Kee Avil – Spine (Top Albums 2024)

· par Alain Brunet

Le deuxième album de la Montréalaise Kee Avil évoque la précarité de la vie actuelle le brouillement de la communication et du sens directs profondément altérés dans un environnement numérique où les interactions et le déluge d’informations meublent une large part de l’activité humaine au quotidien.

Lorsque j’ai assisté à son concert il y a quelques mois au Centre Phi, je suis tombé de ma chaise. La poétique et l’envergure intellectuelle de cette femme est au service de ses émotions les plus viscérales, on est aux antipodes d’une approche pamphlétaire, l’affect est au coeur du discours artistique.

Mais il est ici question de musique et Kee Avil nous emmène sur des chemins parfois sombres, parfois gris métallique, mais parfois lumineux. Ses musiques de synthèse lorgnent le bruitistme, le glitch minimal ou l’électroacoustique vieille école, mais ces trames électroniques sont au service de la voix et d’instruments acoustiques et électriques comme la guitare, la basse, le violon (ou la percussion sur scène), à la seule condition que ces trames soient au service de l’expressivité et du ressenti.

Ainsi, nous devons suivre cette déambulation onirique qui tient du somnambulisme, comme s’il fallait, dans un réveil brutal, en déterminer la symbolique et le sens. Ce projet n’a rien à voir avec le divertissement, la beauté et laideur (voir les pustules de la principale intéressée sur la pochette de l’opus) s’y côtoient comme dans la vie, l’étrangeté bruitiste et la douceur de la voix, le martèlement et le soupir, le grincement et le roucoulement.

Quelque part entre Polly Jean Harvey (pour l’exploration rock) et Laurie Anderson (pour la pertinence informatique, pour le conte et la réflexion), Kee Avil peut se passer de comparaisons. Ses postures post-punk et expérimentales ne ressemblent à rien ou à peu de gens, ce qui est en soi un gage de profonde singularité. Ce qu’elle nous a fait découvrir sur scène au printemps dernier est l’une des meilleures prestations montréalaises cette année. L’album est un peu moins éloquent mais la démarche mérite les meilleures notes de 2024.

Tout le contenu 360

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné