TAVERNE TOUR / Gus Englehorn publie son « Hornbook »

Entrevue réalisée par Stephan Boissonneault
Genres et styles : avant-pop / avant-rock / indie folk / indie rock / rock

renseignements supplémentaires

Avant son spectacle en tête d’affiche du Taverne Tour, nous avons rapidement parlé à Gus Englehorn de son dernier album complet, The Hornbook. S’appuyant sur les récits fantasques de rock garage que l’on trouve dans les albums Dungeon Master et Death & Transfiguration, les histoires de The Hornbook sont peuplées de chevaliers, de fantômes, d’amoureux délaissés et d’autres gobelins farfelus, tous issus de l’imagination enfantine de Gus. Avec Estée Preda, compositrice, batteure, artiste visuelle, compagne de route et partenaire de vie, Gus a également publié un trésor de vidéos musicales bricolées pour suivre The Hornbook. Retrouvez ces histoires en live à l’Escogriffe le 6 février à 19h avec Gus Englehorn soutenu par Motherhood et Gondola.

D’ici là, lisez notre entretien avec Gus ci-dessous.

PAN M 360 : Qu’est-ce qui a inspiré ces histoires dans The Hornbook ?

Gus Englehorn : Beaucoup de choses ! Mon père s’appelle Roderick, mon frère a fait l’objet d’un article dans le NYT pour avoir détecté des métaux, ma mère n’a qu’un œil et porte un cache-œil (je plaisante). Ce n’est que les chansons sont achevées à 80 % que je commence à percevoir les indices sur leur signification. Cette signification est toujours attribuée par la suite.

PAN M 360 : Vos chansons portent toujours les récits de personnages farfelus et fantasques comme One Eyed Jack, Roderick of the Vale, et Sweet Marie. Croyez-vous alors qu’il est plus facile d’écrire en ayant un personnage visuel à l’esprit ?

Gus Englehorn : Je n’aborde jamais les choses directement. En général, je joue le riff principal de la chanson, et avant même de m’en rendre compte, des mots sortent de ma bouche. Au début, ce ne sont que des sons. Puis, après quelques centaines d’heures, les sons deviennent des mots et les mots se transforment en histoires.

PAN M 360 : Et Sweet Marie est inspiré d’un tableau ?

Gus Englehorn : Deux chansons de l’album sont inspirées par des peintures. Sweet Marie et The Whirlwind’s Speaking. Sweet Marie a été inspiré par une peinture que j’ai trouvée dans une grange. Je l’ai accrochée dans mon appartement et je l’ai regardée en m’asseyant sur le canapé et en jouant de la guitare. Finalement, un meurtre mystérieux a émergé du brouillard.

PAN M 360 : Pourquoi avez-vous appelé l’album The Hornbook ?

Gus Englehorn : Je l’ai considéré comme mes Fables de La Fontaine. Je me suis dit : si je devais un jour écrire un livre pour enfants, comment l’appellerais-je ? Et j’ai pensé que The Hornbook sonnait bien. Le hornbook était un outil éducatif destiné aux enfants de l’époque médiévale, tablette qu’ils utilisaient pour se casser la tête les uns les autres dans les cours de récréation. Ils avaient la forme d’une pagaie en bois et portaient généralement l’alphabet, des chiffres et un court verset de la Bible.

PAN M 360 : Avez-vous plongé dans de vieilles chansons folkloriques médiévales en écrivant cette chanson ?

Gus Englehorn : Je me suis plongé dans Scarborough Fair, un poème médiéval et de la musique française médiévale tout en conduisant à travers la campagne française et en regardant les châteaux et les verts pâturages.

PAN M 360 : Vous avez un côté très visuel dans votre musique, avec des clips à petit budget. Pouvez-vous nous parler du processus de réalisation de ces vidéos ? Peut-être plus particulièrement la plus récente, The Itch.

