classique occidental / Europe de l'Est / klezmer

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

par Alexandre Villemaire

Depuis plusieurs années, le groupe Oktopus figure comme l’un des ensembles les plus importants de la scène canadienne des musiques métissées, ayant à son actif plus de 350 prestations au pays et à l’international. Ils étaient de retour à la Fête de la musique de Tremblant, eux qui font une apparition dans la programmation de manière sporadique depuis 2010.

L’octuor, avec à sa tête le clarinettiste Gabriel Paquin-Buki, qui signe les arrangements et certaines compositions, a mis de l’avant dans ce concert l’univers de leur plus récent disque Brahms, Balkans et Bagels, que le collègue Fred Cardin a recensé. Puisant dans le répertoire autant classique que folklorique de l’Europe de l’Est et de ses populations, Oktopus vient rendre hommage à la musique klezmer à sa vivacité. Même dans les moments musicaux les plus calmes ou introspectifs, la fanfare n’était jamais vraiment loin. On pense notamment à cette savante pièce Mahler Goes Meshuge qui reprend le matériel que le compositeur né en Bohème a utilisé dans sa Symphonie no 1 pour l’augmenter et le texturer avec leur effectif instrumental. Il y a de la batterie, des trombones, assuré par Simon Jolicoeur et Mathieu Bourget, le violon assuré par Zoé Dumais, la trompette de Francis Pigeon et le piano de Chantal Morin.

Dans la relecture des grands classiques, il y avait aussi la « vraie » version de la Danse hongroise no 3 de Brahms, bien énergique et encore plus dansante ainsi que deux compositions orignal de Paquin-Buki composé autour de toiles de Marc Chagall. Le Juif errant qui arborait des sonorités à la Erik Satie, notamment dans son balancement mélodique au piano avec son caractère mélancolique que la ligne de violon et la clarinette viennent complémenter. La chute l’Ange était quant à elle plus stravinskienne dans son esthétique avec des rythmes affirmés.

Oscillant entre métissage de musique classique et balkanique et mélodies traditionnelles, Oktopus a offert une performance enlevante et festive à l’image de ses identités multiples.

crédits photo : André Chevrier

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