Même si je sais qu’elle est présente et très populaire au Québec depuis plusieurs années, c’est lors du FME de 2022 que j’ai découvert pour la première fois cette sensation de l’art-pop francophone qu’est Lou-Adriane Cassidy. Son concert sur la scène principale a donc été pour moi une sorte de retour aux sources.
Depuis son concert au FME de 2022, Lou-Adriane Cassidy a sorti trois albums, dont les plus récents sont Triste Animal et Journal d’un Loup-Garou, et elle est passée du statut de rockeuse indie jouant parfois de la guitare (comme lors de son concert au FME 2022) à celui de leader charismatique d’un formidable groupe de disco-funk.
Son interprétation de « Jamais tout à fait » était envoûtante : sa voix s’est ralentie jusqu’à devenir un murmure, dans un style jazz et adult contemporary, avant de donner le signal à son groupe de lancer la ligne de synthé aux accents italo-disco. Elle a également transformé tout le public en chœurs pendant « Valse frustrée » — des milliers de voix englouties dans l’air nocturne de l’Abitibi.
Je préfère le rythme plus improvisé de Triste Animal, le groupe de Lou-Adriane Cassidy, surtout en concert : c’est comme regarder quelqu’un passer d’une séance de spiritisme à une veillée autour d’un feu de joie. Sa voix maîtrisait les deux registres sans effort, descendant vers un grognement presque rauque à un moment, puis flottant vers des hauteurs angéliques et s’accrochant à l’air nocturne l’instant d’après.























