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Dédié à la composition émergente en musique de création, l’organisme Codes d’accès clôt sa saison 2025-2026 avec un programme d’œuvres qui se penchent sur différentes sortes de traces. Dans ce contexte, Noé Petit Bohnert recrée à la clarinette les chants des oiseaux qui marquent son imaginaire sonore. Le programme Traces est présenté ce vendredi 8 mai, 19h30, à la Salle Joseph-Rouleau de la Maison André-Bourbeau – 305 Avenue du Mont-Royal Est, Montréal.
PAN M 360 : Rappelez-nous votre parcours; formation, œuvres, champ d’intérêt compositionnel, votre instrument la clarinette, etc.
Noé Petit Bohnert : J’étudie au conservatoire depuis l’âge de 7 ans. D’abord au conservatoire de Reims (France) pendant 10 ans, puis à l’École Préparatoire de Musique de l’UQAM et l’école de jazz de Montréal pendant un semestre et depuis cette année je suis au conservatoire de Rouen (France). Mon instrument principal est la clarinette Sib mais je joue également de la clarinette basse, de la clarinette Eb et du piano. J’ai aussi pris pendant plusieurs années des cours de percussions sénégalaises (doum).
La clarinette est, à l’heure actuelle, l’élément central de mes études aux conservatoire et j’ai validé il y a quelques semaines mon diplôme d’études musicales (DEM) qui correspond au diplôme de fin d’études du conservatoire avant d’intégrer un établissement supérieur de musique.
Concernant la composition, je compose depuis que j’ai 10 ans (en 2020) avec mon père comme professeur et j’ai également suivi les cours de Yuliya Zakharava pendant six mois quand j’étais à Montréal. La composition me passionne, je suis en quête d’exploration musicale : plus je compose, plus je me détache des formes classiques pour entrer dans un univers expérimental et actuel.
J’ai composé il y a deux-trois ans un recueil de dix fugues qui sont construites suivant la structure classique de l’exposition mais qui s’éloignent progressivement de l’esthétique classique sur tout le reste : harmonie, rythme, univers musical.
Oiseauphonie est en revanche une œuvre de musique actuelle qui en plus ne se limite pas à une simple performance acoustique mais utilise une assistance électronique ce qui en fait une pièce de musique mixte. Enfin, mes compositions comprennent au total 6 albums et recueils et environ 9 pièces indépendantes.
PAN M 360: Vous avez le projet de recréer à la clarinette les chants des oiseaux qui marquent son imaginaire sonore. Comment vous y êtes-vous pris ?
Noé Petit Bohnert : Je souhaite évoquer les chants d’oiseau en fusionnant les sons et mélodies typiques des espèces que je cite avec les contraintes techniques et esthétiques de la musique actuelle pour en faire une pièce hybride entre imitation rigoureuse et inventivité artistique. Cela donne des imitations plus ou moins
fidèles, qui pour certaines peuvent être reconnues s’il on a en tête le chant de l’oiseau correspondant. Pour permettre aux auditeur.trice.s de comparer par eux même mes imitations avec les chants originaux j’ai créé un fichier audio qui présente les espèces et fait entendre leur chant suivi de mes imitations. Les imitations servent de matériaux musicaux de base pour construire la pièce : les différentes cellules musicales sont répétées, variées, déclinées, transformées pour former différentes ambiances.
Oiseauphonie est construite en deux parties principales : la première qui est une superposition de lignes mélodiques indépendantes comme le sont les chants d’oiseaux dans un environnement naturel. La seconde partie consiste en une accumulation de lignes rythmiques inspirées du sabar sénégalais : chaque partie répète en boucle une phrase qui, superposée aux autres, donne un contrepoint rythmique général répété ad libitum. Enfin, il y a une coda non écrite où l’interprète doit improviser en évoquant musicalement les oiseaux ce qui est une référence à Charlie Parker surnommé the Bird.
Oiseauphonie s’empare des chants d’oiseaux pour éveiller l’attention du public à leur présence dans la vie réelle. J’ai utilisé environ une dizaine de chants d’oiseaux européens et nord-américains mais en réalité on peut en entendre autour d’une cinquantaine juste en milieu urbain ce qui peut surprendre si on ne le sait pas. Voilà le but de Oiseauphonie.
PAN M 360 : Quels sont vos prochains projets?
Noé Petit Bohnert : Du côté de la clarinette, mon objectif est d’intégrer un établissement supérieur de musique : que ce soit un Conservatoire National Supérieur de Musique en France ou même une autre structure à l’étranger comme les Hautes Ecoles de Musique en Suisse ou encore le Conservatoire de Montréal. Cela passe par l’admission lors d’un concours d’entrée qui met en compétition les différents candidats, plus ou moins durement selon le nombre de candidats qui présentent l’entrée d’une structure. Pour la composition, j’ai plusieurs concerts à Rouen (France) pour interpréter mes morceaux avec mes amis. L’un d’entre eux est un duo pour clarinette et clarinette basse (duo pour deux clarigolottes) l’autre est une pièce pour choeur SAB et piano qui s’appelle Kangetsu Fantasy en raison des haïkus que j’ai mis en musique et enfin la dernière est écrite pour clarinette, violon, violoncelle et piano : la dévelophonie n0.























