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La programmation 2025-2026 du Vivier, cet organisme qui chapeaute la plupart des organismes, artistes ou sociétés de concerts, démarre ce mardi 16 septembre avec le programme Bad Trip présenté par la formation Paramirabo, dont le directeur et flûtiste est aussi le directeur artistique du Vivier. À l’aube de cette saison au cours de laquelle on présentera une cinquantaine de programmes, Jeffrey Stonehouse nous parle de ce premier concert de Paramirabo et aussi de l’esprit incarnant cette longue et riche programmation du Vivier. Tout un trip en perspective!
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INFOS SUR LE PROGRAMME BAD TRIP DE PARAMIRABO, 16 SEPTEMBRE, ESPACE ORANGE DU WILDER, ICI
PAN M 360 : Y a-t-il un angle général à la programmation 2025-26, ou bien finalement c’est votre adaptation à l’actualité et à la disponibilité des projets auxquels on souscrit?
Jeffrey Stonehouse : La saison régulière, c’est vraiment axé sur les propositions qu’on reçoit de nos membres. On les insère alors dans une espèce de chevauchement qui a son sens, sa cohérence. Souvent, des projets individuels sont mis en dialogue avec d’autres. Mais en ce qui a trait à une plus grande stratégie de direction artistique, ce travail se trouve davantage dans la Semaine du Neuf – l’hiver prochain.
PAN M 360 : Vous avez une cinquantaine de programmes où vous représentez les organismes d’une certaine façon en en diffusant les œuvres. Quelle est la proportion à l’intérieur de cette programmation courante où vous avez vraiment une direction artistique très claire dans les œuvres impliquées?
Jeffrey Stonehouse : Il y a des co-commandes qui faites pour le Quatuor Bozzini, des œuvres de Cassandra Miller, Zosha Di Castri et Taylor Brook. Dans ce cas, Le Vivier fut actif au niveau de la co-commande avec des partenaires – Time:Spans de New York et Soundstreams de Toronto.
PAN M 360 : De manière générale, toutefois, votre direction artistique s’exerce dans le choix des œuvres diffusées, sans les avoir commandées.
Jeffrey Stonehouse : La façon dont ça fonctionne, c’est par appel de projet; les ensembles et les artistes membres nous proposent des projets que l’on sélectionne ensuite. On agit soit à titre de codiffuseur, parfois à titre de collaborateur au projet, et soutient toujours la mise en vente du concert afin de renforcer notre milieu.
PAN M 360 : Comment on peut parler de progression dans les dernières années, depuis que tu es à la direction artistique ? Comment vois-tu l’évolution récente ?
Jeffrey Stonehouse : Je commence ma quatrième année. Une des choses dont je suis le plus fier, c’est notre soutien à la relève; nous avons tout un programme pour la relève, pensé comme un mentorat afin d’accompagner les premières autoproductions d’artistes qui ont terminé leur formation. Je suis également fier d’avoir instauré les cartes blanches au cours des dernières années
PAN M 360 : La Semaine du Neuf revient en mars prochain, c’est un peu votre point culminant, votre terrain de jeu par excellence en tant que directeur artistique.
Jeffrey Stonehouse : C’est sûr que le festival demeure le plus grand terrain de jeu pour moi. On veut aussi y encourager une certaine réciprocité pour notre communauté locale à l’international. Les invitations qu’on fait durant le festival servent directement à bâtir des projets par la suite, comme par exemple ce qui vient de se passer au Festival Time:Spans à New York en août, on a pu y voir un focus Québec avec le Quatuor Bozzini, l’ensemble Sixtrum et No Hay Banda. Tout s’est d’ailleurs très bien passé. Aussi cet automne, nous irons à Strasbourg avec une délégation locale. Qu’on accueille à la Semaine du Neuf des artistes internationaux et aussi des professionnels internationaux donne l’occasion à ces derniers d’entendre nos artistes ici au Québec. Par la suite, ça peut faire de beaux projets.
En fait, les principaux partenaires étaient le festival TimeSpan et SoundStreams de Toronto. Ici, le grand intérêt était que ce projet-là nous présentait avec une opportunité pour faire des liens, spécifiquement des liens un petit peu à travers un espèce de corridor nord-est, pour un peu renforcer les partenaires qui sont un peu plus près de nous.
PAN M 360 : Effectivement, Toronto et New York devraient être des incontournables pour nos musiques de créations, il y a une proximité géographique bien réelle.
Jeffrey Stonehouse : À Montréal, on a tendance à être un peu insulaire, un peu dans notre bulle. Et je trouve qu’on a beaucoup de chemin à faire pour s’ouvrir un peu plus à ce qui se passe à New York et à Toronto. Ce sont deux des grands centres qui sont très près de nous, mais avec qui, présentement, on a peu de dialogue.
