Je suis arrivée sur la scène Loto Québec un peu avant le show et j’ai pu assister au test de son du groupe originaire de Somaliland qui allait suivre. Et déjà, je reconnaissais plusieurs Somaliens dans la foule, tous venus voir ou découvrir leur sœur artiste et activiste Sahra Halgan.
Cette dernière était vêtue d’une tenue traditionnelle somalienne, une longue robe que l’on retient autour de la taille puisqu’elles sont habituellement très longues, par-dessus quoi elle avait rajouté une écharpe jaune. Avec son micro, le drapeau de Somaliland qu’elle n’a pas lâché de tout le concert.
Dès le début du concert, on reconnaissait dans ses mélodies millénaires une modulation typique de cette région. Cela me faisait beaucoup penser aux chants venant d’Ethiopie, d’ailleurs Sahra puise dans l’ethio-jazz, en y insufflant du blues touareg, des percussions et des riffs.
Les musiciens, qui semblent être français, faisaient les chœurs sur la plupart des chansons et maitrisaient la langue maternelle de la chanteuse, qui s’adressait à la foule dans cette même langue.
Le spectacle a commencé avec des chansons plus douces et plus ça allait, plus le rythme s’accélérait. Les interactions avec le public étaient plus rares mais lorsqu’elle a pris la parole, c’était surtout pour parler de la situation politique de son pays. En effet, et grâce à mes échanges avec certains festivaliers, le Somaliland veut son indépendance du reste de la Somalie. Avec un français impeccable, Sahra a expliqué pourquoi c’était important de reprendre son pays et que la musique a joué un grand rôle dans sa vie puisque « c’est la seule chose qui nous réunit ».
Sahra a rajouté une petite maraca sur quelques morceaux, alors que la batterie, la guitare électrique et une sorte de claviers venaient agrémenter le tout.
On pouvait reconnaitre d’autres drapeaux de Somaliland dans la foule, et sur certains morceaux, les musiciens mettaient leurs instruments de côté pour applaudir et encourager la foule à le faire. On pouvait lire la fierté dans le visage des compatriotes présents dans la foule, certains semblaient connaitre les paroles de certaines chansons, alors que d’autres découvraient Sahra.
Lors de mon entrevue avec Suzanne Rousseau, co-fondatrice du Festival international des Nuits d’Afrique, je lui avais fait la remarque qu’il n’y avait pas beaucoup d’artistes d’Afrique de l’Est dans la programmation. C’était avant de voir le nom de Sahra Halgan, mais il en faudrait d’autres comme elle, venant de la région des Grands Lacs et de la Corne de l’Afrique. Je vais en faire ma mission.
Crédit photo: André Rival























