Jok’Air, le miel à l’état pur

Entrevue réalisée par Jacob Langlois-Pelletier
Genres et styles : hip-hop

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Aux Francos, le rappeur français Jok’Air a enflammé le Club Soda, vendredi soir. Quelques minutes avant sa montée sur scène, Pan M 360 a discuté avec la vedette parisienne de son passage à Montréal et de son dernier album Melvin de Paris.

Né dans le 19e arrondissement de Paris, Melvin Félix Aka alias Jok’Air est loin d’être une recrue dans le monde du rap. Pour la petite histoire, le rappeur a évolué pendant plusieurs années au sein du collectif MZ aux côtés de Hache-P, Dehmo et Loka. En 2017, il se lance en solo et dévoile son identité artistique avec son premier projet Big Daddy Jok. La musique de Jok’Air est mélodique, mielleuse et incorpore certains éléments r&b à une base rap. Mais détrompez-vous, l’éternel romantique brille par sa polyvalence et est aussi capable d’offrir des morceaux percutants.

En mai dernier, l’artiste de 31 ans a fait paraître Melvin de Paris, le projet le plus cohérent et abouti de sa carrière. Composé de 18 titres, cet album bénéficie des contributions d’autres artistes comme Damso, Laylow, So La Lune, Soprano et autres. L’un des meilleurs morceaux de cet opus, Tu m’as eu avec Linema, rend hommage au succès You got me du mythique groupe de hip-hop The Roots et d’Erykah Badu.

crédit photo : Frédérique Ménard-Aubin

PAN M 360 : Tout d’abord, bienvenue à Montréal. Depuis combien de temps êtes-vous en ville?

JOK’AIR : Ça fait près d’une semaine que je suis arrivé en ville. J’ai des amis qui habitent  Montréal. Ils me font visiter la ville à chaque fois que je viens. 

PAN M 360 : Que connaissez-vous de la scène rap québécoise?

JOK’AIR : Je connais un peu le rap au Québec. Je connais surtout les beatmakers de Montréal. J’ai eu la chance d’aller voir le spectacle de Loud et de le rencontrer au Festival. Je connais aussi Enima, Lost. Je viens relativement souvent au Québec. 

PAN M 360 : Comment décririez-vous votre musique?

JOK’AIR : C’est du Jok’Air, tout simplement. Ça ne cadre pas nécessairement dans un style musical particulier. C’est différent de tout ce qui est fait en ce moment sur la scène du rap français. 

PAN M 360 : En mai dernier, vous avez fait paraître Melvin de Paris. Parlez-moi de la création de ce projet. 

JOK’AIR : C’est l’album sur lequel j’ai travaillé le plus longtemps de ma carrière. En général, je sors un ou deux projets par an, et là j’ai pris une absence d’un an pour bien fignoler l’album. C’était vraiment un travail en profondeur sur chacun des morceaux. D’ailleurs, j’ai enregistré plusieurs morceaux de Melvin de Paris à Montréal. Pour les gens qui veulent me découvrir, c’est assurément l’album parfait pour le faire.

PAN M 360 : Si l’on regarde votre carrière, on constate que votre rythme de création est époustouflant. Quelle est la clé de votre éthique de travail?

JOK’AIR : C’est sans aucun doute d’être passionné. La passion te pousse à toujours en donner plus. Ça fait que tu veux toujours donner le meilleur. Ça te permet de progresser chaque jour. Sans ça, je n’aurais jamais été capable d’y arriver et de maintenir ce rythme. 

PAN M 360 : On y retrouve le titre Quoi de neuf bébé, une collaboration avec le rappeur belge Damso. Comment ce morceau est-il né?

JOK’AIR : Un jour, j’étais au studio avec Damso à Bruxelles et on écoutait des morceaux que j’avais enregistrés. Dès que Quoi de neuf bébé a joué, il l’a écouté plusieurs fois et il a vraiment eu une fixation sur ce morceau. C’est lui qui a décidé d’ajouter son couplet à la chanson et j’étais très flatté qu’il aime autant ce titre. C’est une fierté d’avoir un artiste de cette renommée sur mon projet. C’est fou de pouvoir partager un de ces morceaux avec une personne aussi talentueuse. C’est vraiment un honneur qu’il soit sur mon projet.

PAN M 360 : Parlons maintenant d’un projet qui vous tient à cœur, votre bande dessinée et sa distribution dans de nombreux établissements scolaires de France. Quel est le but de ce projet?

JOK’AIR : C’est un projet collaboratif qu’on a depuis deux ans avec l’association La Mélodie des Quartiers pour lutter contre l’illettrisme et inviter les jeunes à lire. C’est assez simple, le but est de distribuer des bandes dessinées que j’ai faites dans des écoles situées dans des quartiers défavorisés de France. C’est un projet que je voulais faire depuis longtemps, j’ai toujours voulu faire une bande dessinée à la Titeuf. Alors on a créé un livre intitulé Melvin de Paris, comme mon dernier album. C’est une super chouette aventure humaine, on donne le sourire aux enfants et c’est super. 

PAN M 360 : Clairement, les bandes dessinées ont été très importantes lors de votre enfance. Avez-vous d’autres projets de ce genre en vue?

JOK’AIR : Carrément, ça m’a énormément marqué quand j’étais plus jeune. D’ailleurs, j’ai un tatouage de Titeuf sur mon bras gauche. Ça montre à quel point c’est ancré en moi. C’est certain que j’aimerais exploiter cette avenue davantage, soit en faisant une autre bande dessinée ou même un dessin animé. Pour l’instant rien n’est prévu, mais c’est certain que j’aimerais ça.  

PAN M 360 : Avec dix ans de carrière dans un collectif et sept ans en solo derrière la cravate, vous faites assurément partie des têtes d’affiche du rap français. Quelle est la prochaine étape pour Jok’Air? 

JOK’AIR : C’est simple, c’est de faire encore mieux. C’est impossible d’atteindre le sommet et c’est toujours possible de se surpasser. Pour le moment, je fais la tournée des festivals et plusieurs spectacles en Europe. Ensuite, je serai de retour en studio pour me surpasser et offrir encore mieux à mon public. 

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