Trois soirs de suite, John Oswald nous a convié à un jeu musical. Une bande sonore composée d’une douzaine d’extraits de chansons connues (autant en français qu’en anglais) allant de Blue Suede Shoes de Carl Perkins chanté par Elvis à Céline Dion interprétant avec sa vigueur caractéristique All By Myself (eh oui, cette chanson qui emprunte un motif mélodique au Concerto pour piano n° 2 de Rachmaninov) en passant par Tino Rossi et son insubmersible J’attendrai, Goldfinger entonné puissamment par Shirley Bassey ou le What a Wonderful World de Louis Armstrong.
Des modifications ont été apportées à cette trame chaque soir, bien que plusieurs titres sont revenus au programme du jeu. Pour les besoins de l’exercice, trois quatuors ad hoc ont été constitués. Le premier comprenait le contrebassiste Pablo Jiménez, le violoniste Joshua Zubot, la violoncelliste Peggy Lee et Ben Grossman et sa vielle à roue, le second, la saxophoniste ténor Sakina Abdou, le percussionniste Toma Gouband, la violoniste Adrianne-Munden Dixon et la pianiste Marilyn Lerner, le troisième, la tubiste Julie Houle, la harpiste Sarah Pagé, le contrebassiste John Edwards et le guitariste Eric Chenaux.
Chaque formation prenait connaissance de la trame en même temps que le public et faisait de son mieux pour « accompagner » les extraits qui se succédaient, c’était là la règle du jeu, mais peut-être aurait-il été préférable qu’elle puisse le faire un peu à l’avance, histoire de se préparer un brin, les musiciens semblaient en effet souvent désarmés et avaient du mal à jouer le jeu. N’empêche qu’au milieu de la mêlée musicale, assez débridé, merci, fusaient parfois des passages qui se tenaient.
Le déroulement suivait chaque soir le même rythme cahin-caha du brouillon aux brèves éclaircies cohérentes et tout ça baignait dans une ambiance de joyeuse kermesse. Le hic, c’est que l’effet de surprise, important, cesse rapidement de jouer, d’autant que d’un soir à l’autre, la trame varie assez peu. Une préparation supplémentaire au jeu serait peut-être indiquée si John Oswald veut l’imposer à plus long terme.
Crédit photo (vendredi soir) : Martin Morissette























