Francisca Valenzuela a grandi en Californie, à San Francisco, de parents Chiliens. Adolescente, elle est retournée au Chili, où elle a entamé sa carrière de musicienne. Puis, elle a vécu à Los Angeles et à Mexico, avant de rentrer au Chili.
Bref, une femme qui synthétise les cultures américaines et latines.
Maldita (La Maudite) est le septième album d’une carrière variée et prolifique, qui a commencé en 2007 avec Muérdete La Lingua (Mords-toi la langue). Ce premier opus s’inscrivait dans un rock alternatif plutôt brut; par la suite, le son de ses disques a beaucoup évolué, jonglant avec différents styles de pop, parfois commerciaux, parfois plus recherchés. Francisca Valenzuela a une formation musicale classique et se définit comme « trop perfectionniste », jusqu’au point d’éprouver des problèmes de santé mentale.
Elle parle de cette réalité dans la chanson SOS, dans laquelle elle envie les étoiles latinas Shakira et Rosalia.
Par ailleurs, ce perfectionnisme la sert bien. La dame arrive à produire une musique aux tonalités commerciales, mais avec des arrangements subtils et des textes qui dépassent la banalité. Celle qui a étudié en journalisme et a publié de la poésie s’est aussi engagée dans plusieurs causes sociales au Chili.
Maldita est une mini-bombe musicale, qui tourne autour de la naissance du premier enfant de Francisca Valenzuela. Douze chansons explosives, pour 31 minutes, donc des micro-chansons. Pourtant, on ressent l’impression que cet album est plus long, tellement les chansons changent parfois de rythme, passent de la violence à la douceur.
N’étant pas une femme, je ne me sens pas autorisé à traduire toutes les émotions que ses chansons font ressentir. Mais disons simplement que nous passons à travers une année de maternité, qui commence dans le désarroi et se termine dans une espèce de paix et de bonheur, lentement apprivoisé.
Musicalement, nous avons droit à du alt-rock, dans lequel le piano et un ensemble de cordes occupent beaucoup de place, en plus d’effets électros. Tout ce mélange singulier fonctionne très bien. Pas besoin de comprendre l’espagnol pour l’apprécier. Et danser !
Maldita est un autre exemple de cette créativité latino-américaine. Ce territoire élabore une musique populaire qui s’affirme de façon toujours plus originale dans sa langue, en défiant les conventions et en mélangeant les styles.
Espérons que cette créativité survive à la montée de l’extrême droite, très préoccupante en cette époque.






















