer toutes les possibilités sonores contemporaines. Aucune obligation d’utiliser la musique de Beethoven comme base de réflexion, c’est plutôt son esprit d’innovation qui transcende toute l’expérience.
Beethoven est sur Twitter ! Jour après jour, suivez les réflexions du compositeur sur notre monde moderne, dans les mots exacts de ses propres écrits, lettres et correspondances.
Ce n’est pas de la création d’avant-garde, mais c’est sacrément essentiel ! LE coffret que vous devez avoir si vous aimez Beethoven.
Fazil Say est un pianiste turc hyperinventif et original. Il s’amuse ici avec son illustre prédécesseur.
Beethoven peut aussi jeter sa lumière sur la créativité jazz !
Je ne suis pas convaincu, et j’utiliserais cet exemple comme celui à ne pas suivre, mais elle a du succès auprès du public. La violoniste hip-hop Ezinma reprend la Cinquième. N’y avait-il pas une certaine Vanessa Mae qui faisait ce genre de boisson gazeuse sonore il y a, genre, 25 ans ?
La pianiste Susanne Kessel a eu l’idée de demander à 250 compositeur.trice.s d’écrire 250 pièces pour piano inspirées de Beethoven pour son 250e anniversaire. Elle les a toutes apprises et jouées. Un tour de force.
Une pianiste franco-monégasque d’origine sri-lankaise a trouvé les points communs entre Beethoven et les Upanishad indiens. Le résultat est une rencontre inédite entre deux univers sonores apparemment opposés, mais finalement capables de dialoguer avec intelligence et originalité. Superbe.
Un artiste 2020, son choix 2020 (partie 3)
par Rédaction PAN M 360
Pour clore l’inénarrable année 2020, PAN M 360 vous propose une fois de plus l’éclectisme extrême. Pour votre plus grand plaisir, voici plus de 60 points de vue d’artistes de la musique de tous genres, de toutes générations et de toutes langues, d’origines locales, nationales et internationales.
Nous avons déployé nos antennes et lancé un appel rapide et plus d’une soixantaine d’artistes ont répondu ! Sans prétendre qu’il s’agit de leur album numéro 1 de 2020, leur choix a assurément marqué leur année.
Est-il besoin d’ajouter que nous respectons et apprécions les goûts des artistes mis en ligne sur cette plateforme. Nous savons pertinemment que leurs fans seront ravis qu’ils les expriment sur PAN M 360, aussi sommes-nous d’autant plus honorés de cette généreuse collaboration. De surcroît, ces choix sont tout à fait complémentaires aux sélections de notre communauté !
En vous souhaitant une bonne année 2021, voici trois pavés de plaisir, soit trois parties d’un même concept : un artiste 2020, son choix 2020 ! – Alain Brunet
Tire le coyote est un authentique fleuron de la tendance kebamericana, auteur accompli, compositeur, interprète et aussi mélomane fervent, preuves à l’appui !
Adrianne Lenker, Songs and Instrumentals
« La leader du groupe Big Thief présente ici un magnifique deuxième album solo. Enregistré simplement dans une cabane du Massachusetts,cet opus offre onze chansons douces et mélancoliques en phase parfaite avec l’automne et l’incertitude pandémique. »
Jeff Tweedy, Love Is The King
« Ce 3e album solo de chansons originales en trois ans est son meilleur à mon humble avis, ce qui demeure extraordinaire pour un artiste aussi prolifique ayant quelque 30 années de songwriting derrière la cravate. Pour cet opus, le leader du groupe Wilco oscille entre la légèreté du country plus traditionnel et la profondeur de ballades folk, comme lui seul sait les construire. »
Nicolas Boulericevient de lancer l’album Maison de pierres, projet parallèle au Vent du Nord, vaisseau amiral du trad keb dont il est un incontournable, voire un de ses artistes les plus influents.
Artús, Cerc
Ciac Boum, L’homme sans tête
«Les uns font du rock expérimental avec du trad, les autres font du trad, avec du voisinage. Selon le pif du jongleur, ces deux disques vous aideront à faire valser 2020 loin derrière vous. »
Mong Tongest le projet des frères Hom Yu et Jiun Chi, qui proposent un parcours psychédélique dans le folklore taïwanais d’inspiration occulte où nostalgie, tradition, humour et profonde singularité se mêlent au « côté oriental du rêve ».
Voyage Futur, Inner Sphere
« Un album ambient élégant ! La texture des sons chauds des synthés, des percussions et des arrangements en font l’album que nous avons le plus écouté. »
Robert Nelson, nom d’emprunt inspiré du fameux chirurgien révolutionnaire et patriote indépendantiste du Bas-Canada à l’époque de la rébellion (1837-38), est une véritable force du rap keb, tant en solo qu’au sein d’Alaclair Ensemble.
KNLO, Club Mixtape 2020
« Parce que ça donne la bougeotte ! »
Lisandre Bourdages et Sarah Dion font partie deNobro, furieux combo hard-rock montréalais exclusivement féminin et donc sans « bro » comme son nom l’indique. Sick Hustle, lancé le 17 avril dernier, a remporté le prix du meilleur EP rock de l’année au récent gala Gamiq 2020.
Haim, Women in music part III
« Étrangement, il a fallu au moins 3 ou 4 écoutes complètes de l’album avant de vraiment l’apprécier. Nous étions déjà fans de leur musique mais avec ce nouvel album, nous trouvons qu’elles sont allées encore plus loin, ont pris plus de risque avec des arrangements et prises de son auxquels on se s’attendait pas nécessairement d’elles. Un gros 10/10 pour Haim en 2020 ! »
Thomas Le Duc-Moreau est chef assistant à l’Orchestre symphonique de Montréal, le plus jeune de l’histoire de l’OSM. C’est dire son potentiel ! Il a occupé ce poste aux orchestres symphoniques de Québec et de Trois-Rivières Il est aussi directeur artistique de l’ensemble Volte.
La 2e symphonie de Sibelius par l’Orchestre symphonique de Göteborg dirigé par Santtu-Matias Rouvali
« L’interprétation de la symphonie est d’une grande profondeur artistique et humaine. À l’écoute, on y ressent personnellement une grande connexion avec la musique, mais aussi à quel point les musiciens se sont dévoués à nous la faire sentir. »
Mara Tremblay est une des plus grandes artistes de la mouvance kebamericana et son récent opus Uniquement pour toi est sans conteste l’un des meilleurs albums québécois de 2020.
Marie Nadeau-Tremblay, La peste
« La sensibilité, la profondeur et la justesse de jeu de cette grande violoniste viennent m’apaiser et me permettent de m’envoler avec elle. »
Poiriera tenté un virage vers la chanson pop métissée avec l’album Soft Power paru au cours de l’été 2020, un pied toujours bien ancré sur la piste de danse. Son coup de cœur de cette année, ce n’est pas un album, mais un single !
Kabza De Small & DJ Maphorisa, eMcimbini feat. Samthing Soweto, Aymos, Mas Musiq & Myztro (New Money Gang)
« Kabza De Small et DJ Maphorisa sont sans conteste les maîtres – très prolifiques – de l’amapiano, genre hypnotique et envoûtant à souhait qui flirte avec la house mais dont le tempo est plus lent. Cette chanson, tirée de l’album Scorpio Kings Live de Kabza De Small & DJ Maphorisa, peut jouer cinq fois de suite et j’en redemande encore. Assurément le single de l’année. »
Nicolas Basqueest multi-instrumentiste, compositeur et réalisateur studio. Membre fondateur de Plants and Animals, il accompagne d’autres artistes, compose pour la danse et le théâtre.
Antoine Corriveau, Pissenlit
« Parce que je l’aime beaucoup et surtout parce que c’est un album sensible où l’instinct est à l’avant-plan. »
Jake Ingalls est guitariste et claviériste chez les Flaming Lips, mais aussi guitariste et chanteur de Spaceface, formation de Memphis connue pour son pop-rock psychédélique planant et ses jeux de lumières hallucinants. La dernière proposition se veut un album des Fêtes bien lysergique : Holydaze.
Petit Prince, Les plus beaux matins
« Ce disque de Petit Prince est mon préféré de l’année. C’est notre claviériste, Katie, qui me l’a fait découvrir il y a quelque temps. J’attendais avec impatience un album complet et je n’ai pas été déçu. C’est un super mélange de pop française psychédélique à synthés et de bizarreries expérimentales. On se sent téléporté par leurs paysages sonores. J’apprendrais le français si ce type collaborait avec nous. »
Jason Williamson (Sleaford Mods) : Après la sortie d’une compilation retraçant les sept dernières années du duo punk-rap britannique parue en mai dernier, le charismatique chanteur s’apprête à lancer le sixième album des Sleaford Mods, Spare Ribs, le 15 janvier 2021.
Billy Nomates, Billy Nomates
« C’est son premier album et c’est brillant ! Je fais une chanson avec elle sur ce disque et j’en suis vraiment fier (Sleaford Mods lui ont d’ailleurs rendu la politesse sur leur prochain album). Elle a un accent qui pourrait être américain ou canadien mais elle britannique. Je trouve ça intéressant comment elle chante et parle, c’est comme un gros fuck-off à la culture britannique, la preuve que t’es pas obligé de chanter avec un accent comme le nôtre. C’est franchement vraiment bon, écoutez ça! »
Totalement Sublime, c’est Marc-Antoine Barbier (Choses Sauvages) et Élie Raymond (Foreign Diplomats). C’est chanté en français, ça se veut contemplatif, ça sonne comme de la synth-pop et de l’avant-pop avec des saveurs progs ou même asiatiques, ça traite de sujets comme la fatigue, la chaleur, la nostalgie.
Nicolas Jaar, Cenizas
« On aime vraiment le côté assez sombre de cet album presque instrumental qui tire même par moments sur la musique concrète (il est allé pas mal plus dans cette direction avec son deuxième album de 2020, Telas). Cenizas est un album assez immersif qui reste toujours dans une ambiance renfermée et on a beaucoup aimé quand c’est sorti. Élie se souvient très bien que Marc-Antoine est la première personne à qui il a écrit : “Maaaaaaan, t’as écouté ça ?!” »
Manu Militari est rappeur keb, auteur, compositeur, avec cinq albums derrière la cravate. Relativement discret depuis un moment, il réapparaît dans le paysage sonore local, on le soupçonne de mijoter quelque chose…
David Goudreault, Le nouveau matériel
« Mon album préféré de 2020 est un album franc, original et pur, c’est aussi l’oeuvre d’un artiste que j’aime autant que je l’admire »
Pierre Guérineau : Artiste complet, compositeur, multi-instrumentiste, producteur, chanteur, parolier, il fait équipe avec Marie Davidson dans des projets communs dont Essaie Pas, L’Oeil Nu et attise les braises de son projet solo : Feu Saint-Antoine.
Grischa Lichtenberger, Kamilhan, il y a péril en la demeure
« Musicien et artiste visuel sous-estimé, Grischa Lichtenberger m’a complètement désarmé cette année avec son album, résolument le plus “pop” de sa série. De par son utilisation émotive des voix synthétiques (v carg 1br, syn resr), son sens du groove et des textures, à la fois intime et complètement alien, il a été l’un des seuls LP de 2020 à rester sur mon disque dur. »
Aurélien Tomasi est clarinettiste et saxophoniste pour la formation multiculturelle Gypsy Kumbia Orchestra, de surcroît compositeur et arrangeur.
El Balcón, La Bruja
« En s’inspirant du son jarocho mexicain et de la musique grecque, El Balcón présente une esthétique musicale unique et inusitée, riche tout en restant accessible. De la même façon que le Gypsy Kumbia Orchestra le fait avec les musiques afro-colombiennes et balkaniques, El Balcón propose un métissage original, particulièrement représentatif de la richesse cosmopolite du Montréal actuel. Avec l’album La Bruja, El Balcón propose des arrangements intéressants de son traditionnel, ainsi que quelques pièces originales. »
Scott Feltham a joué plusieurs instruments avant de choisir définitivement la contrebasse et d’acquérir le niveau nécessaire à l’obtention d’un poste au sein de l’OSM.
William Prince, Reliever
« Cet artiste a l’une des voix les plus chaleureuses que je connaisse. Ses chansons sont d’une grande douceur et me touchent droit au cœur. Dans ses textes, il est souvent question d’espoir et d’optimisme face aux défis et aux luttes. Des propos tout à fait actuels. »
Gab Bouchard est issu d’une famille d’éminents Bleuets de l’indie rock, son album Triste pareil a attiré l’attention de plusieurs au début de 2020.
Mara Tremblay, Uniquement pour toi
« Je trouve que c’est tellement abouti, tellement bien ficelé. J’ai toujours aimé Mara, et là, j’étais content qu’elle revienne avec un disque aussi solide. Je sais pas si c’est parce que j’aime tout le monde qui a participé à cet album, mais selon moi, c’est pas mal dans les top de 2020 au Québec. »
Lou Canon lançait au printemps son dernier album, Automatic Body, très beau travail dans les boisés torontois de la dream pop, de la synth-pop ou de l’avant-pop.
Jennifer Castle, Monarch Season
« Jennifer Castle a quelque chose de surnaturel. Quand elle chante, c’est comme si je me retrouvais dans les bras tendres et apaisants d’une mère. Elle fait taire le bruit dans ma tête. »
Mirabelle est le nouveau pseudo de Laurence Hélie, qui faisait dans le kebamericana au tournant de la précédente décennie, des années avant de ressurgir avec un projet totalement différent, cette fois bilingue : Late Bloomer.
Helena Deland, Someone New
« J’avais été happée par le talent de cette fille lorsqu’elle avait assuré la première partie de Matt Holubowski, il y a quelques années. Cet album est d’une beauté rare et je pourrais écouter en boucle et pour toujours la première minute de la première chanson sans jamais m’en lasser ! »
Taylor Swift, Folklore
« Ce n’est pas très en marge comme choix, j’en conviens, mais j’assume. Comme tout le monde, je ne m’attendais pas à cet album. Je ne savais pas non plus à quel point j’en avais besoin et à quel point il me ferait du bien. La douceur et la sobriété des arrangements… les textes ! Les choses auraient sûrement été différentes si on enlevait 2020 de l’équation, mais ce retour aux sources était franchement tout ce que je pouvais encaisser cette année. »
Arlo Parks, EP Black Dog
« J’aime tout tout tout de cet EP… la poésie, sa voix, l’instrumentation respire, on s’accroche à chacune de ses paroles. J’attends avec grande impatience son prochain album en 2021. »
Joseph Edgar a sorti cet automne l’EP indie folk-rock Peut-être un rêve, pur jus de l’Acadie contemporaine dont il est l’un des éminents créateurs de chansons.
Klô Pelgag, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs
Antoine Corriveau, Pissenlit
Les Hay Babies, Boîte aux lettres
« Difficile de choisir un album en particulier, car chacun m’a fait planer à tour de rôle, en boucle d’accompagnement de mes marches quotidiennes et de mes soirées autour de la table tournante. Alors, je déclare ex-aequo ces trois quasi chefs-d’œuvre. Pourquoi eux, malgré quelques autres qui les talonnent de près ? De un, parce que j’ai décidé de rester dans la francophonie (désolé Dylan). De deux, car ces artistes ont su m’emporter dans un monde musical complètement libre, sans toutefois délaisser la maîtrise mélodique et le travail des textes. De trois, parce que depuis leur début y’a rien qui sonne comme eux, et avec ces disques, on ressent vraiment qu’elles et il plantent chacun leur drapeau en plein dans le cœur noir de 2020, me permettant de voyager loin, sans bouger si loin que ça, à ma plus grande joie. »
Marie-Hélène Landry, chanteuse du groupe montréalais Obsolete Mankind, roule sa bosse depuis belle lurette dans les savanes où ça hurle le métal.
Fuck the Facts, Pleine noirceur
« Parce que les artistes de ce groupe se sont vraiment réinventés pour cet album. »
Alexandre Lapointe est un bassiste extrêmement sollicité et leader de la formation The Brooks.
King Krule, Man Alive
« Cet album aborde encore une fois les recoins sombres de la vie en société et trouve un moyen de la traduire en perle poétique et mélodique. Archy Ivan Marshall a une très belle manière à lui de mélanger tout style de musique confondue avec agilité ce qui rend ce projet vraiment intéressant peu importe l’album qu’on écoute de King Krule. Qu’il s’agisse de jazz, de hip-hop à la J Dilla ou encore de rock, tout est fait avec brio. »
« Ça n’aura pas été facile, mais je vais opter pour Devouring Ruin de Wake. À la base un groupe purement grindcore, Devouring Ruin, le 5e album du groupe, se démarque par la qualité et la lourdeur de ses compos et nous démontre à quel point le band a évolué musicalement. »
Population II, trio de rock franco expérimental, a lancé l’album À la Ô Terre cet automne chez Castle Face et suscite de plus en plus d’intérêt auprès des amateurs.
Brigid Dawson & The Mothers Network, Ballet Of Apes
« Un premier album solo de l’ex-chanteuse/claviériste du groupe Thee Oh Sees/OCS. On y retrouve des chansons envoûtantes, une production remarquable et des collaborations avec d’incroyables musiciens situés un peu partout sur ce globe : Sunwatchers, Mikey Young (Total Control/Eddy Curre).
Alex Henry Foster est une figure de proue du post-rock montréalais, son offrande la plus récente s’intitule Snowflakes in July.
Gunn-Truscinski Duo, Soundkeeper
« En cette année faite de confusion et d’improbables, je me suis réfugié dans l’univers atmosphérique, drone, expérimental et méditatif du magnifique album instrumental Soundkeeper qu’a lancé le duo de créateurs jazz/psych et bruitistes Steve Gunn et John Truscinski en guise de 4e album. Il m’a offert l’immersion nécessaire à me perdre à travers l’écho de mes réflexions, tout en me permettant de ne jamais totalement sombrer dans l’obscurité de mon environnement oscillant entre chaos et catharsis. »
Un artiste 2020, son choix 2020 (partie 2)
par Rédaction PAN M 360
Pour clore l’inénarrable année 2020, PAN M 360 vous propose une fois de plus l’éclectisme extrême. Pour votre plus grand plaisir, voici plus de 60 points de vue d’artistes de la musique de tous genres, de toutes générations et de toutes langues, d’origines locales, nationales et internationales.
Nous avons déployé nos antennes et lancé un appel rapide et plus d’une soixantaine d’artistes ont répondu ! Sans prétendre qu’il s’agit de leur album numéro 1 de 2020, leur choix a assurément marqué leur année.
Est-il besoin d’ajouter que nous respectons et apprécions les goûts des artistes mis en ligne sur cette plateforme. Nous savons pertinemment que leurs fans seront ravis qu’ils les expriment sur PAN M 360, aussi sommes-nous d’autant plus honorés de cette généreuse collaboration. De surcroît, ces choix sont tout à fait complémentaires aux sélections de notre communauté !
En vous souhaitant une bonne année 2021, voici trois pavés de plaisir, soit trois parties d’un même concept : un artiste 2020, son choix 2020 !– Alain Brunet
Rosie Valland, autrice, compositrice, chanteuse, a coréalisé en 2020 l’album cathartique Blue, aux côtés de de Jesse Mac Cormack. Cette production de grande qualité fut suivie par l’EP automnal Bleu, enregistrement intimiste pour piano, voix et sédiments électroniques.
Adrianne Lenker, Songs & Instrumentals
« Adrianne est une artiste qui me touche beaucoup et que j’écoute en boucle depuis le début de la pandémie. C’est le genre de musique qui remplit instantanément une pièce. »
Marie Davidson : Compositrice, beatmaker, réalisatrice, poétesse, performer, elle a acquis une renommée internationale grâce au tandem Essaie pas et à sa carrière solo, dont le dernier chapitre s’intitule Renegade Breakdown, offrande méta-pop qui contraste avec ses propensions à l’électro.
Sarah Davachi, Cantus, Descant
« Cet album contient de belles compositions discrètes et élégantes qui laissent place à l’introspection. De plus, il est très bien enregistré et entièrement produit par l’autrice. »
Salomé Leclercest une femme-orchestre, autrice, compositrice, chanteuse et réalisatrice ayant connu une éclosion lente et sûre, marquée il y a deux ans par le superbe album Les choses extérieures. Voilà une grande étape dont on attend la suite!
