Debit, nom de scène de l’artiste mexicaine Delia Beatriz, installée à New York, s’est produite sur la scène principale du SAT pour présenter en première canadienne son spectacle audiovisuel ambient Desaceleradas, en ouverture de la première soirée de la série Nocturne du festival. La prestation, empreinte d’une dimension conceptuelle avant-gardiste très marquée, superposait des performances d’accordéon en direct, des magnétophones et de la synthèse modulaire afin de recréer les harmonies de son album éponyme, salué par la critique.
En prolongeant les notes d’accordéon jouées en direct tandis que des images granuleuses d’archives défilent à l’écran, elle a lentement fait monter la tension, ajoutant progressivement des aigus denses et texturés qui résonnaient dans toute la salle. Le public se balançait doucement, émerveillé et captivé, tandis qu’elle alternait entre les harmonies de l’accordéon et la table de mixage, dominant la foule alors que sa silhouette était encadrée par un jeu de lumières technicolor.
Le set est passé de sommets mélodiques et oniriques à des profondeurs mystérieuses. Après avoir posé son accordéon, elle s’est enfoncée davantage dans l’atmosphère onirique de la performance, dans cette salle sombre et bondée, avant de replonger le public dans un paysage sonore plus sombre, fait d’échantillons vocaux étranges et éthérés superposés à des basses rugueuses et stridentes qui faisaient remonter la tension.
Reprenant son accordéon diatonique, elle a superposé des harmonies étirées à des boucles de cumbia déformées et transposées vers le grave, puisant dans ses racines musicales de Monterrey et rendant hommage à la culture de la danse de rue colombienne, tandis que des images VHS numérisées et granuleuses clignotaient derrière la scène, avant que le morceau ne s’évanouisse lentement dans son passage final solennel, suscitant une chaleureuse salve d’applaudissements de la part du public.
Photo: Nina Gibelin Souchon