PAN M 360 : Vous avez plus de dialogue avec l’Europe qu’avec l’Amérique, en fait. Tout à fait, surtout la France, d’ailleurs. Essentiellement la France, on peut comprendre.
Jeffrey Stonehouse : Des liens naturels aussi.
PAN M 360 : Il y a aussi une longue relation avec la musique contemporaine et le Québec, la musique contemporaine boulésienne, autrement, IRCAM, etc. Il y a toujours une relation. Alors, c’est un peu naturel, effectivement.
Jeffrey Stonehouse : Oui. Je trouve que c’est intéressant d’explorer et de continuer à faire ces collaborations-là, comme tu le mentionnes avec l’IRCAM, par exemple. Ça restera un partenaire très intéressant. Par exemple, d’ailleurs, on a un groupe de relève qui va être en résidence à l’IRCAM en début octobre.
PAN M 360 : On commence donc la saison par un programme de Paramirabo, dont tu assumes toujours la direction.
Jeffrey Stonehouse : Oui, cette année c’est Paramirabo qui ouvre le bal. On célèbre les 15 ans de l’ensemble, donc c’est un gros coup d’envoi. On a invité le chef d’orchestre Guillaume Bourguignon, qui va nous diriger dans Professor Bad Trip de Fausto Romitelli, une œuvre qui fut écrite entre 1998 et 2000, inspirée des écrits d’Henri Michaux sur ses trips de mescaline. Plusieurs sons évoquent la respiration, les battements cardiaques réguliers, irréguliers, rapides ou lents. Le compositeur a imaginé ça à partir des effets des drogues hallucinogènes ou autres sur le corps. Romitelli se voyait un peu comme le badass de la musique contemporaine ! On y observe l’utilisation de techniques étendues, très intéressantes et très efficaces.
PAN M 360 : Autre pièce au programme?
Jeffrey Stonehouse : Il y a aussi la création canadienne de Limit, de James O’Callaghan, qui vit entre Montréal et Berlin, un artiste avec qui nous avons collaboré de très près. Limit regroupait à l’origine deux ensembles autour de sa musique. C’est une pièce où l’instrumentarium ressemble à celle de Professor Bad Trip, à l’exception de ces deux clarinettes, dont la clarinette contrebasse jouée par Lori Freedman dans toute sa splendeur. Cette œuvre porte aussi des citations, elle rend hommage à la musique concrète de Pierre Schaeffer ou de Pierre Henry mais aussi à la musique pop industrielle, on peut même penser à Depeche Mode.
PAN M 360 : Mise en scène?
Jeffrey Stonehouse : Cédric Delorme-Bouchard assure la conception éclairage pour ainsi faire le pont sur le projet complet. Son travail est pour nous un coup de cœur, on a très hâte de présenter ce programme !
PAN M 360 : Autres recommandations?
Jeffrey Stonehouse : Il y en aurait plusieurs autres mais je voudrais mettre l’accent sur notre nouvelle série plus intime, présentée dans notre lieu de l’église Saint-Hilda, rue De Lorimier, entre Beaubien et Bellechasse. Le premier concert aura lieu le 7 octobre 2025, mettant en lumière le pianiste Joseph Houston. Venez explorer notre nouveau lieu, une vieille église anglicane où la vie religieuse cohabite avec nos pratiques.
PAN M 360 : D’ici juin 2026, nous reviendrons régulièrement sur la majorité absolue des concerts de cette énorme saison et…
Jeffrey Stonehouse : S’il y a quelque chose qu’on peut peut-être retirer de cette saison à venir c’est la variété de la proposition et une forte présence de la diversité qui vient enrichir l’esthétique du milieu. C’était déjà très diversifié, mais il y a encore toujours de nouveaux éléments à proposer.
Programme
- James O’Callaghan: Limit , 2025 (Création canadienne)
- Fausto Romitelli: Professor Bad Trip: Lesson I , 1998
- Fausto Romitelli: Professor Bad Trip: Lesson II , 1998 – 1999
- Fausto Romitelli: Professor Bad Trip: Lesson III , 2000
Artistes
- Guillaume Bourgogne (chef d’orchestre)
- Cédric Delorme-Bouchard (conception lumières)
- ParamiraboJeffrey Stonehouse (flutes)Gwénaëlle Ratouit (clarinette)Lori Freedman (clarinette contrebasse)William Laurin (trompette)Hubert Brizard (violon)Lyne Allard (alto)Viviana Gosselin (violoncelle)Steven Cowan (guitare électrique)Sébastien Talbot (basse électrique)Pamela Reimer (piano)Krystina Marcoux (percussions)























