Le vendredi 6 novembre au Quai des Brumes, se sont produites les guerrières de Crachat et les détonateurs de Bombe, poursuivant ainsi une série de spectacles ahurissants dans ce bar mythique, dans le cadre de Coup de cœur francophone.
Crachat monte sur scène en premier. Un trio féminin aux influences garage rock, punk et rockabilly, qui sait faire du super bruit avec deux guitares et une batterie. À l’occasion, les musiciennes troquent l’un de leurs instruments pour une basse sur certains morceaux. Basse ou pas basse, les vibrations se font ressentir jusque dans les entrailles de la foule !
Armé de textes engagés abordant la condition des femmes, l’individu et la société, le groupe n’a peur ni de la critique ni de la confrontation. C’est une véritable décharge de notes et de paroles, un mur de son qui vient secouer chaque personne présente. Du début à la fin de la performance, Justine, Lyz et Maloue échangent sourires et petits clins d’œil, visiblement ravies de constater la réaction électrique du public. On sent également le plaisir qu’elles éprouvent à pouvoir défendre leurs chansons revendicatrices sur scène, un luxe dont tout le monde ne peut malheureusement pas profiter à travers le monde.
Mes coups de cœur de la soirée furent IATSE, Pas de compromis et Fais-moi la violence, trois morceaux disponibles sur leur album intitulé Fille Poupée, que l’on peut retrouver sur toutes les plateformes d’écoute.

Pour clore la soirée, Bombe. Une musique qui trempe les orteils dans le post-punk et l’industriel, avec des sonorités rappelant Joy Division, tout en flirtant avec une forme subtile de pop dansante. Avant même la sortie de leur premier EP, Un en août, le groupe a rapidement attiré l’attention de nombreux mélomanes au Québec, notamment grâce à son énergie sur scène.
L’un des moments surprenants de la soirée fut leur reprise de Tony Hawk de Dead Obies, un vieux classique qui a su rallier la foule et faire grimper l’énergie d’un cran supplémentaire. Sur scène, le quatuor est tight. Chaque chanson devient une occasion de nous amadouer par son talent et cette folie singulière qui reste dans le subconscient bien longtemps après la performance.
Leur dynamique scénique est envoûtante. Leurs chansons, moins revendicatrices que celles de Crachat, possèdent une touche pop irrésistible qui donne envie de danser jusqu’aux petites heures du matin. Et c’est exactement ce que la foule a fait, hier soir, jusqu’à la toute dernière note.
Autant dire que la soirée fut, encore une fois, un franc succès. La foule était en feu, les groupes se sont surpassés et le festival Coup de cœur francophone peut fièrement ajouter une autre soirée mémorable à sa programmation. Au Quai des Brumes, la musique a fait son travail : rassembler les gens, faire du bruit et, le temps d’une soirée, nous faire oublier le reste.
Photos: Victoria Hoerth























