americana / blues / folk

FIJM | Concert apothéose d’Allison Russell dans sa ville natale

par Michel Labrecque

Incandescente, résiliente, émouvante, brûlante, lumineuse, magnifique! On peut dire tout ça et plus encore sur Allison Russell. 

Accompagnée d’un trio de musiciennes, la chanteuse et compositrice s’est mise à nu devant une foule considérable sur la grande scène du FIJM. Et ce fût un moment brillant et magique!

Après un court solo de clarinette et une chanson a cappella, Allison a enchaîné sur sa chanson Montreal, qui raconte des moments très pénibles de son enfance montréalaise. Mais c’était aussi une façon de dire aux spectateurs qu’elle était contente de revenir dans sa ville d’origine. Et qu’elle se la réappropriait.

 « Ça fait du bien à mon esprit d’être ici avec vous », nous a-t-elle scandé. 

Il me semble qu’Allison Russell est de plus en plus assumée et que sa voix ne cesse de gagner en profondeur. Son mélange americana nous émeut, nous fait groover et nous fait aussi réfléchir. Cette femme de 43 ans semble rayonner malgré un passé houleux, parcours à tout le moins compliqué. 

Ce concert comportait aussi une dimension montréalaise: elle a chanté plusieurs couplets en français et s’est adressée à la foule autant, sinon davantage dans la langue de Molière que dans celle de Donald Trump. 

Elle a aussi parlé de l’importance de l’accès gratuit à la culture à Montréal, de l’art qui lui a littéralement sauvé la vie, quand elle était adolescente. Elle aime toujours Montréal d’amour. 

Celle qui habite aujourd’hui Nashville nous a également fait part de ses angoisses face à ce que son pays d’accueil est en train de devenir, l’annulation des politiques favorables à la diversité, dont elle est une grande partisane. 

Qui sait? Donald Trump va peut-être finir par la déporter. Elle qui a chanté récemment sur une chanson avec plusieurs groupes qui s’intitule No Kings in The USA. 

Mais, hier soir, c’était la musique qui dominait tout. Et cette voix! Allison Russell a aussi pris le risque de diminuer l’intensité au milieu du concert pour nous présenter un moment plus « feu de camp » acoustique en chantant la magnifique Superlover, qu’elle a enregistrée en studio accompagnée d’Annie Lennox, la chanteuse mythique du groupe britannique Eurythmics. Chanson qui parle de larmes en Palestine, en Israël et au Tennessee. 

Puis ça s’est remis à groover pour la dernière partie du concert, au grand plaisir de la foule. Par hasard, on a entendu des détonations, sans doute de feux d’artifices, qui, pendant un moment, nous ont fait croire à une invasion américaine… Je rigole, mais pas complètement. 
Je suis toujours étonné du fait que beaucoup de Québécois ne connaissent pas Allison Russell, malgré une entrevue donnée à Tout le monde en parle en 2023. J’espère que ce concert gratuit en plein air permettra de lui donner la reconnaissance qu’elle mérite ici autant qu’ailleurs.

Photo: Victor Diaz Lamich

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