Helena Deland, Someone New
« Cet album joue dans mes oreilles tous les jours depuis sa sortie. Une profondeur immense autant dans sa voix que dans les arrangements. C’est incarné, inspiré (et inspirant), j’oserais dire que ça touche à la perfection. »
Stefie Shock, musicien polyvalent et chanteur montréalais, a sorti une compilation sur vinyle en novembre dernier, Presque tout Vol. 1. Le DJ en lui n’est jamais bien loin et pour ce disque, Stefie a tout compilé, avec des retouches de mixes ici et là, un remix qu’il a fait lui-même, une version alternative, un mix inédit, et surtout des versions originales.
Mara Tremblay, Uniquement pour toi
« Cet album m’a charmé par ses mélodies simplement belles, ses émotions fines et par la musicalité de tous ceux et celles qui y participent. »
Jordan Officer fut le musicien central de Susie Arioli avant de voler de ses propres ailes et de s’imposer comme un incontournable guitariste rétro-nuovo sur le territoire canadien, alliant jazz, blues et country, faisant preuve d’une grande rigueur musicologique dans ses choix artistiques..
The Mike Rud Trio Invites Peter Bernstein, Salome’s Dance
« Mike était un de mes profs à McGill lorsque j’y étais en Jazz Performance, il y a une vingtaine d’années. C’est un guitariste qui m’a toujours inspiré, il a été un mentor, un éducateur incroyable. Vous l’avez peut-être vu aussi comme accompagnateur principal dans la tournée d’Andrea Lindsay pour l’album Entre le jazz et la java, album que j’ai réalisé. Ce nouvel album de Mike Rud avec Peter Bernstein a été un coup de cœur pour moi. C’est un grand album de guitare jazz, et aussi cet album m’a fait découvrir Peter Bernstein, guitariste new-yorkais, et je suis vite allé découvrir sa discographie, qui est magnifique. »
Michel Away Langevin, artiste visuel et batteur de la légendaire formation métal Voïvod. En plus d’exceller en tant qu’instrumentiste, il fait preuve d’une grande ouverture d’esprit et demeure un musicien influent après tant d’années de service.
Public Enemy, What You Gonna Do When The Grid Goes Down?
« Cet album m’a charmé par ses mélodies simplement belles, ses émotions fines et par la musicalité de tous ceux et celles qui y participent. »
Peter Peteratteignait la maturité avec Noir Éden il y a trois ans, on savait désormais l’envergure de cet auteur, compositeur, multi-instrumentiste, producteur, très solide créateur pop. Il s’est surpassé en 2020 avec Super Comédie, pop de création enregistrée et réalisée sur deux continents.
Khotin, Finds You Well
« C’est un album que j’écoute pour fuir la réalité. Les textures sont parfois hors de ce monde et l’ambiance très onirique. Je ressens souvent le besoin de l’écouter. »
Marie Nadeau-Tremblayest violoniste et leader de la formation Les Barocudas. Elle est assurément l’une des nouvelles sensations de la scène baroque canadienne, tant pour la qualité de son jeu que de sa direction artistique et son leadership.
Andrew Wan et Charles Richard-Hamelin, Sonates 1, 2, 3 et 5 de Beethoven
« Pour l’anniversaire des 250 ans de naissance de Beethoven, Andrew Wan et Charles Richard-Hamelin nous offrent ces sonates avec un mélange équilibré de fougue et de tendresse. »
Mélisande Corriveau et Eric Milnes, Badinages
« Tout le génie de Marin Marais, élevé par le jeu d’une exquise beauté de Mélisande Corriveau à la viole, accompagnée avec sensibilité par Eric Milnes au clavecin. »
Jacob Collier, Djesse Vol. 3
« Qualifié par beaucoup de ses contemporains de « Mozart des temps modernes », Jacob Collier compose ses propres chansons et revisite des classiques en étirant de tous bords tous côtés les possibilités harmoniques. Multi-instrumentiste à la voix d’ange, au charisme étincelant et à la créativité débridée, nous n’avons pas fini d’entendre parler de Jacob, cet homme-musique. Son album Djesse Vol. 3 est sorti cette année, mais ne manquez pas de visiter également ses albums antérieurs, dont In My Room, album solo créé entièrement dans sa chambre et sorti en 2016. »
Leticia Trandafir alias Softcoresoftest à la fois musicienne, DJ, productrice, beatmaker et directrice musicale du collectif Never Apart. Assurément, cette artiste visionnaire s’avère une authentique leader esthétique de sa génération.
Dinamarca & La Flavi, Is It Real
« Dinamarca, producteur suédois d’origine chilienne, s’est associé à l’auteure-compositrice-interprète indépendante de R&B et reggaeton La Flavi pour créer cet album de sept pistes sorti sur son propre label Staycore en octobre 2020. Déjà le titre résume bien 2020 : Is It Real, est-ce réel ? Alors qu’on se serait peut-être attendu de ma part à ce que je choisisse de la techno, je n’en ai pas tellement écouté en 2020, lorsque le monde de la nuit s’est effondré en raison de la Covid-19. J’ai eu besoin de musique qui accompagne un moment d’introspection, où j’ai eu à naviguer un nouveau rapport à mes émotions, à l’amour, à l’appartenance. Cet album a résonné avec tout cela dès la première écoute. On pourrait le décrire comme du reggaeton mélodique de la nouvelle école, avec un brin d’influences de « musique club déconstruite ». Le ton est résolument mélancolique, mais l’album fait un peu danser aussi (dans son salon) par moments, avec la track Peces. Celle qui ressort le plus, c’est Sana Sana, dont les paroles m’ont bercée : » sana sana, colita de rana, si no sana hoy sanará mañana « , une expression courante en espagnol que les adultes disent à un.e enfant lorsqu’il/elle/iel se blesse : « guéris, guéris, queue de grenouille. Si tu ne guéris pas aujourd’hui, tu guériras demain ». Je pense qu’on avait besoin d’entendre ça en 2020. »
André Moisanoccupe le pupitre de saxophone solo et de clarinette basse au sein de l’OSM. Il est soliste dans maints contextes, il dirige, il conceptualise, il enseigne. Voilà un de nos remarquables virtuoses dont l’univers classique est une porte ouverte à plusieurs autres genres musicaux, qu’il pratique aussi avec ferveur.
Evgeni Koroliov, The Koroliov Series Vol. XXII, Feuilles nocturnes (œuvres pour piano de Chopin)
« Le 22e album de Koroliov, Feuilles nocturnes, est d’une sensibilité rare et d’une limpidité touchante de pureté ! »
Antoine Corriveau, l’un des artistes les plus accomplis de la nouvelle chanson keb franco, a signé l’excellent opus Pissenlit en 2020 et fut le tout premier artiste à enregistrer une SESSION 360. Notre collaboration se poursuit avec ses choix 2020.
Bill Callahan, Gold Record
« J’ai toujours aimé le travail de Bill Callahan depuis Smog, son ancien band, mais je pense que Gold Record est son meilleur disque. C’est tout ce qu’il sait faire, encore mieux qu’avant, et des textes renversants d’efficacité. »
Jarv Is, Beyond the Pale
« Un disque vraiment excitant et surprenant de Jarvis Cocker. Le genre de disque qui commande une écoute active et qui sait récompenser l’auditeur. »
Klô Pelgag, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs
«Un gros morceau qui vient d’un seul bloc et ne nous laisse pas indemnes. J’aime y entendre la douceur et la proximité en même temps que l’agressivité et la noirceur. Je trouve ce disque vraiment touchant. »
Philip Chiu, superbe pianiste classique et nouvelle signature chez ATMA Classique, n’est qu’au début d’une brillante carrière. Il est un chambriste de haut niveau, assurément parmi les plus sollicités au Canada.
Cosmo Sheldrake, Wake Up Calls
« Sheldrake utilise des enregistrements d’oiseaux menacés d’extinction pour dévoiler un cycle jour-nuit tout en musique. Il réussit à nous faire réfléchir autant sur notre monde intérieur que sur celui qui nous entoure. Tendre, vibrant, méditatif et vivifiant, cet album est mon grand favori de 2020. »
Construit autour de l’auteur-compositeur-interprète Emerik St-Cyr Labbé, le groupe keb franco Mon Doux Saigneur pagaie allègrement sur les eaux du lo-fi rock, du folk, de la pop et du country.
Mapache, From Liberty Street
« J’ai depuis renoué avec les harmonies vocales, la guitare sèche et les envolées mélodiques. Ça fait très Californie. Ça me rappelle aussi ma phase Fleet Foxes et aussi un mélange de George Harrison et de Crosby Stills & Nash. »
Jeff Moranest auteur, compositeur, interprète, directeur artistique. On l’apprécie d’abord pour la qualité de sa plume, d’ailleurs mise à contribution pour la majorité des textes du dernier album de sa compagne, Catherine Major.
Phoebe Bridgers, Punisher
« Textes magnifiques, profonds et existentiels – chanteuse pure sans flaflas ni vilain tic – réalisation brillante, textures particulièrement savoureuses dans Garden Song. En n’inventant rien, cet album repropose tout. On est loin des EQ conventionnels pour ce type d’album folk qui serait normalement fait pour aller droit au cœur. Il y va pourtant, mais il ouvre lui-même son propre sentier. »
San Jamesenregistre ses chansons dans les deux langues officielles. Elle traverse actuellement un cycle francophone avec dans sa besace un enregistrement homonyme, lancé le 11 septembre dernier.
Laura Marling, Song for Our Daughter
« J’ai découvert cet album en marchant dans les rues de Montréal, au début de la pandémie. J’ai été profondément touchée, et inspirée, par l’intimité du propos, la voix sensible de l’artiste, le choix des arrangements sobres. Le genre d’album qui te chavire (avec douceur, certes) le cœur à chaque écoute. »
Thomas Carbou est un guitariste de haut niveau. Il use d’un instrument à huit cordes, de pédales d’effets et autres technologies récentes et investit plusieurs styles musicaux, instrumentaux ou électroniques. Son état d’esprit voisine le jazz contemporain, le post-rock et l’ambient.
Jónsi, Shiver
« Un album électro-pop expérimental dont la production est simplement hallucinante, où chaque son est travaillé avec minutie et placé avec un grand souci du détail. C’est juste beau ou plutôt juste et beau. »
Jill Barbervit en Colombie Britannique, ce qui n’est aucunement un frein pour investir l’espace francophone canadien. Entre nous, le plus récent album de la chanteuse anglophone exprimé en français, en est l’éloquente illustration. Cet Entre nous, soit dit en passant, ne doit pas être confondu avec l’opus de Diane Tell qui porte le même titre.
Slow Leaves, Shelf Life
Rufus Wainwright, Unfollow the Rules
« J’adore l’album Shelf Life de l’artiste de Slow Leaves (de Winnipeg). Unfollow the Rules de Rufus Wainwright est spectaculaire. »
Hamza et Annick du groupe Ayrad : chanteur, guitariste, compositeur et leader d’Ayrad, Hamza Abouabdelmajid a grandi à Fès, il s’est installé à Montréal et a fait la rencontre de la hautboïste et bassiste Annick Beauvais pour ensuite fonder Ayrad.
The Brooks, Any Day Now
« The Brooks, ce sont les maîtres dans l’art du groove. Les arrangements et les brass sont incroyables. »
Mike Di Salvo est le chanteur d’Akurion, groupe métal de Montréal ayant lancé en 2020 l’album Come Forth to Me.
Deftones, Ohms
« Je suis un grand fan des Deftones depuis Adrenaline. Les voir en concert à cette époque a été très formateur pour moi, énergiques, groovy et toujours excellents. J’aime tous leurs disques, mais celui-là… bon sang ! L’ajout d’une guitare à 9 cordes donne encore plus de muscle à leurs grooves déjà malades, plus en tout cas que ce à quoi on s’attendait. Chino, comme d’habitude est en voix, et toujours parfaitement au poil. Leur meilleur depuis Diamond Eyes. »
Daniel Mongrainest guitariste de la légendaire formation Voïvod, qui jouit d’un culte important sur l’entière planète des métalleux.
AC/DC, Power Up
« Mon coup de cœur pour 2020 : le dernier AC/DC, Power Up. Parce que ça m’inspire. Ça me permet de croire encore au rock et à sa longévité ! »
Naxx Bitotaest native de la République démocratique du Congo. La chanteuse montréalaise aime les musiques classiques et populaires panafricaines à commencer par la rumba-soukouss de son pays d’origine, qu’elle distille dans ses chansons.
Ilam, Néné
«J’aime cet album pour plusieurs raisons, bien sûr, mais en particulier pour son arrangement musical et surtout pour la voix très puissante et émotive de Ilam. Mon coup de cœur : la chanson Néné, qui est un hommage à sa mère. »
Karo Laurendeau est autrice-compositrice-interprète et récipiendaire du Prix Musique country au dernier Gala de la SOCAN. Elle est sans contredit parmi les forces montantes du renouveau country francophone d’Amérique.
Wild Ouest, EP La loi des plus forts
« Du bon country pour prendre la route ! Phil G. Smith et John-Anthony Gagnon-Robinette sont deux gars hyper talentueux. Ils écrivent des chansons remplies de bonne humeur et de mélodies accrocheuses ! »
Danny Boudreau, La lune et le soleil
« Un grand auteur-compositeur que j’admire beaucoup ! Son dernier album a un son très assumé qui fait du bien à la cowgirl que je suis ! Les bons mots sur les belles mélodies ! »
Cindy Bédard, Après l’orage
« Elle nous offre beaucoup de sensibilité et d’émotions ! Ce parcours country/folk de la femme qu’elle est devenue, ça s’écoute très bien lors de mes promenades dans le bois. »
Un artiste 2020, son choix 2020 (partie 1)
par Rédaction PAN M 360
Pour clore l’inénarrable année 2020, PAN M 360 vous propose une fois de plus l’éclectisme extrême. Pour votre plus grand plaisir, voici plus de 60 points de vue d’artistes de la musique de tous genres, de toutes générations et de toutes langues, d’origines locales, nationales et internationales.
Nous avons déployé nos antennes et lancé un appel rapide et plus d’une soixantaine d’artistes ont répondu ! Sans prétendre qu’il s’agit de leur album numéro 1 de 2020, leur choix a assurément marqué leur année.
Est-il besoin d’ajouter que nous respectons et apprécions les goûts des artistes mis en ligne sur cette plateforme. Nous savons pertinemment que leurs fans seront ravis qu’ils les expriment sur PAN M 360, aussi sommes-nous d’autant plus honorés de cette généreuse collaboration. De surcroît, ces choix sont tout à fait complémentaires aux sélections de notre communauté !
En vous souhaitant une bonne année 2021, voici trois pavés de plaisir : un artiste 2020, son choix 2020 ! – Alain Brunet
Backxwash : Si l’année 2020 a été terrible pour bien des gens, ce ne fut pas le cas pour la rappeuse montréalaise d’origine zambienne qui a raflé le prix Polaris pour son acclamé album hip-hop noise expérimental God Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of It.
Black Dresses – Peaceful As Hell (Blacksquares)
Le groupe Black Dresses continue d’être l’un des plus avant-gardistes. Mais pas uniquement, il y a une énorme aura d’amitié même dans les moments les plus sombres et c’est la bande sonore dont 2020 a besoin en ce moment.
Fuzz est un trio de Los Angeles, composé de Ty Segall(batterie, chant), Charles Moothart (guitare, chant) et Chad Ubovich (basse, chant). Fuzz a fait paraître III en octobre dernier sous étiquette In The Red Recording, un album qui prend les ingrédients essentiels de la « musique de guitares » et du « rock and roll power trio » et les met avec brio sur le billot. Voici ce que le leader de la formation Charles Moothart a le plus apprécié cette année.
Run the Jewels – RTJ4(BMG/Jewel Runners/RBC)
« Cet album a été une formidable source de lumière durant cette année particulièrement sombre. J’adore tous les disques de la RTJ, mais celui-ci est une vraie bombe. Les paroles, la production, le flow… tout dans ce disque est incroyable. »
Cold Beat – Mother (DFA)
« Cet album est magnifique. J’ai toujours aimé les chansons d’Hannah (Lew), tant au plan de l’écriture que du chant. L’espace qu’on trouve dans la production est comme une grande bouffée d’air frais. Je me suis toujours senti privilégié de connaître Hannah, et ce disque me permet de poursuivre mon appréciation. »
Gen Pop – Ppm66 (Post Present Medium)
« J’aime beaucoup la production et la qualité d’écriture des chansons de cet album. C’est agréable de voir des disques qui sont si personnels et originaux. On peut y reconnaître de nombreux styles d’écriture et diverses influences esthétiques, mais on ne sent jamais qu’il est copié. »
Eman fut de l’aventure Accrophone avec Claude Bégin, avant que les deux comparses joignent les rangs d’Alaclair Ensemble et poursuivent chacun une carrière solo de rappeur keb en parallèle du vaisseau amiral.
Larry June – Adjust to the Game
« Je place pas les albums en ordre d’importance dans ma vie, je trouve ça trop compliqué. Par contre, j’écoute plusieurs types de musique selon mes moods. Cette année, j’apprécie énormément le travail de Larry June. Commencez par Adjust to the Game. Le genre de vibe que tu veux dans ton radio cassette. »
Dominic Berthiaume de Corridor :2020 aurait dû être l’année de Corridor (l’année de bien des gens en fait) après l’encensé Junior, paru en octobre 2019 sur Sub Pop. Le groupe art-rock montréalais a tout de même réussi à garder le momentum avec des clips, la réédition de l’album Supermercado et toutes sortes de choses reliées au groupe. Grand amateur de musique et journaliste à ses heures, Dominic Berthiaume (basse, voix) nous dévoile son coup de cœur de 2020.
Cindy Lee – What’s Tonight To Eternity (W.25th)
« What’s Tonight To Eternity n’est peut-être pas l’album que j’ai le plus écouté en 2020, mais il est certainement le plus jouissif. Chaque écoute m’amène à découvrir quelque chose de nouveau. Avec What’s Tonight To Eternity, Pat Flegel trouve le juste équilibre entre les expérimentations bruitistes et les mélodies pop/motownesques 60s qui caractérisent son travail des dernières années. Envoûtante, poignante, déroutante, introspective et parfois difficile, l’œuvre méritait, à mon avis, de se retrouver dans la courte liste du prix Polaris cette année. Du grand art ! »
Ellemetue a sorti En pays lointain il y a deux ans. On a fini par être titillé par cette poésie électro-rock et/ou krautrock d’expression française.
Jyoti (aussi connue sous son vrai nom, Georgia Anne Muldrow) – Mama, You Can Bet!
« Nous l’aimons bien pour son côté expérimental et jazz. Nous avions bien aimé aussi l’album Vweto II de cette artiste. »
Ela Minus: Attitude punk, sensibilité pop, allégeance électro, sensuelle rébellion, la jeune Colombienne a lancé en octobre dernier l’album Acts of Rebellion sous étiquette Domino. Composé, interprété en anglais ou en espagnol, arrangé, enregistré et réalisé par elle seule, cette œuvre vivifiante révèle une artiste complète.
Caribou – Suddenly
« Cet album m’a surprise à tous points de vue. Musicalement, il a repoussé les limites de mes goûts et sur le plan des paroles, à commencer par le titre, c’était on ne peut plus approprié compte tenu de la grande leçon qu’on a tirée de 2020. Nous pouvons tout perdre – ou tout gagner – en un clin d’œil. »
Jasamine White-Gluz, alias No Joy,crée des paysages sonores à la fois mélodiques et écrasants, ponctués de grooves disco, trip-hop, trance, électro et même des charges nu-metal. Motherhood, nouvel album de la formation montréalaise, donne au shoegaze un second souffle dont il avait bien besoin.
Backxwash – God Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of It
« Mon artiste préférée de l’année, qui a absolument tout écrasé avec cet album. Chaque fois que je l’écoute, j’entends quelque chose que je n’avais jamais entendu auparavant. J’ai très hâte d’entendre la suite, il n’y a pas de limites à ce qu’elle peut faire. »
Jérôme Minière est un maître de la chanson post-moderne, ses textes, sa vision du monde. Ses choix référentiels l’ont mené très haut, ses réalisations de 2020 le démontrent une fois de plus.
