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Pays : États-Unis Label : Mass Appeal Genres et styles : hip-hop Année : 2020
Nas

King’s Disease

· par Olivier Boisvert-Magnen

Nas revient sur les routes maintes fois parcourues du rap new-yorkais des années 1990 avec King’s Disease, un 13e album qui évoque le passé sans toutefois s’y restreindre. Épaulé par Hit Boy, producteur qui a fait sa marque sur plusieurs productions de grande envergure comme Trophies de Drake et Niggas in Paris de Jay-Z et Kanye West, le rappeur emblématique du quartier de Queensbridge s’entoure de plusieurs de ses bons amis (notamment AZ, Foxy Brown et Cormega, ses trois collègues du super groupe éphémère The Firm) et de quelques révélations déjà bien implantées dans leur genre (Lil Durk, Don Toliver, Anderson .Paak). À elle seule, la liste des invité.e.s illustre bien cette volonté de faire du neuf avec du vieux, et Nas se montre tout particulièrement habile et percutant dans ses flows linéaires qui, à défaut de surprendre, ne déçoivent jamais. Sa chimie avec Hit Boy, qui colle des mélodies soul, R&B et jazzy sur des rythmiques brutes et dynamiques, fait de ce King’s Disease l’un de ses meilleurs albums des dix dernières années. Autant ses réflexions sur son adolescence (Car #85) et ses amours perdues (All Bad) que sa déclaration d’amour aux femmes qu’il a côtoyées (Til The War Is Won) et ses critiques adressées aux médias et au gouvernement, en pleine recrudescence du mouvement Black Lives Matter (The Definition), nous prouvent qu’il est possible de vieillir comme rappeur sans perdre son essence ni sa saveur.

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