renseignements supplémentaires
Le 28 juillet, la célèbre pianiste italienne Saskia Giorgini jouera en l’église de Sainte-Mélanie dans le cadre du Festival de Lanaudière. Très active également dans les enregistrements et comme pédagogue, elle est l’une des jeunes interprètes les plus recherchées sur la scène internationale. PAN M 360 l’a contactée pour parler du concert et de ses projets.
PAN M 360 : Saskia, est-ce votre première fois au Canada ? Que pensez-vous de jouer au Festival de Lanaudière, l’un des festivals les plus importants du pays ?
SG : Pour moi, c’est la deuxième fois au Canada ! La première date d’il y a quelque temps, à 19 ans, quand j’ai donné un concert avec l’ancien orchestre de la CBC à Vancouver. Quant au Festival de Lanaudière, c’est une réalité très appréciée de tous les collègues qui ont eu l’opportunité d’y jouer. Pour ma part, je suis donc très heureuse et fière de pouvoir participer, et je profite de cette occasion pour remercier l’organisation pour cette invitation très appréciée.
PAN M 360 : Le programme inclut Liszt et Debussy, deux compositeurs qui ont apporté une grande innovation au monde du piano, notamment en termes de timbre et d’atmosphère. Pouvez-vous nous en dire plus sur la relation que vous pensez exister entre ces deux compositeurs ?
SG : Ce programme découle du répertoire que j’ai abordé spécifiquement pendant ces dernières années et qui a également fait l’objet d’une série de projets d’enregistrement. Cela dit, je trouve qu’il y a plutôt un contraste entre les deux compositeurs. Debussy compose une musique caractérisée par d’innombrables couches sonores, dans lesquelles les couleurs prédominent, ce qui exige une précision énorme dans l’étude. Liszt, en revanche, compose une musique beaucoup plus expressive romantiquement, d’une certaine manière un type d’expressivité directe, où il peut y avoir un certain espace pour l’instinct.
PAN M 360 : Dans le programme qui sera interprété, des pièces importantes du répertoire pianistique seront accompagnées d’une pièce peu jouée comme la Tarantelle Styrienne de Debussy. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce choix ?
SG : J’ai toujours été très intéressée à proposer des programmes dans lesquels je peux combiner des œuvres standards avec des œuvres moins connues, et cela pour le plaisir à la fois pour moi-même et pour le public. Je dois dire que cette pièce de Debussy, qui m’est très agréable à jouer, représente un moment de détente et de légèreté au sein d’un programme qui offre une certaine densité musicale et technique, incluant le Mephisto Walzer de Liszt et L’Isle Joyeuse de Debussy, deux références à la virtuosité pianistique.
PAN M 360 : Vous êtes l’une des pianistes les plus recherchées de votre génération. Comment pensez-vous que votre héritage culturel italien vous influence d’un point de vue artistique ?
SG : Je crois que ma culture d’origine me donne un avantage pour aborder la mélodie avec une certaine naturalité, grâce à l’héritage opératique dont l’Italie a toujours été un grand représentant. La manière de traiter la mélodie dans l’opéra italien est unique et y être exposé depuis l’enfance me permet d’aborder le piano cantabile avec une certaine conscience. Il faut aussi dire que certaines œuvres de Liszt, comme les Sonnets de Pétrarque, semblent avoir été écrites spécifiquement pour la voix humaine, et pouvoir jouer cette musique est un immense privilège pour moi, ainsi qu’une façon d’exprimer mon héritage culturel lié à la grande tradition italienne.
PAN M 360 : En plus d’être une artiste renommée, vous êtes également pédagogue à l’Université de Linz en Autriche, une institution prestigieuse en Europe. Que pouvez-vous nous dire sur la relation entre la pédagogie et l’interprétation ?
SG : Je trouve que ce sont deux activités de recherche. Quand j’enseigne, je montre toutes les possibilités de travailler sur un passage. Quand je joue, cependant, je cherche des solutions qui me conviennent, mais parfois il y a moins de questions derrière. Pourtant, les élèves veulent des explications sur pourquoi et comment quelque chose leur est proposé, et c’est une occasion précieuse d’apprendre en retour. Et puis, bien sûr, il y a une complémentarité : d’un côté, être pianiste actif me permet d’enseigner les pièces que je connais avec une grande précision, de l’autre, être professeur me permet d’apprendre de nouvelles pièces que je n’ai jamais rencontrées personnellement. Tout cela représente pour moi un grand enrichissement personnel et professionnel !
PAN M 360 : Parlez-nous davantage de vos projets actuels et futurs.
SG : En ce qui concerne les enregistrements, mon nouveau CD pour Pentatone sortira en janvier. Il est dédié à Liszt et contient quelques pièces moins connues. J’ai aussi d’autres idées d’enregistrement, peut-être Debussy et Szymanowski, mais pour l’instant je ne peux pas en dire beaucoup plus. Quant aux concerts, cet automne, je jouerai au Wigmore Hall et je serai de retour au Canada, cette fois à Vancouver. Puis, l’année prochaine, je serai en résidence à l’Auditori de Barcelone avec un répertoire assez varié, incluant Mozart, Liszt et Strauss.
crédits photos : Christine Rechling