Gus Englehorn : Tout a commencé lorsque j’ai lu The Barebones Camera Guide, un livre extraordinaire publié pour la première fois dans les années 80, qui contient de nombreuses informations sur le scénario, le tournage de séquences et le travail sur pellicule. J’ai ensuite lu un autre livre intitulé Lighting For Film. Et nous avons commencé à travailler. Je commence par un grand remue-méninges avec Estée. Ensuite, nous concevons un scénario aussi détaillé que possible et, au moment du tournage, nous nous en tenons la plupart du temps à ce scénario. C’est vraiment une expérience passionnante que de prendre une guitare et de commencer à jouer avec, puis de faire émerger une chanson des profondeurs de soi et de lui donner une forme visuelle. Heureusement, dans mon cas, mes chansons fonctionnent plutôt bien comme de petits scripts.

PAN M 360 : Gus Englehorn, c’est vous, mais s’agit-il aussi d’un personnage sur scène ?

Gus Englehorn : Je pense qu’au fond, c’est juste un peu de moi, mais cela ne veut pas dire que je ne modifie pas les choses pour faire passer l’histoire. Je suis simplement excité à l’idée d’essayer de nouvelles choses et j’aime le sentiment que l’art vous procure, un peu comme si vous attendiez dans un océan de possibilités, de différentes façons de chanter, de jouer, de s’habiller, de bouger, de filmer et cela continue jusqu’à l’infini.

PAN M 360 : Pouvez-vous nous parler de votre processus parolier ? Je trouve toujours que vos chansons sont très faciles à chanter en raison de la nature de leurs rimes. Un peu comme un livre pour enfants ?

Gus Englehorn : Comme Jay-Z, je n’écris plus de paroles. Je les invente en jouant de la guitare. Mais les paroles sont certainement la partie du processus que je préfère. Je n’ai pas toujours l’impression de les contrôler, elles émergent en quelque sorte des ténèbres de mon subconscient et, en général, je ne suis pas satisfait tant qu’elles ne racontent pas une histoire facile à suivre tout en conservant un élément de mystère qui laisse une part à l’interprétation.

PAN M 360 : Comment mesurez-vous votre succès en tant qu’artiste indépendant ?


Gus Englehorn :
J’essaie encore d’y voir clair. Mais j’ai observé que, plus je me concentre sur l’art et ses innombrables dimensions, plus j’en suis profondément amoureux et moins le succès commercial semble avoir d’importance.

PAN M 360 : A quoi peut-on s’attendre pour le spectacle du Taverne Tour ?

Gus Englehorn : L’inattendu. Je plaisante, c’est juste un demi-groupe rouillé qui prend du bon temps à jouer.

Publicité panam

Tout le contenu 360

Lanaudière 2026 | Saskia Giorgini : le piano italien

Lanaudière 2026 | Saskia Giorgini : le piano italien

Lanaudière 2026 | L’extase romantique de Beethoven à Tchaïkovski : Veronika Eberle nous en cause

Lanaudière 2026 | L’extase romantique de Beethoven à Tchaïkovski : Veronika Eberle nous en cause

Concerts au Îles du Bic – Audace et convivialité, sur les berges du Bas-du-Fleuve

Concerts au Îles du Bic – Audace et convivialité, sur les berges du Bas-du-Fleuve

Domaine Forget 2026 | Kim Richardson parle de Duke Ellington… et d’elle-même !

Domaine Forget 2026 | Kim Richardson parle de Duke Ellington… et d’elle-même !