M. Ward – Migration Stories
« M. Ward n’est pas un artiste que je suivais jusqu’ici, je suis tombé sur son album un peu par hasard et en ces temps particuliers. J’y suis revenu souvent et y ai trouvé un vrai réconfort, une chaleur, une élégance, de la délicatesse, une simplicité en surface, de la complexité en dessous. Sinon, ma découverte de l’année est l’artiste anglaise Rozi Plain, mais ses albums ne sont pas de cette année… Mes chansons préférées d’elle, sont Jogalong (2015) et Conditions (2019). Cette année, elle a justement sorti un remix de Conditions par Kieran Hebden (alias Four Tet), mais je préfère l’original ! »
Simon Angell fut un guitariste crucial pour Patrick Watson avant de fonder l’excellent groupe Thus Owls avec sa compagne Erika Angell.
Alabaster DePlume – To Cy & Lee: Instrumentals Vol.1 ; Mr. Bungle – The Raging Wrath of the Easter Bunny Demo ; Brahja – Brahja
« Impossible d’avoir un seul top album pour moi. Comment comparer Kendrick Lamar avec David Bowie ou Tim Hecker ? Alors, je te donne mon top 3… Dans aucun ordre partculier : Alabaster DePlume, To Cy & Lee : Instrumentals Vol.1 ; Mr. Bungle, The Raging Wrath of the Easter Bunny Demo ; Brahja, Brahja (pour être juste, celui-ci est sorti à l’automne 2019, mais compte tenu de cette année de merde, je pense que bien des disques qui sont sortis fin 2019 ont été perdus dans la mêlée et devraient être pris en considération). »
Laroie, c’est l’autrice-compositrice et chanteuse montréalaise Gab Godon, également connue au sein du tandem Heartstreets. Avec ses enregistrements mis au point de concert avec Robert Robert, elle propose un raffinement certain aux domaines de la synth-pop et de la soul-pop.
Emmavie & Alfa Mist – Epoch
« Cet album m’accompagne depuis le début de la pandémie et ne m’a pas quittée depuis. J’ai découvert deux artistes que je ne connaissais pas vraiment et je suis tombée en amour avec la manière nonchalante dont Emmavie raconte ses histoires et partage son énergie. »
Yonatan Gat : Habitué des scènes montréalaises, le guitariste hors-normes de Tel-Aviv, relocalisé depuis plusieurs années à New York, travaille sur un autre album en collaboration avec les Eastern Medicine Singers et d’autres musiciens traditionnels d’Amérique du Nord et du Sud.
Mourning [A] BLKstar – The Cycle (Don Giovanni)
« C’est un super collectif de Cleveland. J’en ai entendu parler par Joe Steindhardt, le type qui dirige leur label, Don Giovanni. Pour moi, c’est le meilleur nouveau disque que j’ai entendu cette année. Il ressemble à de la soul music, mais il saute entre les styles d’une manière que j’aime, de façon totalement libre. Ils font vraiment leur propre truc. »
Marie-Pierre Arthur, bassiste, autrice, compositrice, réalisatrice, mène une carrière solo de plus en plus importante. Des feux pour voir, son plus récent album, sorti au début de 2020, a récolté son lot d’éloges.
Moses Sumney – Græ
« Ce disque ne se définit pas… tout y existe. C’est un album qui n’a pas de limite ni de forme. Ça touche autant le cœur que l’esprit. C’est une musique expérimentale mais il nous y emmène par des chemins connus. Des sensations de soul ou de psychédélique pendant que la pièce est complètement éclatée. Et il peut chanter dans tous les registres. Le genre d’album où il y a tellement de choses qui se passent qu’on peut l’écouter sans cesse et y découvrir toujours du nouveau. C’est du travail de génie ! »
Marie Goldest désormais une figure de proue du rap keb, une des trop rares femmes MC à faire profiter son indéniable talent au hip-hop franco.
Doja Cat – Hot Pink
« Cette artiste qui allie chant et rap, en plus d’avoir un style complètement disjoncté et décomplexé, a vraiment illuminé mon année 2020. »
Lance Phelps (The Spits) : Le batteur a réintégré le groupe de Kalamazoo pour la création d’un court mais intense nouvel effort. Spits VI est sans contredit l’un des meilleurs albums punk des dernières années.
Digital Leather – New Wave Gold ; King Khan – The Infinite Ones
« J’ai toujours aimé les disques de Digital Leather, qui a trouvé la clé pour créer une dance music audacieuse à base de synthés ambient. J’ai aussi beaucoup aimé le jazz de forme libre de notre ami King Khan ! »
Carla Blancest le projet solo de Charles des Dear Criminals, un des groupes les plus intéressants de Montréal et dont chaque membre aménage son univers sonore.
Yussef Dayes & Tom Misch – What Kinda Music
« Parce que c’est l’album que j’ai le plus écouté cette année, mon choix d’instinct s’arrête sur What Kinda Music. Catégorie : aromatique et charnu. Je suis de la génération où aimer un album en entier était “cool » et je me tanne juste pas de celui-là. À chaque écoute un nouveau détail me hook et me donne le feeling de le redécouvrir, comme toujours sur le qui-vive d’une première date. Le côté collectif est perméable; le South London jazz de Dayes (et les succulentes collabs) repousse dans ses confins la pop londonienne parfois convenue de Misch (qui m’a toujours laissé un peu indifférent avant cet album), alors que lui retient habilement les excès du drummer virtuose qui, laissé à lui-même, a tendance à nous noyer vite dans un crémage indigeste. Le tout me remplit à coup sûr d’un mood sexy-élégant parce que riche mais dosé, catchy et deep, jamais consensuel. »
Nikki Belfiglio est la chanteuse de la formation art-punk new-yorkaise Bodega, dont le prochain album sera lancé fin 2021. Un film créé par Nikki et son copain et chanteur-guitariste de Bodega Ben Hozie, PVT CHAT, sortira sur la plupart des plateformes le 5 février prochain.
DEHD – Flowers of Devotion (Fire Talk)
« J’aime les paroles brutales sur fond de musique chaleureuse, un peu comme mon préféré ces dernières années, Purple Mountains. Il n’y a rien de tel que de retrouver le sourire quand on a traversé des épreuves – la joie comme acte de résistance. Écouter cet album, c’est comme flotter paresseusement sur une rivière l’été pendant que, depuis la rive, quelqu’un lance des couteaux en direction de votre radeau gonflable. Séduisant et tendu. »
Mathieu Gaudet est une autre illustration du lien qui unit musique et sciences : pianiste de haut niveau et médecin urgentologue, en plus d’être père de trois enfants. Mathieu Gaudet a une trajectoire atypique.
Quatuor Van Kuijk & Adrien La Marca (alto) – Quintettes de Mozart
« Ce sont des œuvres peu jouées et peu connues, développées et complexes, parmi les plus magistrales de Mozart, et ici superbement jouées ! »
Alan Prater: Chanteur, également trompettiste et tromboniste, le Montréalais d’adoption a fait partie de plusieurs formations d’allégeances funk, R&B et jazz, la mieux connue demeure The Brooks dont il est le frontman.
Childish Gambino – 3•15•20
« Cet album que j’ai découvert tout récemment a retenu mon attention. Childish Gambino n’a pas peur de prendre des risques (sur le plan sonore, mélodique). Et parfois, il aborde le R&B d’un angle différent. Le fait qu’il déjoue les règles est ce que j’aime le plus dans cet album et chez cet artiste. »
Georgette est le char flambant neuf de la chanteuse Emily Skahan, précédemment associée au groupe Motel Raphaël.
Peter Peter – Super Comédie ; Calamine – Boulette Proof
« Paroles sombres, musique tendre et méditative, c’est un vrai chef-d’œuvre ! Une autre belle découverte cette année pour moi, c’est la rappeuse Calamine. Son album Boulette Proof, sorti en novembre, est riche en poésie et rafraîchissant pour le rap keb. Je crois qu’on avait besoin d’elle cette année. »
Franck Camus est le batteur du groupe de métal montréalais Hybrid Chaos.
Napalm Death – Throes of Joy in the Jaws of Defeatism
«J’ai deux coups de cœur, qui viennent en plus de la même ville, Birmingham, mais ce sera Throes of Joy in the Jaws of Defeatism de mon band fétiche Napalm Death, qui sait encore comment nous botter le cul avec un album toujours aussi brutal (l’autre groupe est Anaal Nathrakh). »
Sessa : après son départ du trio de Yonatan Gat, le bassiste brésilien a surpris tout le monde en 2019 avec Grandeza, un album de samba, bossa nova et autres douceurs brésiliennes qui contrastait totalement avec la fureur de son groupe précédent.
Kiko Dinucci – Rastilho
« Mon disque préféré cette année est Rastilho de Kiko Dinucci, sorti au début de l’année 2020, parce que ce sont de bonnes vibrations pour ces temps difficiles. »
Top 20 des vidéos de 2020
par Rédaction PAN M 360
Peu importe la taille du budget de production et les techniques employées, voici la musique qui s’est le mieux illustrée cette année.
Les concerts devant public ayant été suspendus pendant presque toute l’année, l’expérience audiovisuelle en ligne est devenue un substitut essentiel. Confinés à la maison, les mélomanes ont jeté leur dévolu sur ce qu’ils pouvaient trouver en ligne. Les musiciens et leurs amis créatifs ont fait de leur mieux pour que cela en vaille la peine. Malgré les limites de la pandémie en matière de production, et dans de nombreux cas l’éternel manque d’argent, l’équipe de PAN M 360 a pu visionner beaucoup d’excellents vidéoclips cette année. Voici nos coups de cœur.
Sun Ra Arkestra – Seductive Fantasy
L’automne 2020 a été marqué par la sortie de Swirling, premier album de l’Arkestra en 20 ans. Dirigés par le saxophoniste Marshall Allen depuis la mort de Sun Ra en 1993, les disciples dévoués du roi du jazz cosmique y revisitent notamment la pièce Seductive Fantasy de 1979. La vidéo du morceau, créée par le rocker indie et cinéaste d’animation canadien Chad VanGaalen, est un tour de force hallucinant. – Rupert Bottenberg
Pottery – Take Your Time
Deuxième extrait de Welcome To Bobby’s Motel, l’excellent premier album de la formation montréalaise Pottery paru en avril dernier et réalisé par Jonathan Schenke (Parquet Courts, Snail Mail), Take Your Time est un morceau dance-punk hyperactif qui doit beaucoup à Andy Gill (guitariste de Gang of Four) et Devo, révélant de façon ludique le côté plus sombre de la consommation de drogues récréatives. Le vidéoclip, conçu, illustré, scénarisé et réalisé par le batteur de la formation, Paul Jacobs, reprend l’imagerie de la pochette de l’album, que le multi-instrumentiste a aussi conçu. Un long travail fait minutieusement par Jacobs, qui nous avait déjà admis en entrevue être très heureux de pouvoir marier ses deux passions, le dessin et la musique. Welcome To Bobby’s Motel explore le monde kaléidoscopique et viscéral d’un personnage fictif nommé Bobby et Take Your Time est la vidéo qui donne vie au décor psychédélique et imaginaire de son mystérieux motel. – Patrick Baillargeon
Conception, illustration et storyboard/réalisation : Paul Jacobs Animation et production : Raised by Bears
Circles Around The Sun – On My Mind, Live with Mad Alchemy Liquid Lights
Créé en 1971, Mad Alchemy est le projet d’art visuel analogique de l’artiste Lance Gordon qui s’inspire des liquid light shows de la scène psychédélique de San Francisco dans les années 60. Depuis 2017, il l’adapte dans une version numérique moderne tout en gardant le charme et la magie des projections analogiques. On a pu le voir notamment lors des concerts du festival Desert Daze ou pour différents groupes de la scène néopsychédélique actuelle comme The Brian Jonestown Massacre, Temples, Toy ou Kikagaku Moyo. Ses visuels accompagnent très bien l’atmosphère prog, jazzy et groovy de Circles Around The Sun, à la base un groupe hommage aux Grateful Dead. De quoi vous en mettre plein la vue. – Louise Jaunet
Byg Ben Sukuya, MC Yallah & Jora MC – Money Makes Money
En 2015, le film d’action Who Killed Captain Alex? a fait découvrir au monde ce qui se produit de beau à Wakaliga, le bidonville de Kampala aujourd’hui plus connu sous le nom de Wakaliwood. Le cinéaste ougandais Nabwana IGG et son équipe de production Ramon Film ont prouvé que l’enthousiasme et l’ingéniosité peuvent transcender les contraintes budgétaires, et c’est cet esprit qui triomphe dans leur premier clip vidéo. Money Makes Money est un appel public au financement d’un plan de relance économique pour le village de Bulambuli – et l’occasion de découvrir l’incroyable MC Yallah. – Rupert Bottenberg
Retorunose – Haisen Session
Même si cette année les performances musicales en webdiffusion ont atteint un nombre record, ce jam improvisé du duo de jazzcore japonais Retorunose est inoubliable. La batterie de #STDRUMS est sismique et le saxophone de Ruby Nakamura volcanique. Ensemble, ils sont une force de la nature, captée au vol par le réalisateur Taro Maruyama à l’espace artistique indé Zengyo Z, dans la banlieue de Tokyo. – Rupert Bottenberg
Arca – Nonbinary
Pour imager sa propre transition, l’artiste Arca met en scène la gestation symbolique d’Alejandra dans une salle d’opération tout droit sortie d’un futur de science-fiction dystopique plus ou moins proche. Elle immortalise cette magnifique renaissance artistique en incarnant la Vénus de la prochaine décennie, redéfinissant le concept de la diva pour une nouvelle génération qui s’exprime ouvertement sur son identité de genre. Se définissant non binaire, trans et gay, Arca renverse les clichés misogynes associés au reggaeton et participe au mouvement grandissant d’artistes féminines latines appelées les reggaetoneras, qui se réapproprient les codes du reggaeton non pas pour se plier au désir des hommes mais bien pour s’émanciper. – Louise Jaunet
Backxwash – God Has Nothing To Do With This Leave Him Out Of It | Prix Polaris 2020
Avec l’aide de sa directrice artistique Chachi Revah, Backxwash écrit une lettre ouverte à son père dans ce clip réalisé à l’occasion de sa nomination au prix Polaris 2020. Prise de fièvre démoniaque, elle se laisse guider par l’esprit de ses ancêtres Tumbuka et Chewa. En défaisant les chaînes de son passé, elle réussit à s’affirmer en tant que sorcière, aujourd’hui symbole intemporel de l’archétype de la femme indépendante et insoumise. Effet de mode ou pas, de plus en plus se revendiquent comme telles, pas seulement pour jeter des mauvais sorts au patriarcat, mais également pour développer un nouveau regard introspectif et spirituel. Dans son livre Sorcières : la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet résume que ce sont des femmes « qui osent regarder à l’intérieur d’elles-mêmes. » – Louise Jaunet
Sufjan Stevens – Video Game
Montez de niveau avec Video Game ! Réalisé par Nicole Ginelli, le clip met en scène Jalaiah Harmon, qui a chorégraphié sa propre danse sur l’extrait de Sufjan Stevens. L’adolescente a par ailleurs créé Renegade, une autre danse qui est devenue virale sur TikTok. The Ascension, huitième album studio de Sufjan Stevens, serait « un appel à la transformation personnelle et un refus de faire partie des systèmes qui nous entourent ». Un mouvement à la fois, on peut inciter au changement. – Roxane Labonté
Sheenah Ko – Wrap Me Up
Sheenah Ko et sa chorégraphe Brittney Canda ont remporté en octobre dernier le prix de la meilleure chorégraphie lors des UK Music Video Awards, face à nulles autres que Beyoncé et Christine and the Queens. Malgré son petit budget, l’équipe a réussi à créer un clip réaliste, poétique et poignant montrant la réunion d’un groupe de soutien dans un sous-sol d’église. Sans trop d’indications, on suit l’évolution d’un auditoire qui passe de la colère à la bienveillance devant le discours livré par Sheenah Ko. Le clip illustre parfaitement le processus de guérison des blessures intérieures, qui n’est pas toujours qu’un travail individuel. Il peut s’agir également d’un processus collectif qui reste souvent invisible aux yeux de la société. – Louise Jaunet
Shortparis – КоКоКо/Cтруктуры не выходят на улицы
Les structures ne descendent pas dans la rue : ce slogan de Mai 68, peint sur un mur au tout début du vidéo, a donné son titre à cette pièce galvanisante. Le groupe file la métaphore animalière comme illustration de l’exploitation ouvrière. Le coq apparaît tantôt comme chair dont on se repaît, tantôt comme symbole de résistance. Cette association de l’humain avec l’animal donne lieu à des images saisissantes, entre autres celle où les corps font office de carcasses, ou encore l’imitation que fait le chanteur, Nikolai Komyagin, du chant du coq. La seule présence de ce dernier, magnétique et maniéré, suffirait à nous épater. Or, cette théâtralité est mise au service de la dénonciation, la pièce s’achevant sur une libération des travailleurs. – Geneviève Gendreau
Crédits vidéo : Shortparis DOP : Ayrat Ramilov
OBI – Slave We
Tourné sans mise en scène, Slave We témoigne du style de vie hors norme de l’artiste OBI. On le voit qui déambule dans le squat du Collège Maurice Scève à Lyon, où il habite actuellement parmi plusieurs centaines d’autres migrants africains. Sur des rythmes hip-hop, électro, afrotrap et soul, il parle du sentiment d’être enchaîné à la ville, mais aussi de la lumière et de l’espoir qui sont toujours présents. Lui et ses compagnons d’infortune se demandent toutefois s’ils possèdent la liberté fondamentale de circuler. Les paroles affichées dans une fonte jaune criarde ajoutent à l’esthétique du vidéo. – Roxane Labonté
Marzhan Kapsamat – Korugly
Nous devrions être reconnaissants à tous ceux et celles qui ont fait un effort pour arrêter le flot implacable des mauvaises nouvelles en 2020 et nous ont donné à tous de quoi nous rendre heureux, ne serait-ce que quelques instants. Marzhan Kapsamat, une joueuse de dombra de 23 ans, s’est vêtue somptueusement, a saisi son luth à long manche et s’est installée au beau milieu du lac Kobeytuz au Kazakhstan. Le résultat : une minute de pure et sublime beauté qui, sans surprise, est devenue massivement virale. – Rupert Bottenberg
Gojira – Another world
Another world souligne comment Internet peut permettre à quiconque d’apprendre ce qu’il désire. Ici, le groupe décide de construire une fusée ! On suit alors les quatre protagonistes dans leur voyage jusqu’aux confins de l’espace, où ils arrivent devant un symbole leur rappelant d’où ils viennent. Un clip superbement animé par Maxime Tiberghien et Sylvain Favre. – Roxane Labonté
UNI – Debris
Le groupe rock/glam art-pop UNI a présenté cette année Debris, clip captivant réalisé par Kemp Muhl (bassiste du groupe), qui s’est inspirée notamment des films Man Who Fell To Earth, Nam June Paik et Mandy. Le chanteur Jack James y joue un extraterrestre androgyne, jouant sur les rôles des genres un peu à la manière de Marilyn Manson dans The Dope Show. David Strange, le guitariste, incarne un guerrier, et Kemp Muhl, une femme dirigeante glaciale. Les nombreuses télévisions (un mur complet et une contrebasse fabriquée de celles-ci) semblent dénoncer l’abrutissement causé par les écrans. – Roxane Labonté
Richelieu – Camion
L’animation image par image (stop motion) est toujours pour moi une source d’émerveillement, pas tant pour le résultat que pour la somme de travail nécessaire. Et venant d’un groupe indépendant comme Richelieu, avec manifestement peu de moyens, l’exploit est encore plus impressionnant. Non pas que le résultat soit si unique, le procédé a été maintes fois utilisé, mais il vient appuyer de façon quand même originale une chanson qui déjà ressortait par rapport aux autres sur son dernier album et lui donner un peu plus de portée. Difficile à reproduire, mais chaque objectif a été atteint avec ce vidéoclip. 10/10. – Patrice Caron
Terrace Martin – Pig Feet (avec Denzel Curry, Kamasi Washington, G Perico & Daylyt)
Le raz-de-marée de protestations dénonçant la violence faite aux Afro-Américains cet été aura des répercussions pendant longtemps, et cela, bien au-delà des frontières des États-Unis. Démontrant que dans le feu de l’action la chaleur peut être assez puissante pour forger l’acier, le musicien de Los Angeles Terrace Martin et ses amis ont décidé de créer « une œuvre de vérité » qui puisse témoigner de l’époque et ils ont réussi. Chacun des noms défilant à la fin atteste de son caractère essentiel. – Rupert Bottenberg
IC3PEAK – Плак-Плак
Sorti quatre jours après le lancement de l’album До Свидания (Au revoir), en février dernier, ce clip a déjà passé le cap des 19 millions de vues ! Le succès foudroyant d’IC3PEAK n’a d’égal que son immense talent. Les deux complices produisent avec audace à la fois leur musique, leurs albums et leurs clips, léchés et sans merci. Entre chorégraphies réglées au quart de tour et réalisation inventive, Плак-Плак ne présente aucun temps mort. La pièce dénonce la violence conjugale et familiale en adoptant le point de vue de l’enfant, puis de la mère. Cela donne lieu à des images fortes, dont un théâtre de marionnettes de la taille d’une maison de poupées, où la fillette assiste avec effroi au drame se jouant entre ses parents. Des basses viscérales, surmontées de la voix de Nastya Kreslina, angélique dans le refrain, accrocheuse et vociférante dans les couplets, achèvent de nous subjuguer. – Geneviève Gendreau
Réalisation : IC3PEAK (Nastya Kreslina et Nikolay Kostylev) СG / SFX : Studio CG Company Productrice exécutive : Maria Vladimirova
Bronson – Keep Moving
Troisième extrait de l’album homonyme du trio Bronson, qui regroupe en fait le producteur australien Golden Features et le duo américain Odesza, Keep Moving est une représentation visuelle du chaos créé par une société axée sur la carrière, la réussite et la rentabilité au détriment de l’humain. La vidéo de Keep Moving dépeint de manière satirique les employés d’un BRONSON Inc. fictif qui « continuent à se démener » malgré le chaos qui les entoure. Les employés, tous vêtus plus ou moins de la même manière tels ces salarymen japonais, sont jetés dans des escaliers roulants et sont assaillis par une avalanche de matériel de bureau et d’appareils électroniques avant de jaillir à travers un écran d’ordinateur ou de téléphone portable. Les corps sont bousculés de façon dramatique dans le bureau alors que la chanson défile sans entrave au rythme des pulsations mécaniques.
Réalisé par le collectif suédois StyleWar en collaboration avec la société de production Smuggler et le monteur Noah Herzog, le clip est composé de séquences d’archives de vidéos d’entreprises qui sont manipulées et superposées très subtilement avec des images de synthèse pour créer une vision satirique et cauchemardesque de la vie de bureau. Les réalisateurs ont voulu mettre l’accent sur le caractère hypergénérique d’une grande entreprise; les acteurs, les costumes, les accessoires, les décors et surtout le jeu des comédiens, tout est superficiel et paraît faux. Ne manquant pas d’humour, le collectif se fend même d’un petit clin d’œil à la pochette de Wish You Were Here de Pink Floyd. Avec Keep Moving, StyleWar a créé l’un des vidéoclips les plus convaincants et les plus inventifs réalisés durant le confinement. – Patrick Baillargeon
Réalisateur et VFX : StyleWar Producteur exécutif : Elizabeth Doonan Monteur : Noah Herzog Société de production : SMUGGLER
Neon Dreams – Sick Of Feeling Useless
Le duo d’Halifax, composé du chanteur et guitariste Frank Kadillac et du batteur Adrian Morris, a travaillé d’arrache-pied pour réaliser ce vidéoclip en stop motion : ils ont pris précisément 2477 photos ! L’ensemble suinte la nostalgie de la fin des années 90 et du début des années 2000 (lorsqu’il y avait encore des vidéoclips sur les chaînes musicales). Véhicule d’un message important, soit celui que l’on n’est pas seuls à se sentir impuissants, détachés ou blasés en ce moment, la pièce nous accompagne dans de possibles crises identitaires, dans ces moments cruciaux mais libérateurs où l’on se redéfinit. – Roxane Labonté
Solo Ansamblis – Baloje
Cette vidéo produite par l’artiste lituanienne Dr GoraParasit captive par son excentricité bédéesque. Des créatures affublées de combinaisons de vinyle rouge pompier sortent de l’eau pour ensuite, sur fond jaune serin, effectuer des mouvements chorégraphiés on ne peut plus loufoques, singeant des vidéos de spectacles de dauphins en captivité. Le clip intègre également des planches dessinées par l’illustrateur Edvinas Špetas. Issue de l’album OLOS lancé en février, Baloje est tout aussi musicalement décalée, avec sonchaos final de distorsion, de guitares hallucinées, de plaintes et sa rythmique sautillante. Un objet musico-visuel au surréalisme jouissif. – Geneviève Gendreau
Scénario, réalisation et montage : Dr GoraParasit Production : Damn Good / Dr GoraParasit
Top 20 des rééditions de 2020
par Rédaction PAN M 360
De toutes les rééditions parues cette année qui nous sont passées entre les mains, nous en avons retenu vingt couvrant un peu tous les styles et aux horizons variés. À vous maintenant de les (re)découvrir.
On ne réédite pas un album mauvais ou moyen, non, on réédite les albums magiques, classiques, mythiques, sous-estimés, les albums clés, ceux qui ont marqué leur époque pour les bonnes ou les mauvaises raisons… C’est donc pour dire qu’une réédition, c’est toujours une fête puisqu’on y retrouve presque chaque fois une version bonifiée d’un album qu’on a aimé, avec parfois des chansons (et infos et photos) inédites, différents mixes, chutes de studio, ou alors des morceaux oubliés, disparus, introuvables que des passionnés ont compilé pour notre plus grand bonheur. – Patrick Baillargeon
Beverly Glenn-Copeland – Keyboard Fantasies
Pays : Canada / États-Unis Label : Transgressive Genres et styles :électronique / folk / gospel / new age / ambient / dream pop expérimentale Date de sortie : 25 septembre
Keyboard Fantasies est un chef-d’œuvre de 1986 écrit pour et interprété sur un Yamaha DX-7 et un Roland TR-707. Il n’avait jamais été largement diffusé et constituait une sorte de Graal à redécouvrir pour les véritables mélomanes. C’est désormais chose faite, et vous n’aurez plus aucune excuse pour ne pas connaître cette merveille de zénitude légère, bienveillante et parfois doucement pimpante. Les geeks de Glenn-Copeland qualifient souvent Keyboard Fantasies de bijou New Age. En ce qui me concerne, s’il s’agit de New Age, c’est dans sa frange expérimentale que cet album se situe. – Frédéric Cardin
Yanti Berasaudra – Yanti Berasaudra
Pays : Indonésie Label : La Munai Genres et styles : asiatique du Sud-Est / pop psychédélique Date de sortie : 7 juillet
Paru en 1971 sous étiquette Polydor Singapour et ressuscité par le label La Munia de Jakarta, ce dernier album éponyme du trio vocal Sundanais des sœurs Yani, Tina et Parlina Hardjakusumah n’a rien perdu de son charme un demi-siècle plus tard. Toute impression de désorientation pouvant être ressentie par un Occidental en raison de la langue ou de l’échelle heptatonique du pelog de cette région de l’Indonésie est très vite balayée par ce mélange luxuriant de guitare, d’orgue, de vibraphone et de chant céleste qui fait se demander comment on a pu s’en passer tout ce temps. – Rupert Bottenberg
Nails – Unsilent Death (10th Anniversary Edition)
Pays : États-Unis Label : Southern Lord Records Genres et styles :grindcore / death metal / hardcore Date de sortie : 27 novembre
Parlez-moi d’une réédition qui en met plein les oreilles ! Au premier disque du groupe grindcore ‘n’ roll californien on a ajouté les trois chansons du 45 tours Obscene Humanity (2012) et deux morceaux enregistrés en même temps qu’Unsilent Death. Ça décape, c’est dansant et ça met de bonne humeur. – Christine Fortier
Jeremiah Sand – Lift It Down
Pays : États-Unis Label : Sacred Bones Genres et styles : folk / alternatif / psychédélique Date de sortie : 30 octobre
L’histoire derrière cet album est peu commune. Jeremiah Sand, pseudo prophète hippie à l’égo démesuré, décide d’élire domicile dans un studio proche de la ville de Redding pour « réaliser sa vision » avec sa communauté The Children of The New Dawn. Après plusieurs années de squat, les choses tournent évidemment mal entre la drogue et des histoires de disparition et même de meurtre, ce qui les oblige à quitter le studio sans jamais terminer l’album. Sacred Bones ressort cet artefact incongru d’un homme soi-disant éveillé, très certainement allumé, voire dérangé. – Louise Jaunet
Lil Peep– Hellboy
Pays : États-Unis Label : AUTNMY Genres et styles :hip-hop / emo rap / alternatif Date de sortie : 25 septembre
La réédition à titre posthume de Hellboy (2016) par la succession de Lil Peep permet à la première mixtape de l’artiste d’être vendue sur les plateformes numériques. Celui qui a pratiquement inventé le emo rap (du moins, il en a été l’une des icônes les plus proéminentes) est également devenu l’un des artistes les plus en vogue sur SoundCloud grâce à cette mixtape enregistrée dans un loft à Skid Row. Témoignant de ses luttes internes avec des paroles nihilistes et cyniques, elle est la plus complète de sa jeune carrière. – Roxane Labonté
Pauline Oliveros, Stuart Dempster, Panaiotis – Deep Listening
Pays : États-Unis Label : Important Records Genres et styles : ambient / improvisation / contemporain Date de sortie : 31 janvier
Enregistré dans une citerne aux propriétés acoustiques prodigieuses, ce disque propose une expérience immersive à nulle autre pareille. Imaginez, la réverbération y dure près de 45 secondes ! Les instruments à l’honneur sont l’accordéon, le trombone, le didjeridoo, la voix, le sifflement ainsi que la conque, quelques bouts de tuyau et de métal en guise de percussion et un tronçon de boyau d’arrosage. Un véritable classique du genre qui vient d’être réédité pour la première fois depuis sa parution en 1989, dans une version vinyle rematricée avec trois pièces supplémentaires, enregistrées au même endroit mais avec une clarinette en plus, tirées d’un album du Deep Listening Band de 1991. – Michel Rondeau
Edikanfo– The Pace Setters
Pays : Ghana Label : Glitterbeat Genres et styles :afrobeat / disco / funk / highlife Date de sortie : 8 mai
Parmi les explorations africaines de l’emblématique magicien du son Brian Eno au tournant des années 80 figure la production de ce premier (et malheureusement dernier) album de l’octuor ghanéen Edikanfo. L’épisode que traversait le Ghana à cette époque ajoute une note tragique à ce vestige d’une carrière écourtée. La palette panafricaine d’Edikanfo réunit le bouillonnant highlife et l’irrésistible rythmique de l’afrobeat avec un soupçon d’ethio-jazz et de disco. Entre les choix inspirés de la formation et les habiles manipulations d’Eno, The Pace Setters est une capsule témoin indispensable d’un groupe qui aurait pu connaître un très grand succès. – Rupert Bottenberg
Paul Tortelier: RIAS Recordings – Paul Tortelier, Lothar Broddack, Klaus Billing
Pays : France Label : Audite Genres et styles : classique / baroque / romantique Date de sortie : 7 février
Tortelier était un violoncelliste d’exception. Cette réédition nous le présente sous son meilleur jour, bien entendu, avec de superbes lectures de chefs-d’œuvre (Bach, Fauré, Schumann, Kodaly…). Beaucoup de musique de chambre ici, avec des prises de son qui étaient déjà très bonnes à l’époque. On ne peut demander mieux. – Frédéric Cardin
Global Communication– Transmissions
Pays : Royaume-Uni Label : Evolution Genres et styles :ambient / downtempo / électonique / house / IDM Date de sortie : 20 octobre
Au début des années quatre-vingt-dix, le duo britannique Global Communication opérait une petite révolution en amalgamant l’ambient, la techno et la IDM alors naissante. Le coffret Transmissions regroupe le désormais classique 76:14, Pentamerous Metamorphosis qui est une reconstruction du Blood Music de Chapterhouse ainsi qu’une collection de simples et de pièces remixées. Un essentiel pour tout fanatique d’électro. – Steve Naud
Jon Hassell – Vernal Equinox
Pays : États-Unis Label : Ndeya Genres et styles : jazz / avant-garde / expérimental / râga Date de sortie : 20 mars
Enregistré d’octobre 1976 à octobre 1977, en partie dans un studio de l’Université York à Toronto, et paru l’année suivante, Vernal Equinox est l’occasion d’entendre Hassell à ses tout débuts. Bien qu’on sente l’influence du Miles Davis des années 70, Hassell a déjà sa façon bien à lui de trafiquer le son de sa trompette et surtout de développer ses pièces méditatives à la manière des râgas indiens. C’est ce disque qui attira l’attention de Brian Eno, avec lequel il réalisera ensuite Fourth World Vol. 1 – Possible Musics. – Michel Rondeau
Moon Duo– Escape (Expanded Edition)
Pays : États-Unis Label : Sacred Bones Genres et styles :psychédélique / krautrock Date de sortie : 12 juin
Pour souligner les dix ans du premier album de Moon Duo, Sacred Bones offre une réédition à laquelle s’ajoutent trois morceaux inédits. Le premier, Motorcycle, I Love You, résume à lui seul la discographie du groupe. Soutenu par un rythme motorique, le vaisseau spatial Moon Duo nous propulse dans ce tourbillon infernal de guitare colorée et fuzzée qui nous transporte immanquablement dans une exploration cosmique enivrante bien à eux. – Louise Jaunet
The Staple Singers – Come Go With Me: The Stax Collection
Pays : États-Unis Label : Craft Genres et styles : gospel / soul Date de sortie : 21 février
La musique soul tire son inépuisable force de la collision entre le samedi soir et le dimanche matin, les anges et les démons… le blues et le gospel. Avec leurs puissantes exhortations pop-gospel de la fin des années 60, Roebuck « Pops » Staples et ses enfants (dont Mavis, qui plus tard deviendra elle-même une grande star) ont magnifiquement exprimé un sentiment pressant à cette époque tumultueuse de bouleversements sociaux, le tout tonifié par un optimisme frondeur. Comme l’étiquette sur la boîte indique « Stax », vous savez que ce qu’il y a à l’intérieur peut faire se trémousser sérieusement. Avec ce coffret de sept disques et son livret de notes détaillées et bien documentées, la famille Staple a enfin obtenu ce qui lui était dû, et en grand. – Rupert Bottenberg
Wilco – summerteeth (Deluxe Edition)
Pays : États-Unis Label : Rhino Genres et styles :pop / rock / pop de chambre / garage rock / rock baroque Date de sortie : 6 novembre
Pour Jeff Tweedy et sa troupe post-Uncle Tupelo, summerteeth est l’album où l’alt-country céda le pas au rock néo-baroque de garage. Rappelons la contribution cruciale de feu Jay Bennett à cette réussite. Vingt et un ans plus tard, on nous en sert une foisonnante Deluxe Edition en quatre volets : 1) contenu du bon vieux CD, 2) fricassée de démos, prises de rechange et chutes de studio, puis 3) et 4), concert râpeux en diable enregistré à Boulder, Colorado, en novembre 1999 où l’on entend, outre les pièces de summerteeth, quelques-unes des reprises de Woody Guthrie de Mermaid Avenue, ainsi que des extraits d’A.M. et de Being There. Vous vous souvenez de Scanners, le film de Cronenberg où les têtes éclatent comme des pastèques gonflées de méthane ? C’est ce que craint le wilcologue confronté à tant de félicité. – Luc Marchessault
Artistes variés – The Blue Coxsone Box Set
Pays : Jamaïque / Royaume-Uni Label : Soul Jazz Genres et styles : ska / rocksteady / reggae Date de sortie : 10 juillet
All Stars, C&N Productions, D Darling, Downbeat, Muzik City, N.D. Records, Supreme, Worldisc, Coxsone ou encore Studio One, de toutes les étiquettes de disques fondées par le légendaire producteur Clement « Coxsone » Dodd, la fameuse étiquette bleue (Blue Coxsone), parue à la fin de 1967, sera sûrement celle qui passionnera le plus le cercle des collectionneurs. Cette année, Studio One a fait paraître un coffret en édition limitée de six de ses 45 tours ska les plus rares et leur version CD, incluant des artistes tels Joe Higgs, Winston Jarrett, The Soul Vendors et The Melodians, avec en prime des chansons obscures et même inédites. Il est quand même incroyable que ces archives mythiques livrent encore, plus de 50 ans plus tard, autant de petits trésors inédits. Du bonbon ! – Richard Lafrance
Artistes variés – Nome Noma
Pays : Canada (Québec) Label : Trésor National Genres et styles :new wave / post-punk / power-pop / punk / synth-wave Date de sortie : 29 août
Si la moitié de la planète a succombé à la new wave vers la fin des années 70 et début 80, le Québec n’a certes pas été en reste. Cependant, hormis le succès d’artistes tels que Men Without Hats et Rational Youth, il en est qui sont toujours demeurés dans l’ombre. Cette compilation leur rend enfin justice. Agrémenté d’un livret de 16 pages, Nome Noma présente 13 titres obscurs en anglais ou en français, aux couleurs power-pop, punk, glam, cold wave et synthpop; une compilation essentielle qui témoigne de l’originalité et surtout de l’effervescence de cette petite scène encore aujourd’hui trop méconnue. – Patrick Baillargeon
Pays : Japon Label : Light in the Attic Genres et styles : ambient / électronique / new age Date de sortie : 20 mars
Grâce aux chercheurs de trésors du label Light in the Attic, le public occidental peut enfin découvrir la musique environnementale japonaise. Paru initialement en 1986, Green de Hiroshi Yoshimura (1940-2003) est l’un des albums clés du genre. Les paysages zen épurés qu’y ont dessiné les synthétiseurs du musicien apaisent les oreilles, le cœur et l’âme. – Steve Naud
Wormwood – Ghostlands: Wounds From a Bleeding Earth
Pays : Suède Label : Non Serviam Genres et styles :black metal / folk metal Date de sortie : 28 février
Le groupe black metal mélodique suédois est sur mon écran radar depuis l’écoute de Nattarvet (2019). Black Lodge Records a eu la bonne idée de rééditer son premier album paru en 2017. Les influences folk et viking sont plus présentes et les douze chansons sont empreintes d’une mélancolie qui les rend mémorables. – Christine Fortier
Mort Garson – Music from Patch Cord Productions
Pays : États-Unis Label : Sacred Bones Genres et styles : expérimental / ambient Date de sortie : 6 novembre
Pionnier de la musique électronique des années 60 et 70, Mort Garson est l’un des premiers magiciens du son à composer de la musique avec des synthétiseurs Moog. Sacred Bones lui rend hommage en rééditant ses étranges morceaux proto-new age intemporels, ludiques et hypnotisants, qui pourraient aussi bien servir de trame sonore pour un jeu vidéo Pokémon que pour un film d’animation comme La Planète sauvage. – Louise Jaunet
George Szell – The Warner Recordings 1934-1970
Pays : Hongrie Label : Warner Classics Genres et styles :classique / romantique Date de sortie : 30 octobre
Szell est le chef d’orchestre que vous devriez connaître, encore mieux que Karajan ou Klemperer. Oui, ces derniers sont extraordinaires, mais Szell était différent. Pensez au mouvement de la musique baroque qui a ramené le goût de l’authenticité dans les interprétations. Bien avant cela, Szell faisait sonner ses orchestres comme cela, alors que les autres restaient encore fidèles au gigantisme la plupart du temps. De 1934 à 1970, il y a beaucoup de musique, dont les fameux concertos pour piano de Beethoven avec Gilels comme soliste. En prime, des perles inédites. – Frédéric Cardin
Coil – Musick to Play in the Dark
Pays : Royaume-Uni Label : Dais Records Genres et styles : industriel / expérimental / dark ambient Date de sortie : 27 novembre
Sous la supervision de deux anciens membres du groupe, Drew McDowall, qui y signe ses derniers albums, ainsi que Thighpaulsandra, Dais Records a mené à bon port la réédition de cet album originellement paru en 1999. Il s’agit assurément de l’un des meilleurs du groupe, emblématique de sa période de « musique lunaire » (moon musick). Notons une panoplie de vinyles aux éditions toutes plus limitées les unes que les autres, incluant les versions complètes et inédites de chaque pièce. – Geneviève Gendreau
PAN M 360 au temps des TOPS ! (5e partie – de septembre à décembre)
par Rédaction PAN M 360
Voici venu le temps des Tops ! PAN M 360 conclut l’année 2020 par une liste de 100 albums choisis par nos contributeurs.trices. Régalez-vous !
Notre communauté de passionné.e.s vous propose une sélection de 100 albums ayant marqué 2020. Tous styles, toutes expressions, toutes générations artistiques, toutes parts du globe, tous recoins de notre culture locale confondus.
Sauf exceptions, tous les mélomanes raffolent des listes de fin d’année, c’est l’occasion d’un retour sur tous ces mois passés en bulle. Malgré le confinement de plus en plus exaspérant, néanmoins nécessaire, cette période de l’année demeure l’occasion de s’échanger ses meilleures trouvailles, en toute intimité ou virtuellement.
La production de ce TOP 100 de 2020 est aussi l’occasion de se rappeler que la plateforme PAN M 360 est devenue publique il y a exactement un an, soit lors de la parution de notre Top 360 albums de la décennie 2010-2019. Ce fut notre premier grand effort de production, pas mal du tout dans les circonstances ! Malgré les imperfections, ce fut pour PAN M 360 une gigantesque carte postale adressée à ses premiers usagers.
Fin février 2020, nous lancions la vraie production qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis. Fin 2020, nous sommes très fiers de nos réalisations malgré les énormes contraintes financières et physiques causées par la pandémie. Nous avons dépassé largement le millier de recensions d’albums, nous avons réalisé près de 150 interviews écrites ou audiovisuelles, trois clips tournés en plein confinement, des dizaines d’articles de fond sur l’écosystème musical et on en passe. Nous nous réjouissons d’avoir quadruplé notre circulation depuis le premier trimestre de notre mise en ligne. C’est encore modeste mais ça ne fait que commencer… Si vous êtes passionné.e de musique, joignez la communauté de PAN M 360.
Alors régalez-vous en ce temps propice, malgré tout, à l’écoute des meilleures musiques de partout. Joyeuses Fêtes ! – Alain Brunet
Machine Gun Kelly – Tickets to my Downfall
Pays : États-Unis Label :Bad Boy / Interscope Records Genres et styles :pop-punk / rock / hip-hop Date de sortie : 25 septembre
Mélangeant le pop-punk et le hip-hop, cet album dépeint deuils et épreuves sur fond de couleurs pastel, avec des pièces légères, pour la plupart énergiques. Véritables chansons-antithèses conçues avec Travis Barker (Blink-182), elles montrent le rappeur de Cleveland sous un nouveau jour. – Roxane Labonté
Toots & The Maytals – Got To Be Tough
Pays : Jamaïque Label : Trojan Jamaica Genres et styles : reggae Date de sortie : 28 août
Ce monument du reggae sortait à peine du studio avec ce bébé sous le bras quand il a été foudroyé par vous-savez-quoi. On lui souhaite le Grammy reggae de manière posthume en janvier pour un album solide, mais plus particulièrement pour couronner une carrière inégalée. – Richard Lafrance
John Luther Adams – The Become Trilogy
Pays : États-Unis Label :Cantaloupe Music Genres et styles :avant-garde / musique contemporaine Date de sortie : 25 septembre
Superbe idée que de réunir en un coffret la trilogie orchestrale inspirée au compositeur par ses observations de la nature. Become Ocean est certes la plus connue, l’œuvre ayant remporté en 2014 le prix Pulitzer de la musique et le Grammy de la meilleure « composition classique contemporaine ». – Réjean Beaucage
The Ocean – Phanerozoic II: Mesozoic | Cenozoic
Pays : Allemagne Label : Pelagic Records Genres et styles : metal progressif Date de sortie : 25 septembre
J’aime bien la formation allemande et je prends toujours le temps d’écouter leurs nouveaux disques pour le côté immersif de leur metal progressif. Leur huitième album a surpassé toutes mes attentes. Il est introspectif, inventif et bien calibré. – Christine Fortier
Tricky – Fall to Pieces
Pays : Royaume-Uni Label :Liberator Genres et styles :dub / électronique / hip-hop / trip-hop Date de sortie : 4 septembre
Tricky fidèle à lui-même. Avec cet album dans la même veine que les précédents, le pionnier anglo-saxon du trip-hop nous embarque dans son univers bien personnel, sombre, au fort potentiel émotionnel. Un écorché vif au cœur meurtri qui, musicalement, réussit à faire des merveilles et nous émouvoir chaque fois. – Yohann Goyat
Ichon – Pour de vrai
Pays : France Label : 911 Genres et styles : hip-hop Date de sortie : 11 septembre
Ichon dévoile quinze pistes parfois difficilement classables, souvent à la croisée des genres, toutes plus originales les unes que les autres, effleurant la bass music, le funk, le R&B et la neo soul. Le Montreuillois chante, parle, clame, rappe, surprend par son jeu de diction et la souplesse de son flow. Une proposition qui vient du cœur et qui mérite le titre de meilleur album de l’année. – Elsa Fortant
Artistes variés – Montreal Dances Accross Borders
Pays : Canada (Québec) Label :Montreal Dances Accross Borders Genres et styles :dub / électronique / hip-hop / trip-hop Date de sortie : 18 septembre
Dix artistes de la scène électronique montréalaise underground unissent leurs forces pour publier une première compilation dont les profits seront versés en totalité à l’OBNL Solidarité sans frontières. Si les couleurs de l’album sont froides, elles font pourtant monter la température. Les spectres sonores réveillent des souvenirs de cages thoraciques qui vibrent au rythme du kick, de plafonds dégoulinants et de pistes de danse qui sentent la bière. – Elsa Fortant
Lomelda – Hannah
Pays : États-Unis Label : Double Double Whammy Genres et styles : folk-rock / indie folk / indie rock Date de sortie : 4 septembre
Hannah, quatrième album complet de Hannah Read, alias Lomelda, démarre délicatement, s’électrifie, puis passe en territoire lo-fi amplifié. Quatorze chansons réussies – dont un clin d’œil au Misunderstood de Wilco –, une offrande à la fois touffue, touchante et rugueuse là où il faut, qui constitue l’un des meilleurs albums folk-rock de 2020. – Luc Marchessault
Ghostemane – Anti-Icon
Pays : États-Unis Label :Blackmage Genres et styles :bruitiste / électronique / hip-hop / industriel / metal / trap Date de sortie : 21 octobre
Anti-Icon s’enfonce dans la mémoire comme des épines dans la chair. Ghostemane fusionne le trap au métal, l’industriel au hip-hop, mélange les styles et brouille les pistes, mais il ne fait pas que ça. Il est un artiste à part entière et ça se sent dans son esthétique générale et ses costumes extravagants. – Roxane Labonté
Secret Sun – Winter Love
Pays : Canada (Québec) Label : Double Double Whammy Genres et styles : dream-pop / électro-pop / indie pop / trip-hop Date de sortie : 30 octobre
Ce deuxième album du duo montréalais se démarque par sa dream-pop ∕ indie pop qui sort des sentiers battus grâce à ses arrangements rétro, soul et funk. Selon la pièce, Anne-Marie Campbell chante avec désinvolture ou mélancolie les nombreuses déclinaisons du sentiment amoureux et des relations humaines qui habitent nos espaces d’intimité et de créativité. Winter Love invite aux réécoutes introspectives pour y saisir toute l’ivresse de ses rêves éveillés. – Isabelle Marceau
Benediction – Scriptures
Pays : Royaume-Uni Label :Nuclear Blast Genres et styles :death metal Date de sortie : 16 octobre
Le retour du chanteur Dave Ingram (il a quitté le groupe britannique en 1998 et est revenu en 2019) y est pour beaucoup, mais écouter Scriptures, c’est un peu comme se réveiller au début des années 1990, à l’apogée de ce qu’on appelle aujourd’hui le old school death metal. Du bonbon pour les nostalgiques. – Christine Fortier
Hélène Grimaud, Camerata Salzburg – The Messenger
Pays : Autriche / France Label :Deutsche Grammophon Genres et styles :classique / néoclassique / contemporain Date de sortie : 2 octobre
On ne peut le dire autrement : la pianiste Hélène Grimaud a pris un risque pour son dernier album, The Messenger. Qu’il s’agisse de la coda manquante de la Fantaisie en ré mineur de Mozart, qui mène directement à une version très animée du Concerto en ré mineur du même compositeur, tout de l’interprétation de Grimaud nous éloigne des grands enregistrements d’Ushida ou Schiff. Pourtant, cette approche très directe des œuvres de Mozart leur apporte une impressionnante énergie et un sentiment d’avancement qui vient parfaitement contrebalancer l’atmosphère calme des œuvres de l’Ukrainien Valentin Silvestrov. C’est ainsi que Grimaud parvient à réussir ce curieux mariage Mozart-Silvestrov. – Sarah-Ann Larouche
Quartom – Rendez-vous
Pays : Canada (Québec) Label :Productions PVB Genres et styles :classique Date de sortie : 2 octobre
Fort de son dernier disque, Renaissance, lauréat du prix Opus 2018-2019 dans la catégorie Musiques médiévale, de la Renaissance, baroque, le fameux quatuor vocal récidive avec ce nouvel album, un rendez-vous à contre-courant de l’histoire de la musique. Avec leur finesse vocale habituelle Julien Patenaude, Benoît Le Blanc et Philippe Martel, accompagné de leur nouvelle recrue Philippe Gagné, passent du baroque au classique et du modernisme à la Renaissance avec aisance, proposant un voyage musical coloré, apaisant et dynamique. – Alexandre Villemaire
Shreez – On Frap
Pays : Canada (Québec) Label : Canicule Genres et styles : drill / hip-hop / rap keb Date de sortie : 9 octobre
On Frap est une œuvre légère bourrée de traits désopilants et de clins d’œil à la culture québécoise qui s’écoute facilement, le sourire aux lèvres. Un sentiment de fraternité palpable permet à ses nombreux collaborateurs invités de s’y exprimer avec aisance. Le rappeur reprend et perfectionne sa recette gagnante : l’adaptation du drill et de la trap américaine à la culture québécoise. – Félix Desjardins
The Spits – VI
Pays : États-Unis Label :Thrifstore Genres et styles :garage-punk / punk-rock Date de sortie : 30 octobre
Il aura fallu neuf longues années pour que la formation de Kalamazoo arrive avec ce volume VI. Neuf ans pour 10 chansons courtes, punchées, fun et incroyablement accrocheuses, le tout ne dépassant pas les 17 minutes. Réalisé par Erik Nervous sur 4 pistes dans les sous-sols de Kalamazoo, ce mini-album nous replonge dans l’univers lo-fi du groupe, son sens de l’ironie, ses mélodies aussi collantes que de la gomme à mâcher et son punk-rock découpé à la tronçonneuse. L’attente en aura valu la peine. – Patrick Baillargeon
Antoine Corriveau – Pissenlit
Pays : Canada (Québec) Label : Secret City Genres et styles : art-rock / folk / folk-rock / punk / rock Date de sortie : 9 octobre
Avec Pissenlit, la voix grave et ténébreuse d’Antoine Corriveau trouve une charpente plus colorée sur laquelle s’appuyer. À la manière d’un Beck des années 1990 (et un peu de celui de Sea Change pour les moments plus mélancoliques), l’auteur-compositeur-interprète déploie son folk avec une imagination fertile et une virulence rock à tout casser, qu’il accompagne de saisissantes réflexions sur le territoire et le sort de l’humanité.– Olivier Boisvert-Magnen
Jahari Massamba Unit – Pardon My French
Pays : États-Unis Label :Madlib Invazion Genres et styles :free jazz / hip-hop instrumental / jazz contemporain / jazz électro / jazz-funk / jazz-fusion Date de sortie : 28 novembre
Le batteur Karriem Riggins et le beatmaker, rapper, remixeur et multi-instrumentiste Madlib réconcilient des sous-genres jazzistiques apparemment irréconciliables lorsqu’ils furent mis au point dans les années 60 et 70 : fusion, funk, groove mais aussi jazz modal, free jazz et jazz contemporain. Dans une approche numérique où le collage, la citation, la transformation et le fondu enchaîné sont permis et valorisés, cet album est une plongée dans un univers rétro-nuevo des plus fascinants. – Alain Brunet
The Ed Palermo Big Band – The Great Un-American Songbook Vol. 3: Run for Your Life
Pays : États-Unis Label : Sky Cat Genres et styles : jazz / rock / rock prog Date de sortie : 6 novembre
Le chef d’orchestre et arrangeur hors pair Ed Palermo dirige son big band de 16 musicien-ne-s avec sa précision habituelle pour nous servir un kaléidoscope de mashups dans lequel une kyrielle de hits anglais se tamponnent avec des petits bouts (et des grands) sortis du catalogue de Frank Zappa. – Réjean Beaucage
Beethova Obas – Bon Bagay
Pays : Belgique / Haïti Label :Aztec / Indépendant Genres et styles :jazz / kompa Date de sortie : 16 octobre
Le gentleman troubadour de la Caraïbe francophone est de retour après un long silence mais dans une forme vraiment splendide. Le titre emblématique Bon bagay affranchit les Haïtiens. De la grande chanson créole, populaire et raffinée, afro-cubaine et jazzée avec des cuivres en plus. Excellent ! – Ralph Boncy
DVS1 – Beta Sensory Motor Rhythm
Pays : États-Unis Label : Axis Records Genres et styles : électronique / techno Date de sortie : 1er décembre
Connu pour jouer de la techno hypnotique et mentale, autrement dit basée sur l’agencement de sonorités par stratification, DVS1, actif depuis 1996, sort son premier album sur le label du vétéran de la techno Jeff Mills. Les huit pistes prouvent que le Minnésotain, artisan du son, excelle autant derrière une station audionumérique qu’aux platines. – Elsa Fortant
PAN M 360 au temps des TOPS ! (4e partie – de juin à août)
par Rédaction PAN M 360
Voici venu le temps des Tops ! PAN M 360 conclut l’année 2020 par une liste de 100 albums choisis par nos contributeurs.trices. Régalez-vous !
Notre communauté de passionné.e.s vous propose une sélection de 100 albums ayant marqué 2020. Tous styles, toutes expressions, toutes générations artistiques, toutes parts du globe, tous recoins de notre culture locale confondus.
Sauf exceptions, tous les mélomanes raffolent des listes de fin d’année, c’est l’occasion d’un retour sur tous ces mois passés en bulle. Malgré le confinement de plus en plus exaspérant, néanmoins nécessaire, cette période de l’année demeure l’occasion de s’échanger ses meilleures trouvailles, en toute intimité ou virtuellement.
La production de ce TOP 100 de 2020 est aussi l’occasion de se rappeler que la plateforme PAN M 360 est devenue publique il y a exactement un an, soit lors de la parution de notre Top 360 albums de la décennie 2010-2019. Ce fut notre premier grand effort de production, pas mal du tout dans les circonstances ! Malgré les imperfections, ce fut pour PAN M 360 une gigantesque carte postale adressée à ses premiers usagers.
Fin février 2020, nous lancions la vraie production qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis. Fin 2020, nous sommes très fiers de nos réalisations malgré les énormes contraintes financières et physiques causées par la pandémie. Nous avons dépassé largement le millier de recensions d’albums, nous avons réalisé près de 150 interviews écrites ou audiovisuelles, trois clips tournés en plein confinement, des dizaines d’articles de fond sur l’écosystème musical et on en passe. Nous nous réjouissons d’avoir quadruplé notre circulation depuis le premier trimestre de notre mise en ligne. C’est encore modeste mais ça ne fait que commencer… Si vous êtes passionné.e de musique, joignez la communauté de PAN M 360.
Alors régalez-vous en ce temps propice, malgré tout, à l’écoute des meilleures musiques de partout. Joyeuses Fêtes ! – Alain Brunet
Benjamin Biolay – Grand Prix
Pays : France Label :Universal Genres et styles :chanson française / pop Date de sortie : 26 juin
Figure de proue de la pop française sophistiquée, Biolay nous offrait sur cet album l’une des plus belles chansons de l’année : Comment est ta peine ? L’ensemble est délectable et sa réédition dite Deluxe contient cinq inédits dont un savoureux duo avec Adé (Parc fermé) et une reprise de Tous les cris les S.O.S. À la fois dansant, classieux et nostalgique. PS: Nombreuses reprises en versions acoustiques sur sa page Facebook. – Claude André
Buju Banton– Upside Down 2000
Pays : Jamaïque Label : Gargamel / Roc Nation Genres et styles : dancehall / reggae Date de sortie : 26 juin
Un album tant attendu, même dans une année « sens dessus dessous », ne peut que décevoir. Après neuf ans de détention, le grand dread a effectué un retour avec un album éclaté, fourre-tout, mais qui proposait quand même trois ou quatre bons extraits pour marquer le coup. Événementiel. – Richard Lafrance
Special Interest – The Passion Of
Pays : États-Unis Label :Thrilling Living / Night School Genres et styles :synthpunk / no wave Date de sortie : 19 juin
Le cœur de la vie nocturne underground des villes gronde à travers le monde pour tenter de résister tant bien que mal au phénomène généralisé d’embourgeoisement, lequel menace présentement La Nouvelle-Orléans. La chanteuse et réalisatrice Alli Logout de Special Interest profère sa frustration face à cette oppression sur des rythmes industriels no wave sauvages et effrénés. Aussi poignante et charismatique que l’icône engagée Nina Simone, aussi sombre et anarcho-glam que la reine de Siam Lydia Lunch et aussi enragée que les pionniers du hardcore punk, les Bad Brains, elle possède à coup sûr les tripes pour devenir l’une des nouvelles figures de la résistance de la scène punk actuelle. – Louise Jaunet
Phoebe Bridgers– Punisher
Pays : États-Unis Label : Dead Oceans Genres et styles : folk / rock / emo Date de sortie : 18 juin
Le défi du deuxième album est l’un des plus difficiles à relever pour n’importe quel artiste porté aux nues dans la foulée d’un honorable premier effort. À cet égard, Phoebe Bridgers s’est surpassée avec un album à la fois envoûtant et poignant, d’une rare beauté. Entre folk, rock et emo, Punisher témoigne d’une crise identitaire et sentimentale dont on ressort ébranlé, mais surtout ébloui. – Olivier Boisvert-Magnen
Asher Gamedze – Dialectic Soul
Pays : Afrique du Sud Label :On the Corner Genres et styles :jazz contemporain / free jazz / musique traditionnelle sud-africaine Date de sortie : 10 juillet
Le fantôme d’Ornette Coleman a élu domicile à Cape Town, sur le continent de ses lointains ancêtres qui lui offrent leurs traditions méridionales. Le batteur Asher Gamedze le fréquente, comme c’est le cas de ses collègues. Saxo, trompette, contrebasse, chant à l’occasion se joignent au leader pour relancer le jazz sud-africain sans en oublier le legs des pionniers qui, eux aussi, intégraient les chants zoulous, xhosa et shangaan à leurs musiques criantes de modernité. – Alain Brunet
Jon Hassell– Seeing Through Sound (Pentimento Volume Two)
Pays : États-Unis Label : Ndeya Genres et styles : ambient / électronique / expérimental / jazz contemporain Date de sortie : 24 juillet
En réécoutant les pièces de ce second volume, enregistrées à la même époque que le premier, Hassell n’était pas satisfait et il les a retravaillées. Résultat, on voit encore mieux « à travers le son » les niveaux à l’arrière-plan, les éléments au premier plan se détachent plus nettement et les textures sont à la fois mieux définies, plus variées et plus foisonnantes. – Michel Rondeau
Lou Canon – Audomatic Body
Pays : Canada Label :Paper Bag Genres et styles :électronique / indie pop Date de sortie : 10 juillet
Lou Canon nous fait signe de nous approcher. De sa voix délicate, elle nous chuchote un monde intime sur fond de paysages et pulsations nocturnes. Audomatic Body pourrait être une invitation à un tête-à-tête si ce n’était de la multiplicité des voix qui l’accompagnent. Une indie pop électronique envoûtante qui nous révèle la sensualité de forces cachées. – Isabelle Marceau
Minyo Crusaders & Frente Cumbiero– Minyo Cumbiero: From Tokyo to Bogota
Pays : Japon / Colombie Label : Mais Um Genres et styles : asiatique du Nord-Est / cumbia / dub / minyoc Date de sortie : 24 juillet
Cette fringante petite bombe d’amour est arrivée au beau milieu de l’année, de sa pandémie et de ses mesures de confinement et de distanciation. Il s’agit d’un mini-album de quatre chansons que les révisionnistes du folklore japonais ont enregistré lors de leur passage en Colombie chez les gardiens de la flamme de la cumbia classique. Leur complicité et le plaisir qu’ils ont à jouer ensemble sont aussi communicatifs qu’énergisants. – Rupert Bottenberg
Ian Bostridge, Antonio Pappano, Vilde Frang, Nicolas Altstaedt – Beethoven: Songs and Folksongs
Pays : Allemagne / Royaume-Uni / Norvège Label :Warner Classics Genres et styles :classique Date de sortie : 24 juillet
Laissez-vous transporter par cet excellent album qui regroupe arrangements de chansons folkloriques et lieder de Beethoven. Au piano, le jeu délicat et bien balancé (mais tout de même puissant) d’Antonio Pappano complémente parfaitement la voix du ténor Ian Bostridge qui, lui, brille par la sensibilité de son interprétation. Soulignons également la contribution de la violoniste Vilde Frang et du violoncelliste Nicolas Altstaedt qui complètent admirablement l’équipe le temps de quelques pièces. – Sarah-Ann Larouche
Beaver Sheppard– Downtown
Pays : Canada (Québec) Label : Joyful Noise Recordings Genres et styles : avant-pop / pop expérimentale / avant-folk Date de sortie : 13 juillet
Artiste touche-à-tout hyperprolifique, Beaver Sheppard dévoile icison album le plus éclectique et diversifié. Downtown est un disque épatant où le natif de Saint John’s nous propose un canevas sonore sur lequel il mélange habilement les couleurs. Que ce soit l’irrésistible No One Knows, chanson synthwave aux tonalités 80s qui a tout pour devenir un hit, la très jolie ballade folk Full Moon, l’étrange pièce-titre qui débute l’albumoula groovy Chameleon qui le clôt, Downtown, marqué par l’étonnante voix de l’auteur, ne manque pas de vers d’oreilles. – Patrick Baillargeon
Mike Shabb – Life Is Short
Pays : Canada (Québec) Label :Make It Rain Genres et styles :chillwave / hip-hop / trap Date de sortie : 31 juillet
Alors que la plupart de ses comparses se contentent de copier les dernières mouvances du trap américain, Mike Shabb, lui, se redéfinit complètement avec Life Is Short, un brillant EP qui indique la voie à suivre pour le rap d’ici. Avec un flow à la fois percutant et mélodieux, capable de croiser les époques, le rappeur montréalais montre qu’on peut respecter les traditions tout en proposant un projet audacieux et avant-gardiste. Un tour de force réalisé en compagnie des producteurs Danny Ill et Vnce.Carter. – Olivier Boisvert-Magnen
Courtney Marie Andrews– Old Flowers
Pays : États-Unis Label : Fat Possum Genres et styles : americana / country / folk Date de sortie : 24 juillet
Album de rupture bouleversant de Courtney Marie Andrews. Naguère musicienne-accompagnatrice, dame Andrews œuvre à son compte depuis une dizaine d’années et a déjà un corpus giboyeux. Elle s’inspire de la mère Mitchell, comme des centaines d’autres folkies. Elle en est une digne héritière, et ça, il n’y en a pas tant. – Luc Marchessault
Fontaines D.C. – A Hero’s Death
Pays : Irlande Label :Partisan Records Genres et styles :pop-rock / post-punk / alternatif Date de sortie : 31 juillet
Bien qu’il respecte l’ADN post-punk de la bande de Dublin, A Hero’s Death est nettement plus « calme » que la production précédente (le respecté et mordant Dogrel, paru en 2019). Mélodique, nostalgique et un tantinet sombre, ce disque n’est toutefois pas plus dépressif ou conformiste que le premier. Chose certaine, A Hero’s Death confirme que ce jeune quintette, qui rappelle parfois le travail de la formation américaine Parquet Courts, est bourré de talent… et qu’il est capable de se renouveler. – Jean-François Cyr
Creeper– Sex, Death & the Infinite Void
Pays : Royaume-Uni Label : Roadrunner Records Genres et styles : pop-rock / rock gothique / punk / alternatif Date de sortie : 31 juillet
Sex, Death & the Infinite Void détonne des propositions générales dans le monde du rock en 2020. Sans se trahir, le groupe anglais Creeper – fondé en 2014 – a joué d’audace pour son second album. Le groupe de Southampton a offert un disque ambitieux et franchement étonnant. Rempli d’atmosphères savoureusement macabres, il est livré comme un récit. Et ça marche assez bien. Sex, Death & the Infinite Void est une œuvre épique et théâtrale qui respire la passion pour la musique, l’art et le « péché ». Le chanteur, Will Gould, l’a d’ailleurs qualifiée de romance apocalyptique. – Jean-François Cyr
Rebecca Delle Piane – Lode
Pays : Italie Label :Symbolism Genres et styles :électronique / techno Date de sortie : 17 juillet
La compositrice démontre une fine compréhension des rouages de la techno hypnotique. Les cinq pistes étourdissent, la panoramisation du son joue des tours à l’esprit. L’Italienne peut se targuer de rivaliser avec des pairs bien plus expérimentés. Pour preuve, son dernier essai, soutenu par DVS1 ou Luke Slater, est sorti sur Symbolism, le label de l’Anglais Ben Sims, un des maîtres du genre. – Elsa Fortant
Ulver– Flowers Of Evil
Pays : Norvège Label : House of Mythology Genres et styles : rock électronique / expérimental / avant-pop / avant-garde Date de sortie : 28 août
Opus attendu de pied ferme, Flowers of Evil s’avère une véritable anthologie d’histoires, petites et grandes, à laquelle on adhère sans plus attendre, captivé par un indéniable sens du récit. Ulver nous offre un albumaux pièces savamment composées, témoignant de son extraordinaire maîtrise tout comme de son aura tragique. – Geneviève Gendreau
Aminé – Limbo
Pays : États-Unis Label :CLBN / Republic Records Genres et styles :hip-hop Date de sortie : 7 août
Voilà l’un des projets de rap parus en 2020 qui se consomme le plus facilement en boucle. Il n’y a rien de vraiment novateur sur Limbo, c’est tout simplement un album de hip-hop particulièrement bien ficelé. Aminé parvient à mélanger des influences kanyéennes, trap et old school en un tout homogène, sans défaut apparent. – Félix Desjardins
Meridian Brothers– Cumbia Siglo XXI
Pays : Colombie Label : Bongo Joe Genres et styles : électro-cumbia / expérimental / avant-garde Date de sortie : 21 août
Les Meridian Brothers, menés par l’excentrique Eblis Álvarez, distillent une cumbia expérimentale pimentée de toutes sortes de saveurs. Pour ce 9e album, Álvarez a pris un virage plus électronique, se servant de plusieurs boîtes à rythmes, guitares, claviers et logiciels auxquels il ajoute divers beats urbains, grooves de synthés et glitches mélangés à différents gros mots et jurons colombiens. Avec Cumbia Siglo XXI, les Meridian Brothers propulsent la cumbia de manière unique et ludique dans le futur. – Patrick Baillargeon
Tarrus Riley– Healing
Pays : Jamaïque Label : Juke Boxx Productions Genres et styles : dancehall / reggae / roots reggae Date de sortie : 20 août
Il semble que Tarrus Riley n’a jamais eu un album complet à la hauteur de son potentiel. Healing s’en rapproche, tout en s’éloignant un peu du son roots-reggae qui l’a fait connaître. Or, l’impressionnante Lighter, à saveur dancehall-pop avec la jeune interprète montante Shenseea, ne décolle plus des ondes jamaïcaines depuis juin dernier. Pari réussi. – Richard Lafrance
Fleet Foxes– Shore
Pays : États-Unis Label : Anti_ Genres et styles : indie folk / pop de chambre Date de sortie : 22 septembre
Mené par le très brillant Robin Pecknold, Fleet Foxes demeure le vaisseau amiral du renouveau folk aux USA, un groupe de la trempe des CSNY et autres Byrds, assorti d’une approche musicale plus vaste et plus contemporaine. Trois ans après l’éblouissant Crack-up, l’album Shore assoit l’autorité de la formation américaine avec une proposition un tantinet plus sobre, mais profondément inspirée par les recherches chorales et orchestrales de son compositeur central. – Alain Brunet
PAN M 360 au temps des TOPS ! (3e partie – mai et juin)
par Rédaction PAN M 360
Voici venu le temps des Tops ! PAN M 360 conclut l’année 2020 par une liste de 100 albums choisis par nos contributeurs.trices. Régalez-vous !
Notre communauté de passionné.e.s vous propose une sélection de 100 albums ayant marqué 2020. Tous styles, toutes expressions, toutes générations artistiques, toutes parts du globe, tous recoins de notre culture locale confondus.
Sauf exceptions, tous les mélomanes raffolent des listes de fin d’année, c’est l’occasion d’un retour sur tous ces mois passés en bulle. Malgré le confinement de plus en plus exaspérant, néanmoins nécessaire, cette période de l’année demeure l’occasion de s’échanger ses meilleures trouvailles, en toute intimité ou virtuellement.
La production de ce TOP 100 de 2020 est aussi l’occasion de se rappeler que la plateforme PAN M 360 est devenue publique il y a exactement un an, soit lors de la parution de notre Top 360 albums de la décennie 2010-2019. Ce fut notre premier grand effort de production, pas mal du tout dans les circonstances ! Malgré les imperfections, ce fut pour PAN M 360 une gigantesque carte postale adressée à ses premiers usagers.
Fin février 2020, nous lancions la vraie production qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis. Fin 2020, nous sommes très fiers de nos réalisations malgré les énormes contraintes financières et physiques causées par la pandémie. Nous avons dépassé largement le millier de recensions d’albums, nous avons réalisé près de 150 interviews écrites ou audiovisuelles, trois clips tournés en plein confinement, des dizaines d’articles de fond sur l’écosystème musical et on en passe. Nous nous réjouissons d’avoir quadruplé notre circulation depuis le premier trimestre de notre mise en ligne. C’est encore modeste mais ça ne fait que commencer… Si vous êtes passionné.e de musique, joignez la communauté de PAN M 360.
Alors régalez-vous en ce temps propice, malgré tout, à l’écoute des meilleures musiques de partout. Joyeuses Fêtes ! – Alain Brunet
Pantayo – Pantayo
Pays : Canada Label : Telephone Explosion Genres et styles : asiatique du Sud-Est / électronique / R&B Date de sortie : 8 mai
Partout dans le monde, des artistes féminines d’origine asiatique ont pris la musique pop d’assaut pour remettre les choses en question et faire valoir de nouvelles priorités, vitales. Le « R&B gong punk lo-fi » contre-patriarcal de cette formation philippo-canadienne participe à ce mouvement et procure une expérience d’écoute signifiante et profondément enrichissante. – Rupert Bottenberg
Moses Sumney– Grae
Pays : États-Unis Label : Jagjaguwar Genres et styles : art-pop / électronique / future-soul Date de sortie : 15 mai
Un double album sorti à deux dates distinctes. Deux facettes de l’artiste qui à notre grande surprise se complètent très bien. Un ambitieux projet dont le premier album suffisait à lui seul à se retrouver dans le top des albums. Un disque très personnel, introspectif et émouvant. – Yohann Goyat
Freddie Gibbs & the Alchemist – Alfredo
Pays : États-Unis Label : ALC / Empire / ESGN Genres et styles : hip-hop Date de sortie : 29 mai
Seulement un an après sa collaboration avec Madlib et l’album Bandana, Freddie Gibbs revient avec un autre grand du genre : The Alchemist. Gibbs y revêt un nouvel apparat, plus brillant que jamais, tel un caméléon. La collaboration est aussi succulente que le plat de spaghetti proposé en couverture. – Yohann Goyat
Marianne Lambert– Mélodies passagères
Pays : Canada (Québec) Label : Fidelio Genres et styles : chant lyrique / classique moderne / romantique Date de sortie : 15 mai
Les mélodies que propose la soprano Marianne Lambert ne sont pas que de passage : elles flottent dans nos oreilles longtemps après avoir fait entendre leurs dernières notes. Pour son premier album solo, la jeune artiste lyrique, accompagnée par le jeu à la fois délicat et vif du pianiste Julien LeBlanc, entraîne l’auditeur dans un voyage musical évanescent où les mélismes exotiques de Léo Delibes, Enrique Granados et Maurice Delage côtoient les sonorités planantes et énigmatiques des mélodies de Samuel Barber. – Alexandre Villemaire
Cinthie – City Lights
Pays : Allemagne Label : Aus Music Genres et styles : électronique / house Date de sortie : 17 juillet
Cinthie n’y va pas par quatre chemins, autrement dit, pas de fioritures. Les onze pistes, de plus de cinq minutes, donnent le temps à l’auditeur.ice de s’imprégner d’une atmosphère festive et groovy. Le casque sur les oreilles, il suffit de fermer les yeux autant pour se croire au milieu de la piste de danse que perdu.e dans les lumières de la ville. – Elsa Fortant
Black Nail Cabaret– Gods Verging On Sanity
Pays : Hongrie Label : Dependent Records Genres et styles : pop-noir / darkwave / synthpop Date de sortie : 8 mai
Le duo hongrois nous a habitués à ses ballades pop-noir efficaces, à l’esthétique raffinée. L’agilité vocale et l’authenticité désarmante d’Emese Árvai-Illés trouvent ici une fois de plus son parfait complément dans l’électronique habilement façonnée par son acolyte Krisztián Árvai. Lucide et extravagant, Black Nail Cabaret met à nu les aléas de notre finitude. – Geneviève Gendreau
Charli XCX – how i’m feeling now
Pays : États-Unis / Royaume-Uni Label : Asylum / Warner Genres et styles : avant-pop Date de sortie : 15 mai
Si la plupart des artistes ont souffert de la pandémie, Charli XCX s’est distinguée – une fois de plus – en transformant le vent d’instabilité collective en flux créatif prodigieux. Cet album, sur lequel elle explore encore les abîmes de la pop, est en symbiose avec son époque et on ne peut plus actuel en ces temps dystopiques. – Félix Desjardins
Oozelles– Oozelles
Pays : États-Unis Label : Org Genres et styles : art-punk / avant-garde / no wave Date de sortie : 2 mai
Rarement un groupe a su canaliser avec autant de justesse des références que beaucoup trouvent cool d’ajouter comme qualificatifs mais que très peu parviennent à sublimer. Pensez Birthday Party, Can, Contortions, Honeymoon Killers, Flesh Eaters, les Stooges de Fun House et vous aurez une petite idée des sphères dans lesquelles ce sextet de Los Angeles gravite. Menée par la fascinante voix du chanteur Dante White Aliano, la bande balance un sulfureux mélange d’art-punk, de no wave, d’exotica patraque, de pop bizarre et de gloubi-boulga avant-gardiste auquel il est impossible de ne pas succomber. – Patrick Baillargeon
Sparks – A Steady Drip, Drip, Drip
Pays : États-Unis Label : BMG Genres et styles : art-rock / avant-pop / pop baroque Date de sortie : 15 mai
Après plus de 50 ans de carrière, les Sparks demeurent une de ces belles anomalies de la musique pop, toujours un peu excentriques et adroitement décalés. Composé de morceaux aux couleurs pop baroque, électro-pop, art-rock ou dans la lignée des Who des années 60, ce 24e effort offre un aperçu presque complet de ce que les frères Ron et Russell Mael ont fait de mieux depuis leurs débuts sur disque en 1972. – Patrick Baillargeon
Régina Demina– Hystérie !
Pays : France Label : Kwaidan Genres et styles : coldwave / électro-pop / électro-punk / gothique Date de sortie : 12 juin
La voix langoureuse de Régina Demina, entre susurrement et ahanement, nous obnubile dès le départ. Sous des dehors électro-bonbon à la Lio ou Mylène Farmer, les dix pièces que nous enfile Régina s’élèvent dans la stratosphère pop grâce à des qualités évidentes. Des chansons aussi efficaces pour la transe que pour la danse. – Luc Marchessault
Okkyung Lee – Yeo-Neun
Pays : France Label : Shelter Press Genres et styles : classique contemporain / jazz / improvisation libre / musique d’Asie de l’Est Date de sortie : 8 mai
Dix compositions interprétées par un quatuor harpe, violoncelle, contrebasse et piano où madame Lee favorise une forme de lyrisme totalement assumé. Comme elles s’inspirent parfois de ballades pop ou folkloriques de son enfance, on y retrouve de subtiles harmonies orientales, ce qui ajoute à leur charme. – Michel Rondeau
Run the Jewels– RTJ4
Pays : États-Unis Label : BMG / Jewel Runners / RBC Genres et styles : hip-hop Date de sortie : 3 juin
S’il faut choisir un seul album illustrant l’ambiance interraciale aux États-Unis en 2020 dans la foulée des abus policiers ayant déclenché à la fois tant d’hostilités et tant de réconciliations, le quatrième de Run the Jewels arrive en tête. Killer Mike et El-P nous explosent la conscience en nous balançant ces bombes de rap sur fond de quasi synth-punk en phase parfaite avec la tradition hip-hop. Virulent, acerbe, mordant, d’autant plus pertinent. – Alain Brunet
Haru Nemuri – Lovetheism
Pays : Japon Label : Specific Genres et styles : indie pop / J-pop / poésie / pop-punk Date de sortie : 12 juin
Dépassant largement le cadre habituel de la J-pop, la poétesse pop-punk de Yokohama Haru Nemuri subvertit le modèle de l’idoru, un artiste libre dont le travail possède une dimension prophétique. Son singulier style vocal et ses textes à la fois hypersensibles et profondément empathiques témoignent mieux que quiconque sans doute du malaise des jeunes face aux perspectives d’un monde meilleur. – Rupert Bottenberg
Neptunian Maximalism– Éons
Pays : Belgique Label : I Voidhanger Records Genres et styles : ambient / death-metal / doom metal / drone / free jazz / metal / metal progressif / psychédélique / stoner-rock Date de sortie : 26 juin
Rares sont les albums qui induisent des expériences quasi mystiques. Les chamans belges de Neptunian Maximalism, œuvrant dans le drone metal, le free jazz et la musique psychédélique, explorent rien de moins que l’évolution de la race humaine à travers cet album triple, où les cuivres illuminent les abysses. – Roxane Labonté
Bob Dylan – Rough And Rowdy Ways
Pays : États-Unis Label : Columbia Genres et styles : americana / blues / folk / gospel / rock Date de sortie : 19 juin
Livrée par cette voix inimitable de papier sablé à la mélasse, enluminée par le fidèle guitariste Charlie Sexton et ses chevronnés compagnons, la dernière fournée de poèmes de ce bon vieux Bob Zimmerman figure parmi ses plus luxuriantes comme en témoigne l’homérique Murder Most Foul. Du grand Dylan. – Steve Naud
Alva Noto– Xerrox 4
Pays : Allemagne Label : Noton Genres et styles : ambient / drone / électronique / expérimental Date de sortie : 19 juin
Avec ce quatrième volet de l’enthousiasmant projet Xerrox, Alva Noto reprend les choses exactement où il les avait laissées il y a cinq ans. Ces fresques électroniques sont de plus en plus dépouillées, apaisées. Comme le moindre détail de ce voyage intérieur a été travaillé avec soin, on y embarque idéalement avec un bon casque d’écoute. – Steve Naud
Subdued – Over The Hills And Far Away
Pays : Royaume-Uni Label : La Vida Es Un Mus Discos Genres et styles : anarcho-punk / hardcore Date de sortie : 5 juin
Le hardcore se réfère à lui-même depuis 40 ans, mais parfois, certaines formations réussissent à frapper dans le mille et à offrir une bouffée d’air frais. Malgré une inclination à piller le passé, notamment celui de l’anarcho-punk, Subdued est actuel, urgent et totalement efficace. – Francis Dugas
Céu– APKÁ!
Pays : Brésil Label : Six Degrees Genres et styles : brazilectro / indie pop / música popular brasileira / rock alternatif Date de sortie : 26 juin
Depuis 2006, la belle Brésilienne ne nous a jamais déçus. Sa chanson psychédélique ressemble plus à du dub ou du shoegaze qu’à de la bossa ou de la tropicalia, mais ce charme envoûtant des sonorités de São Paulo, on le déguste d’autant mieux qu’APKÀ, le titre de l’album, est un mot inventé par le dernier bambin de la chanteuse et qui signifie pour lui contentement ou extase. – Ralph Boncy
Richie Spice – Together We Stand
Pays : Jamaïque Label : VP Records / 5th Element Records Genres et styles : reggae Date de sortie : 12 juin
Enregistré en temps de pandémie dans plusieurs studios jamaïcains dont Tuff Gong, Spice y a fait du bon boulot avec les vétérans réalisateurs Clive Hunt et Steven Stanley et poursuit sa mission de définir le son roots-reggae de 2020 pour un public contemporain. – Richard Lafrance
Zoon ᓲᓐᑭᑌᐦᐁ᙮– Bleached Wavves
Pays : Canada Label : Paper Bag Genres et styles : psychédélique / shoegaze / Premières Nations Date de sortie : 19 juin
La vague de renaissance de la culture des Premières Nations à laquelle nous assistons représente bien plus qu’un retour aux traditions, elle permet de recréer ce sentiment sacré de communauté que les peuples autochtones avaient perdu depuis plusieurs générations. Témoignant ouvertement de sa réconciliation avec les enseignements traditionnels de ses ancêtres ojibwés, Daniel Monkman signe l’une des plus belles et innovantes compositions de shoegaze de l’année. – Louise Jaunet
PAN M 360 au temps des TOPS ! (2e partie – mars et avril)
par Rédaction PAN M 360
Voici venu le temps des Tops ! PAN M 360 conclut l’année 2020 par une liste de 100 albums choisis par nos contributeurs.trices. Régalez-vous !
Notre communauté de passionné.e.s vous propose une sélection de 100 albums ayant marqué 2020. Tous styles, toutes expressions, toutes générations artistiques, toutes parts du globe, tous recoins de notre culture locale confondus.
Sauf exceptions, tous les mélomanes raffolent des listes de fin d’année, c’est l’occasion d’un retour sur tous ces mois passés en bulle. Malgré le confinement de plus en plus exaspérant, néanmoins nécessaire, cette période de l’année demeure l’occasion de s’échanger ses meilleures trouvailles, en toute intimité ou virtuellement.
La production de ce TOP 100 de 2020 est aussi l’occasion de se rappeler que la plateforme PAN M 360 est devenue publique il y a exactement un an, soit lors de la parution de notre Top 360 albums de la décennie 2010-2019. Ce fut notre premier grand effort de production, pas mal du tout dans les circonstances ! Malgré les imperfections, ce fut pour PAN M 360 une gigantesque carte postale adressée à ses premiers usagers.
Fin février 2020, nous lancions la vraie production qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis. Fin 2020, nous sommes très fiers de nos réalisations malgré les énormes contraintes financières et physiques causées par la pandémie. Nous avons dépassé largement le millier de recensions d’albums, nous avons réalisé près de 150 interviews écrites ou audiovisuelles, trois clips tournés en plein confinement, des dizaines d’articles de fond sur l’écosystème musical et on en passe. Nous nous réjouissons d’avoir quadruplé notre circulation depuis le premier trimestre de notre mise en ligne. C’est encore modeste mais ça ne fait que commencer… Si vous êtes passionné.e de musique, joignez la communauté de PAN M 360.
Alors régalez-vous en ce temps propice, malgré tout, à l’écoute des meilleures musiques de partout. Joyeuses Fêtes ! – Alain Brunet
SouphL – CommérageS
Pays : Canada (Québec) Label : Indépendant Genres et styles : post-metal Date de sortie : 6 mars
Le collectif de Québec a pris du tonus avec cet album. Sur Commérages, Souphl ponctue encore ses chansons avec des salves métal, entre le death et l’industriel, mais accentue également ses penchants pour le post-rock et le rock expérimental. Une exploration des médisances et de leurs conséquences qui témoigne d’une profondeur qui dépasse largement le cadre des musiques dites lourdes. – Patrice Caron
Stian Westerhus – Redundance
Pays : Norvège Label : House of Mythology Genres et styles : art-rock / expérimental Date de sortie : 6 mars
Grâce à sa voix, surprenamment expressive et polymorphe, démultipliée, la musique du guitariste norvégien, de cérébrale est devenue touchante. Bouleversante même. Et puis il y a cette façon bien à lui de construire ses chansons, l’âpre le disputant au sublime, avec des fulgurances sonores qui font chavirer. – Michel Rondeau
Trees Speak – OHMS
Pays : États-Unis Label : Indépendant Genres et styles : krautrock / rock expérimental / rock psychédélique / space-rock Date de sortie : 6 mars
Un album instrumental rétro-cosmique – chaque pièce nous faisant soit reculer ou avancer dans le temps – composé d’une explosion de sons kaléidoscopiques, de synthés brillants et saturés. On imagine aisément plusieurs des pièces accompagnant les scènes d’une série culte policière ou de science-fiction. Même en détournant la tête – ce qu’on ne voudrait faire – il s’agit d’un album à la personnalité si exubérante qu’on ne peut simplement pas l’ignorer. – Isabelle Marceau
Nine Inch Nails – Ghosts V: Together
Pays : États-Unis Label : The Null Corporation Genres et styles : ambient Date de sortie : 26 mars
D’une beauté inouïe, Together est un album instrumental dont les titres nous mènent à l’épicentre des charges émotives provoquées par l’amour, la séparation et l’espoir. Reznor semble vouloir nous démontrer que la joie et la douleur proviennent de la même source, comme dans les pièces Together et Apart aux mélodies quasi-symétriques si ce n’est de l’émerveillement qui émane de l’une et la tristesse de l’autre. L’émotion est tendre ou tempétueuse mais palpable de pièce en pièce jusqu’à la toute dernière, où la musique semble se déchirer et s’autodétruire pour enfin s’éveiller à une vie nouvelle. – Isabelle Marceau
Lina Allemano’s Ohrenschmaus – Rats and Mice
Pays : Allemagne / Canada Label : Lumo Genres et styles : expérimental / free jazz / improvisation libre / jazz Date de sortie : 8 mars
Le travail de la trompettiste est superbement soutenu par le bassiste norvégien Dan Peter Sundland et le batteur allemand Michael Griener, deux improvisateurs chevronnés pour qui la compositrice a préparé des canevas inspirants. La palette sonore de chacun est variée à souhait et Allemano est particulièrement inspirée à ce chapitre. – Réjean Beaucage
Son Yeol Eum – Schumann
Pays : Corée du Sud Label : Onyx Classics Genres et styles : classique / romantique Date de sortie : 20 mars
La pianiste sud-coréenne Yeol Eum Son, bien connue pour son énergie et sa grande polyvalence, ne manque pas d’impressionner avec cet album entièrement dédié à Schumann. Ses interprétations de la Fantaisie en do majeur op. 17, et de Kreisleriana op. 16 sont marquées par un jeu brillant et des sonorités fortes en contraste et dynamisme. En guise de conclusion : l’Arabesque en do majeur op. 18. – Sarah-Ann Larouche
Víkingur Ólafsson – Debussy-Rameau
Pays : Islande Label : Deutsche Grammophon Genres et styles : baroque / classique / classique moderne Date de sortie : 27 mars
Dans ce troisième album sous étiquette Deutsche Grammophon, Ólafsson propose une sélection variée d’œuvres de Debussy et Rameau. Rapidement, les pièces des deux compositeurs français se succèdent et s’entremêlent, le tout dans la sonorité et l’atmosphère proche et intime que l’on associe maintenant à Ólafsson. Notez la touche d’humour en clôture de l’album : l’hommage à Rameau, extrait des Images de Debussy. – Sarah-Ann Larouche
Yves Tumor – Heaven to a Tortured Mind
Pays : États-Unis Label : Warp Genres et styles : krautrock / glam rock / R&B / funk Date de sortie : 3 avril
Croire que les musiciens afro-occidentaux se limitent au hip-hop, au R&B et au jazz est un leurre depuis plusieurs décennies. À l’instar de Prince et autres Blood Orange de ce monde, le visionnaire et très doué Yves Tumor nous le rappelle en toute éloquence avec ce bouillon fumant de glam rock et de krautrock, ingrédients aussi goûteux que ses références R&B et funk. Tout y est brillamment intégré, tout coule de… plusieurs sources. – Alain Brunet
Solmestre – Solmestre
Pays : Brésil Label : Indépendant Genres et styles : avant-folk / blues saharien / brésilien / drone / musique ancienne Date de sortie : 6 avril
Mariant blues saharien, folk brésilien et musique médiévale européenne, l’alchimique duo brésilien Solmestre a donné vie à l’une de ces fameuses totalités plus grandes que la somme de ses parties. Un univers prenant, envoûtant, intriguant, délicieux, unique et tout simplement inoubliable. – Rupert Bottenberg
Peter Evans – Being & Becoming
Pays : États-Unis Label : More Is More Genres et styles : jazz contemporain / jazz expérimental / improvisation libre / musique de chambre Date de sortie : 1er avril
Un album étonnant, déconcertant même, tant par la virtuosité que par l’originalité des compositions, lesquelles rompent avec tout ce qui est formule et lieux communs, et le caractère inouï des territoires qui y sont explorés. Evans y révèle la pleine mesure de son immense talent. – Michel Rondeau
Fiona Apple – Fetch The Bolt Cutters
Pays : États-Unis Label : Epic Genres et styles : avant-folk / bruitiste / chanson Date de sortie : 17 avril
Fiona Apple ne donne pas souvent de ses nouvelles, mais quand elle le fait, elle déballe tout ce qui se terre dans son âme hypersensible. Sur Fetch The Bolt Cutters, elle peut passer du chant aux vocalises les plus folles, noyer une mélodie finement ciselée dans un amas de bruits. Une œuvre aussi démesurée que sa géniale créatrice. – Steve Naud
yMusic – Ecstatic Science
Pays : États-Unis Label : Naxos / New Amsterdam Genres et styles : musique contemporaine Date de sortie : 25 avril
Un programme varié d’œuvres nouvelles qui montre bien que s’il n’y a pas de musique contemporaine à la radio, ce n’est pas parce qu’il n’y en a pas, et de la bonne. De la part d’un ensemble qui compte parmi ceux qui font vibrer la new music chez nos voisins du Sud. – Réjean Beaucage
Nightwish – Human. :II: Nature.
Pays : Finlande Label : Nuclear Blast Genres et styles : metal symphonique Date de sortie : 10 avril
Je suis la première surprise d’avoir autant aimé le neuvième disque du groupe finlandais. C’est sans doute parce qu’il s’agit d’un retour aux sources qui nous rasomène à l’époque d’Oceanborn (1998) et Wishmaster (2000). Le seul faux pas de l’album est la chanson Harvest qui donne l’impression d’être catapulté dans Le Roi lion. – Christine Fortier
Lido Pimienta– Miss Colombia
Pays : Canada / Colombie Label : Anti_ Genres et styles : afro-colombien / art-pop / champeta / cumbia / cumbia électro / électronique / latino / pop de chambre Date de sortie : 17 avril
L’heure a sonné pour Lido Pimienta de reprendre sa place sur le trône. Force de la nature et symbole de l’indépendance de la femme, elle a entièrement produit cet album. Une légitimité à porter de nouveau cette couronne qui lui a été ôtée bien trop tôt ! – Yohann Goyat
Oranssi Pazuzu – Mestarin Kynsi
Pays : Finlande Label : Nuclear Blast Genres et styles : black metal / psychédélique / space-rock Date de sortie : 17 avril
Black metal et psychédélisme font bon ménage et nous entraînent dans un état d’apesanteur tridimensionnel, souvent inconfortable et anxiogène. Un voyage qui nous emmène au fond des gouffres et dont on ressort ébahi. – Francis Dugas
Jean-Pierre Zanella– Rio Minas
Pays : Brésil / Canada (Québec) Label : Arte Boréal / Indépendant Genres et styles : brésilien / jazz Date de sortie : 3 avril
Rio Minas ? Rio est le lieu de naissance du grand Chico Buarque. Minas, c’est le diminutif qui désigne l’état du Minas Gerais, à l’intérieur des terres, où a grandi le fabuleux Milton Nascimento. C’est à ces deux icônes de la musique populaire du Brésil que le saxophoniste et flûtiste montréalais Jean-Pierre Zanella rend un vibrant hommage (c’est le cas de le dire, n’est-ce pas?) avec son solide quartette et des invités puissants dont Ron Di Lauro. – Ralph Boncy
Pays : États-Unis Label : Nude Club Genres et styles : drone / EBM / expérimental / darkwave / bande sonore Date de sortie : 10 avril
En collaborant avec le collectif Four Chambers, le d’habitude timide Augustus Muller du duo Boy Harsher nous dévoile sur ce premier album solo une nouvelle facette plus intime et ésotérique de sa personnalité. Avec ses drones de velours, l’atmosphère y est feutrée, sensuelle, mystique et sulfureuse, nous invitant à participer à une quête intérieure presque métaphysique. – Louise Jaunet
Orwell– Parcelle brillante
Pays : France Label : Hot Puma Genres et styles : électro-pop / pop de chambre Date de sortie : 24 avril
Orwell est une formation dirigée par le maître mélodiste Jérôme Didelot, digne héritier des Bacharach, Left Banke et autres instigateurs de la pop de chambre. Au programme sur Parcelle brillante, des pièces enrichies d’arrangements soignés, du rétrofuturisme et l’un des plus beaux exemples récents de pop pénétrée par la littérature. – Luc Marchessault
Laura Marling – Song for Our Daughter
Pays : Royaume-Uni Label : Partisan Genres et styles : folk / rock Date de sortie : 10 avril
La prolifique chanteuse britannique Laura Marling, dans la trentaine, a déjà publié sept albums. Le plus récent, Songs for Our Daughter, illustre une autre fois son talent certain. C’est une très belle et intime offrande, qui a une parenté évidente avec l’univers folk californien des années 1960 et 1970 : un jeu de guitare acoustique sobre, juste et mélodique qui accompagne une voix précise et douce. – Jean-François Cyr
LeeNalchi– Sugungga
Pays : Corée du Sud Label : Zanpar Inc. Genres et styles : asiatique du Nord-Est / new wave / post-punk Date de sortie : 29 mai
Totalement original et sacrément bien ficelé, ce premier album de LeeNalchi propose un brillant mélange de panori traditionnel coréen et de dance-punk créatif, avec des arrangements vocaux dynamiques et des mélodies hyper accrocheuses. Il n’y a pas que de la K-pop sur la scène sud-coréenne, ce disque – qui pourrait bien être le meilleur de l’année – en est la preuve éclatante. – Rupert Bottenberg
PAN M 360 au temps des TOPS ! (1ère partie – de janvier à mars)
par Rédaction PAN M 360
Voici venu le temps des Tops ! PAN M 360 conclut l’année 2020 par une liste de 100 albums choisis par nos contributeurs.trices. Régalez-vous !
Notre communauté de passionné.e.s vous propose une sélection de 100 albums ayant marqué 2020. Tous styles, toutes expressions, toutes générations artistiques, toutes parts du globe, tous recoins de notre culture locale confondus.
Sauf exceptions, tous les mélomanes raffolent des listes de fin d’année, c’est l’occasion d’un retour sur tous ces mois passés en bulle. Malgré le confinement de plus en plus exaspérant, néanmoins nécessaire, cette période de l’année demeure l’occasion de s’échanger ses meilleures trouvailles, en toute intimité ou virtuellement.
La production de ce TOP 100 de 2020 est aussi l’occasion de se rappeler que la plateforme PAN M 360 est devenue publique il y a exactement un an, soit lors de la parution de notre Top 360 albums de la décennie 2010-2019. Ce fut notre premier grand effort de production, pas mal du tout dans les circonstances ! Malgré les imperfections, ce fut pour PAN M 360 une gigantesque carte postale adressée à ses premiers usagers.
Fin février 2020, nous lancions la vraie production qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis. Fin 2020, nous sommes très fiers de nos réalisations malgré les énormes contraintes financières et physiques causées par la pandémie. Nous avons dépassé largement le millier de recensions d’albums, nous avons réalisé près de 150 interviews écrites ou audiovisuelles, trois clips tournés en plein confinement, des dizaines d’articles de fond sur l’écosystème musical et on en passe. Nous nous réjouissons d’avoir quadruplé notre circulation depuis le premier trimestre de notre mise en ligne. C’est encore modeste mais ça ne fait que commencer… Si vous êtes passionné.e de musique, joignez la communauté de PAN M 360.
Alors régalez-vous en ce temps propice, malgré tout, à l’écoute des meilleures musiques de partout. Joyeuses Fêtes ! – Alain Brunet
Philon Trio – Max Bruch : 8 pièces pour piano, clarinette et alto, op. 83
Pays : Allemagne / Canada / Portugal / Royaume-Uni Label : Analekta Genres et styles : classique Date de sortie : 24 janvier
Le répertoire de musique de chambre de Max Bruch (1838-1920), compositeur allemand connu principalement, et à regret, pour son Concerto pour violon no 1 profite du jeu du Philon Trio. Ce dernier livre avec grande sensibilité et lyrisme ces huit pièces pour piano alto et clarinette d’un style postromantique brahmsien à la fois contrastant, sentimental et passionné. – Alexandre Villemaire
Gregory Privat – Soley
Pays : France (Martinique) Label : Buddham Jazz Genres et styles : caribéen / jazz / jazz électro Date de sortie : 31 janvier
Jusqu’où ira Gregory Privat ? Nul ne peut le dire. Une chose est sûre : il va nous éblouir encore tant il nous épate. Surtout qu’il ne refait jamais la même chose. Le pianiste antillais y va au feeling et nous présente son nouveau trio dans lequel il chante au milieu des distorsions. Dans Làs, il explique pourquoi il a abandonné une carrière en génie pour la création musicale. Sincère et stupéfiant. – Ralph Boncy
Marie-Pierre Arthur – Des feux pour voir
Pays : Canada (Québec) Label : Bonsound Genres et styles : chanson / folk / pop / rock Date de sortie : 24 janvier
Avec Des feux pour voir, son quatrième album, Marie-Pierre Arthur a réalisé un fantasme : jouer de la musique pour vrai avec un vrai band. Entourée de Sam Joly, Nicolas Basque et son copain François Lafontaine, la chanteuse et bassiste a trouvé l’équilibre entre l’énergie mordante et un brin punk qu’elle recherchait (palpable sur la puissante Les nuages tombent) et sa fibre pop plus mélodieuse (Tiens-moi mon cœur, Dans tes rêves). Elle signe ici son plus grand album en carrière. – Olivier Boisvert-Magnen
Hatari – Neyslutrans
Pays : Islande Label : Svikamylla ehf. Genres et styles : électro / industriel / techno Date de sortie : 17 janvier
Neyslutrans est d’une efficacité technoïde redo utable, aux pièces modelées avec autant d’agressivité que de sensualité : fruit d’une improbable alliance, fonctionnant à merveille, entre érotisme, version BDSM, et martialité anti-capitaliste. Hatari se révèle, y compris dans les pièces collaboratives, dans toute sa polyvalence et sa singularité, pétri d’un sentiment d’urgence politique et érotique. – Geneviève Gendreau
Mac Miller – Circles
Pays : États-Unis Label : Warner Bros Records Genres et styles : hip-hop / folktronica Date de sortie : 17 janvier
Bouclant la boucle avec le dernier album paru du vivant de Mac, Swimming, cet album est l’un des meilleurs opus posthumes de hip-hop de tous les temps. Tout au long de Circles, Miller nous invite dans les recoins les plus sombres de son esprit, le tout sur des instrumentaux créatifs et enivrants. La voix cendrée et l’authenticité du natif de Pittsburgh font de cette œuvre l’une des plus lancinantes de son époque. – Félix Desjardins
Mon Doux Saigneur– Horizon
Pays : Canada (Québec) Label : Grosse Boîte Genres et styles : americana Date de sortie : 31 janvier
Après nous avoir habitué à des projets aux ambiances parfois sombres, le groupe québécois présente un album qui évoque le soleil des Prairies et le folklore western. Aucun hasard là puisque Mon Doux Saigneur est né lors d’un voyage dans l’Ouest canadien. La lassitude dans la voix d’Émerik St-Cyr, superposée à des mélodies simples mais efficaces, crée une atmosphère unique qui ferait une excellente bande sonore pour un road trip dans l’Alsama. – Félix Desjardins
Ted Poor – You Already Know
Pays : États-Unis Label : Impulse! Genres et styles : jazz / jazz contemporain Date de sortie : 28 février
You Already Know, tout premier album du batteur Ted Poor, est un des disques les plus singulièrement personnels de l’année jazz. Ses rythmiques répétitives – mais ô combien riches – et ses arrangements subtils fascinent dès la première écoute. Épaulé par Blake Mills, Andrew Bird et Andrew D’Angelo, Poor nous livre une œuvre nocturne au charme envoûtant. – Steve Naud
Sepultura– Quadra
Pays : Brésil Label : BMG / Nuclear Blast Genres et styles : metal / thrash-metal Date de sortie : 7 février
Après avoir lancé plusieurs albums plus qu’ordinaires – on pense à Dante XXI (2006), A-Lex (2009) et The Mediator Between Head and Hands Must Be the Heart (2013) – les Brésiliens se sont repris en 2017 avec Machine Messiah et montrent avec Quadra que ce n’était pas juste un coup de chance. Ils en ont encore dedans ! – Christine Fortier
O Linea – Tripolaire
Pays : Canada (Québec) Label : Slam Disques Genres et styles : rock Date de sortie : 14 février
Réaffirmation d’une direction prise avec l’album éponyme paru en 2016, cet EP voit le trio aller encore plus loin. Non seulement grâce aux compositions, avec leur solide base de punk-rock mélodique croisé au rock alternatif des années 90 et au folk-rock québécois, mais surtout grâce à la réalisation, qui sert encore mieux les chansons et les amène à un autre niveau. Mention spéciale à la pièce Éphémère. – Patrice Caron
Grimes– Miss Anthropocene
Pays : États-Unis Label : 4AD Genres et styles : pop / électro-pop Date de sortie : 21 février
De l’électro-pop à la fois pétillant et sombre, chanté avec une voix enfantine et boudeuse. Agréablement plus obscur que ses précédents albums, et l’on pourrait s’amuser à dire prémonitoire compte tenu des masques chirurgicaux présents dans la vidéo de la pièce Violence. Grimes s’invente un monde mythologique pour y aborder la question de l’extinction humaine à petite et grande échelle, nous offrant son meilleur album à ce jour. – Isabelle Marceau
Makaya McCraven & Gil Scott-Heron – We’re New Again – A Reimagining by Makaya McCraven
Pays : États-Unis Label : XL Recordings Genres et styles : future-soul / hip-hop instrumental / jazz / jazz contemporain / soul-jazz / soul / R&B Date de sortie : 7 février
L’album original produit par le grand Gil Scott-Heron était déjà de grand standing. Le revisiter relevait quasiment de l’impossible. Pourtant Makaya McCraven a réussi à le magnifier en distillant des sonorités jazz hip-hop à juste dose. Du très grand art ! – Yohann Goyat
Sightless Pit – Grave of a Dog
Pays : États-Unis Label : Thrill Jockey Genres et styles : expérimental / industriel / hardcore Date de sortie : 21 février
Issu de la rencontre au sommet de trois grands esprits des scènes hard américaines, Lee Buford, batteur de The Body, Kristin Hayter, alias Lingua Ignota, et Dylan Walker, chanteur de Full of Hell, Grave of a Dog est une splendide réussite. Des formes musicales diverses sont transcendées dans une même vision eschatologique, se dévoilant à nous dans ces pièces d’une grande inventivité stylistique et d’une puissance émotive indéniable. -Geneviève Gendreau
Against All Logic– 2017-2019
Pays : États-Unis Label : Other People Genres et styles : downtempo / électronique / house / IDM / techno Date de sortie : 7 février
Une house sombre de laquelle surgissent des attaques de distorsion, des percussions métalliques et des pointes d’industriel. Parfait pour faire la fête dans un réacteur nucléaire non décontaminé. – Francis Dugas
Cindy Lee – What’s Tonight To Eternity
Pays : Canada Label : W.25TH Genres et styles : lo-fi / pop expérimentale / noise-pop Date de sortie : 14 février
Sur ce quatrième album de Cindy Lee (l’ex-Women Pat Flegel), les dérives bruitistes sont davantage maîtrisées, l’ensemble mieux orchestré et le niveau de production nettement plus élevé. La sombre mélancolie de Flegel, son penchant pour le romantisme tragique de la pop Motown ou les productions sixties de Richard Gottehrer nous ramène un peu à l’univers de Badalamenti, d’Ela Orleans ou de Suicide. What’s Tonight To Eternity est une œuvre riche et touffue où le chaos s’imbrique à merveille dans la lumière. – Patrick Baillargeon
Pomme– Les Failles cachées
Pays : France Label : Universal Genres et styles : chanson française / folk Date de sortie : 14 février
2020 a été l’année de la consécration pour cette jeune artiste de 24 ans qui s’inscrit tout droit dans le courant de la grande chanson française. Voix chaleureuse et mélancolique, sens de la mélodie enveloppante, Claire Pommet chante la vie, l’amour, la maternité ou la mort dans une ambiance auréolée de lumière endimanchée. – Claude André
Jasper Høiby– Planet B
Pays : Danemark Label : Edition Genres et styles : jazz / jazz contemporain Date de sortie : 6 mars
Projet à vocation écologique du contrebassiste de Phronesis, Planet B allie la ferveur du jazz à la conscientisation. Des extraits de discours suscitant la réflexion ponctuent la musique du trio alors que le jeu dynamique de Høiby attise les éruptions passionnées du saxophoniste Josh Arcoleo et les polyrythmies imaginatives du batteur Marc Michel. Un coup de maître ! – Steve Naud
Orchestre symphonique de Laval, Alain Trudel, Jean-Philippe Sylvestre – Jacques Hétu : Concertos
Pays : Canada (Québec) Label : ATMA Classique Genres et styles : classique Date de sortie : 6 mars
En cette année qui marque le dixième anniversaire du décès du compositeur Jacques Hétu (1938-2010), l’Orchestre symphonique de Laval, sous la baguette d’Alain Trudel et accompagné par le pianiste Jean-Philippe Sylvestre, rend hommage à ce Trifluvien d’origine. Des paysages sonores évoquant la rivière Saint-Maurice aux claironnants sons de trombone de l’homme-orchestre Trudel, les œuvres de cet album font ressortir l’expressivité du langage sonore coloré et imagé de Jacques Hétu. – Alexandre Villemaire
Bantü Salsa– Kessaï
Pays : Cameroun / Canada (Québec) Label : Miss-Meuré Genres et styles : afro-cubain / afro-pop / jazz africain / salsa Date de sortie : 11 mars
La surprise dans le domaine des musiques du monde au Québec cette année, c’est bien Bantü Salsa ! Avec une section de cuivres et surtout une kora miraculeuse jouée par Djeli Mory Kontuara, cela donne une salsa mandingue qui revient chez elle en Afrique, complétant un circuit Bamako-San Juan-NY-Montréal. Bravo ! – Ralph Boncy
P’tit Belliveau – Greatest Hits Vol. 1
Pays : Canada Label : Bonsound Genres et styles : folk / country Date de sortie : 27 mars
D’abord connu sous le pseudonyme de Jonah Meltwave, son alter-ego hip-hop, P’tit Belliveau a gardé son groove originel et lui a donné une toute nouvelle saveur en la saupoudrant de guitare électrique, de rythmes disco et d’une bonne dose de banjo. En résulte Greatest Hits Vol. 1, un album libre, rafraîchissant, unique. – Olivier Boisvert-Magnen
Julien Dumont– Constance perdue
Pays : Canada (Québec) Label : Indépendant Genres et styles : new wave / post-punk / rock Date de sortie : 27 mars
Le musicophile perçoit des échos de Wire, de Malajube et d’Indochine sur Constance perdue, un opus melancholium de type new wave et post-punk, avec touches de musique planante rétro, créé par un jeune vétéran (Moussette et Bateau Noir). Vingt-huit minutes, c’est court, mais ça n’empêche pas Constance perdue d’être un fort substantiel album. – Luc Marchessault
Pour la touche de style essentielle qu’elles ajoutent à la musique, PAN M 360 salue les plus belles pochettes de l’année.
L’art des belles pochettes de disque n’est pas mort à l’arrivée du numérique, loin de là ! Surtout avec le retour en force du vinyle. Photo, collage, magie de l’ordinateur ou bons vieux dessins, tous les moyens sont bons pour ajouter cette touche, comme en témoigne nos choix des pochettes les plus remarquables de 2020.
Ko Shin Moon – Miniatures 1 EP (Indépendant)
Le premier des quatre EP de la série Miniatures du duo français Ko Shin Moon a récemment vu le jour et propose quatre voyages en Orient sur des tapis volants tissés de space disco aérien et d’électro-folk groovy. Ce volet est passablement arabisant, peut-être les suivants nous emmèneront-ils en Turquie, en Inde, ou même, qui sait, en Indonésie. À propos, la pochette, gracieusement étrange, qu’on retrouve sous une forme plus élaborée dans la somptueuse vidéo du premier simple, Antelias, est l’œuvre de la célèbre Ardneks de Jakarta – voir notre profil de l’artiste ici.– Rupert Bottenberg
Double Date with Death – L’Au-Delà (Howlin Banana/Sexy Sloth/Resurrection)
Le choix du groupe montréalais d’avoir recours à l’artiste belge Elzo Durt pour illustrer son album fut judicieux. Dès la parution du premier simple, notre curiosité était piquée et la suite a été à la hauteur. On reconnaît le style de Durt, sa technique, mais le sujet est différent de ceux qu’on lui connaît et donne à cette œuvre une aura particulière. Et que dire de ses déclinaisons ! Une pochette qui donne autant le goût de découvrir Elzo Durt que Double Date with Death. – Patrice Caron
The Gaslamp Killer – Heart Math (Cuss)
Soutenu par des groupes comme The Heliocentrics et l’omniprésent Miguel Atwood-Ferguson, l’Angelino Gaslamp Killer – héritier présomptif de DJ Shadow – a lancé cette année un troisième album de downtempo à fort penchant instrumental à la puissance redoutable. L’illustration ésotérique de TANT, l’un des quatre membres de la formidable bande de street-art israélienne Broken Fingaz, ajoute à l’ambiance curieuse et inquiétante du disque par son symbolisme sorcier. – Rupert Bottenberg
Arca – KiCk i (XL Recordings)
La pochette de KiCk i de Arca, alias Alejandra Ghersi, se veut une saisissante extrapolation queero-futuriste de l’humanité sur la voie du transhumanisme. Non seulement l’artiste électronique illustre-t-elle sa propre transformation du masculin au féminin mais encore évoque-t-elle artistiquement les mutations à venir en s’affublant de prothèses stylisées assorties de griffes en acier inoxydable et d’échasses. On ne ressemblera probablement pas à ça au siècle prochain mais… il y a fort à parier que nous ne serons plus exclusivement constitués de matière organique. – Alain Brunet
Denzel Curry & Kenny Beats – UNLOCKED EP (Loma Vista)
Les images que crée l’artiste Chris M. Wilson s’inspirent autant de l’univers des bandes dessinées que des esthétiques hip-hop et punk hardcore. Pour la pochette du mini-album UNLOCKED de Denzel Curry et Kenny Beats, il a imaginé un monde post-apocalyptique qui correspond à merveille à la musique explosive concoctée par le duo. Dans une ville défigurée par une détonation, le DJ cyborg échafaude un plan sur son portable, tandis que le MC mutant brandit une poignée d’énergie fluorescente, pour délivrer des coups de poing radioactifs à quiconque tente de lui barrer la route. – Steve Naud
Lorsque nous dormons, méditons ou écoutons le dernier album hypnotisant du groupe Inventions, nous produisons différents types d’ondes cérébrales invisibles à l’œil nu. La pochette illustre ce propos avec un dessin tiré du livre The Principles of Light and Colors, un trésor occulte de pseudoscience écrit par Edwin D. Babbitt et tombé dans l’oubli depuis sa parution en 1878. – Louise Jaunet
Thesis Sahib – Spinch (Original Game Soundtrack) (Materia Collective)
La dernière fournée de pièces de chiptune de qualité supérieure et de dream-pop électronique enjouée mais substantielle de Thesis Sahib constitue un excellent accompagnement au jeu vidéo indépendant, conçu au Canada, Spinch. Celui-ci donne vie à un « écosystème » imaginé par Jesse Jacobs, graphiste et créateur de bandes dessinées primé de Hamilton, Ontario, et l’illustration totémique de la pochette de la bande son est un parfait exemple de son style, avec ses spaghettis fluos flottant dans l’espace. – Rupert Bottenberg
Idris Ackamoor & Pyramids – Shaman! (Strut)
Au premier coup d’œil, on pourrait croire que la pochette de l’épatante excursion free jazz du saxophoniste franciscanais Idris Ackamoor est l’œuvre du grand et regretté Mati Klarwein, dont les exquises peintures ornent les pochettes de nombreux classiques de Miles Davis, Santana, The Last Poets et bien d’autres. Non, il s’agit en fait de l’œuvre du peintre et muraliste japonais Tokio Aoyama, dont les toiles visionnaires vibrent d’un amour pour la musique afro-américaine (vous souvenez-vous du magnifique Umsindo de Georgia Anne Muldrow ?). – Rupert Bottenberg
Drew McDowall – Agalma (Dais)
Fidèle à son habitude de s’entourer de talents, le chevronné Drew McDowall a ici fait appel à l’artiste américaine multimédia Caroline Schub, dont l’œuvre compose la pochette. Fascinante à elle seule, celle-ci figure de brillante façon la dichotomie entre élévation et profondeurs traversant l’album. – Geneviève Gendreau
Artistes variés – Guide to the Birdsong of Mexico, Central America & the Caribbean (Shika Shika)
La deuxième compilation de ce type supervisée par Robin Perkins, alias El Búho, de Shika Shika (la première, en 2015, portait sur les espèces d’oiseaux menacées d’Amérique du Sud), est une grande réussite. Elle présente, pour une bonne cause, un tout homogène avec d’excellents morceaux et, pour le relier le tout, une superbe et audacieuse œuvre du designer Scott Partridge. Retrouvez son univers visuel dans la vidéo de Black Catbird du Garifuna Collective, le meilleur morceau du lot. – Rupert Bottenberg
Dany Placard – J’connais rien à l’astronomie (Simone)
Artiste qui compte plusieurs couvertures d’album dans son portfolio, Sarah Marcotte-Boislard collabore pour la deuxième fois avec Dany Placard (elle avait réalisé la couverture de Démon Vert de 2012). Elle a su parfaitement illustrer le penchant psychédélique de cette proposition de Placard, avec une utilisation des couleurs au final quasi hypnotique. Dans le mille. – Patrice Caron
Dengue Dengue Dengue – Fiebre (NAAFI)
Comme la musique du duo péruvien installé à Berlin, le fascinant visuel de la pochette de Fiebre évoque quelque chose d’à la fois abstrait et algorithmique, tout en étant résolument organique. Il s’agit en fait d’un détail d’une sculpture de la série Termite Economies de l’artiste australien Nicholas Magnan qui établit des liens entre écologie, technologie et société humaine. – Rupert Bottenberg
The Vacant Lots – Interzone (Fuzz Club)
Pour son troisième album, l’excellent duo synthpunk new-yorkais The Vacant Lots a de nouveau fait appel à l’artiste Ivan Liechti, qui crée des pochettes d’op art minimalistes avec une distorsion visuelle maximale. Attention de ne pas la fixer trop longtemps, il se pourrait que vous tombiez dans une zone hallucinogène sans retour possible… – Louise Jaunet
Jonquera – DARKOS LP (Bamboo Shows)
Par le biais d’une approche dark ambient improbable mais efficace, aux rythmes appuyés, le producteur lyonnais Jonquera s’intéresse à un conte moral iconoclaste du Moyen Age sur son nouvel album DARKOS LP. Le tout est rendu par l’illustration de style gravure sur bois de l’artiste toulousaine Alison Flora – laquelle enquête sur des énigmes ésotériques, des mystères anciens et des tabous brisés… – qu’elle a peinte de son propre sang. Admirablement sombre, n’est-ce pas ? – Rupert Bottenberg
Papi Chulo – Ritmo de lo Habitual (Indépendent)
L’artiste serbe Mihailo Kalabić crée des organismes cybernétiques très inventifs dans un style quasi-soviétique inquiétant. Pour la pochette de son deuxième album de futurisme tropical à la fois sombre et flamboyant, le Montréalais Mariano « Papi Chulo » Franco a raconté un de ses trips de champignon magique particulièrement révélateur à Kalabic, qui en a donné une illustration s’en rapprochant, semble-t-il, de façon étonnante. – Rupert Bottenberg
Erik Hall – Music For 18 Musicians (Steve Reich) (Indépendent)
La minutieuse reconstitution par Erik Hall en solo du magistral chef-d’œuvre du minimalisme américain de 1978 de Steve Reich méritait une pochette à l’avenant. L’interprétation qu’en fait Aaron Lowell Denton lui rend justice. Elle s’écarte légèrement du style habituel de l’artiste du Midwest (voir aussi sa pochette pour le mini-album Texas Sun de Khruangbin et Leon Bridges), mais comme toujours, elle est exécutée de façon simple et soignée. – Rupert Bottenberg
The Gruesomes – Someone Told a Lie / Make Up Your Mind (KOTJ)
Les Gruesomes, les « tyrans du teen trash » de Montréal, règnent sur la scène mondiale du garage-rock depuis les années 80. Heureusement, ils n’ont pas montré de signes significatifs de maturité au cours des décennies et ont fêté leurs 35 ans avec un 45 tours. Mieux encore, celui-ci était accompagné en prime d’une bande dessinée racontant en espagnol deux histoires sinistres dans lesquelles le groupe se retrouve empêtré. Le tout dans un style d’horreur rétro impeccable, bien sûr, grâce aux bons soins des artistes espagnols Furillo et Jorge Rueda, tandem derrière l’imprimerie Palmeras Y Puros. – Rupert Bottenberg
Uniform – «Awakening» (Sacred Bones)
« I have no use for God. God has no use for me. When there’s nothing to lose, then you’re finally free. » Album après album, le chanteur Michael Berdan semble toujours à la recherche d’une révélation salutaire, voire d’une rédemption christique, illustrée sur ce simple par un montage réalisé à partir d’une photo morbide et poétique datant de l’ère victorienne. – Louise Jaunet
Artistes variés – Fairytale of Megabiodiversity (La Munia)
Important producteur de musiques indonésiennes, anciennes et nouvelles, le label jakartais La Munai a assemblé cette intrigante compilation de pop psychédélique actuelle et de rock de toutes sortes venant de l’archipel du sud-est asiatique. La designer Satria Nurzaman a opté pour une palette de couleurs intenses et une touche d’op art pour ce foisonnant collage numérique de flore, de faune et de trucs bizarres qui accompagne parfaitement la musique imaginative du disque. – Rupert Bottenberg
Vinyl Williams – Azure(Requiem Pour Un Twister)
Au moyen d’un collage de 25 œuvres différentes, Lionel Williams nous plonge dans son univers visuel transcendantal, céleste et paradisiaque qui prend vie dans une installation numérique immersive, disponible sur son site officiel. L’artiste nous invite à fouiller les différents paysages pour suivre un mystérieux symbole spiralé qui nous fait voyager d’un tableau virtuel 3D à un autre. – Louise Jaunet