Lanaudière 2026 | Macbeth de Verdi et l’OM en clôture, le baryton Étienne Dupuis nous explique le tout

Lanaudière 2026 | Macbeth de Verdi et l’OM en clôture, le baryton Étienne Dupuis nous explique le tout

Domaine Forget 2026 | L’Orchestre national des jeunes du Canada selon deux interprètes

Domaine Forget 2026 | L’Orchestre national des jeunes du Canada selon deux interprètes

Nuits d’Afrique 2026 | Elida Almeida électrise le folklore capverdien

Nuits d’Afrique 2026 | Elida Almeida électrise le folklore capverdien

Concerts lyriques de l’ICAV| Le chef Julien Proulx nous prépare aux Contes d’Hoffmann

Concerts lyriques de l’ICAV| Le chef Julien Proulx nous prépare aux Contes d’Hoffmann

L’Orchestre du CNA au Domaine Forget : voyage entre musiques allemandes, britanniques et andines

L’Orchestre du CNA au Domaine Forget : voyage entre musiques allemandes, britanniques et andines

Nuits d’Afrique 2026 | Forro das Comadres : le Forro des femmes

Nuits d’Afrique 2026 | Forro das Comadres : le Forro des femmes

Lanaudière 2026 | Charles Richard-Hamelin et l’OSQ jouent Grieg dans une célébration nordique

Lanaudière 2026 | Charles Richard-Hamelin et l’OSQ jouent Grieg dans une célébration nordique

Lanaudière 2026 | Une Vie de héros par Payare et l’OSM, Les Nuits d’été de Marie-Nicole Lemieux

Lanaudière 2026 | Une Vie de héros par Payare et l’OSM, Les Nuits d’été de Marie-Nicole Lemieux

Lanaudière 2026 | L’OSM et Rafael jouent Chostakovitch et Gabriela Ortiz avec Alisa Weilerstein

Lanaudière 2026 | L’OSM et Rafael jouent Chostakovitch et Gabriela Ortiz avec Alisa Weilerstein

Nuits d’Afrique 2026 | Azara, la voix du flamenco qui s’enracine à Montréal

Nuits d’Afrique 2026 | Azara, la voix du flamenco qui s’enracine à Montréal

Nuits d’Afrique | Chris Combette, richesse et fluidité guyanaises

Nuits d’Afrique | Chris Combette, richesse et fluidité guyanaises

Lanaudière 2026 | De Carmen à Gershwin, un voyage de l’OSM et du maestro français Stéphane Denève

Lanaudière 2026 | De Carmen à Gershwin, un voyage de l’OSM et du maestro français Stéphane Denève

Nuits d’Afrique 2026 | Le balafon virtuose de Seydou Diabaté, au coeur du Kanazoé Orkestra

Nuits d’Afrique 2026 | Le balafon virtuose de Seydou Diabaté, au coeur du Kanazoé Orkestra

Nuits d’Afrique 2026 | Somos Más, des harmonies au féminin pluriel

Nuits d’Afrique 2026 | Somos Más, des harmonies au féminin pluriel

Domaine Forget 2026 | À la découverte de La Bella Incognita

Domaine Forget 2026 | À la découverte de La Bella Incognita

Nuits d’Afrique 2026 | Le peuple de Guinée représenté par son État pour un hommage au « Baobab de nuit »

Nuits d’Afrique 2026 | Le peuple de Guinée représenté par son État pour un hommage au « Baobab de nuit »

Lanaudière 2026 | Avi Avital et I Musici, une rencontre musicale sous le signe de la découverte selon Julie Triquet

Lanaudière 2026 | Avi Avital et I Musici, une rencontre musicale sous le signe de la découverte selon Julie Triquet

Nuits d’Afrique 2026 | Soul of Zoo joue « Connection », fruit de collaborations d’ici et d’ailleurs

Nuits d’Afrique 2026 | Soul of Zoo joue « Connection », fruit de collaborations d’ici et d’ailleurs

Nuits d’Afrique 2026 : L’élite de la pop guinéenne en hommage à Lamine Touré

Nuits d’Afrique 2026 : L’élite de la pop guinéenne en hommage à Lamine Touré

Domaine Forget 2026 | Henry Kramer et Celimène Daudet, le piano transatlantique

Domaine Forget 2026 | Henry Kramer et Celimène Daudet, le piano transatlantique

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné