Maruja Limón, nouvelle impulsion de la rumba catalane

Entrevue réalisée par Alain Brunet
Genres et styles : rumba catalane

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La rumba catalane connaît un regain d’énergie avec Maruja Limón, sextuor exclusivement féminin (auquel s’ajoute exceptionnellement un guitariste mâle sur scène) avec deux front women, Sheila Quero et Esther Gonzales. Approche bicéphale ! La vibration de Barcelone! La rumba de cette région, elle provient de la rencontre entre le flamenco gitan et le groove afro-descendant et ses variétés de rumba, congolaise ou cubaine. Depuis très longtemps, la rumba catalane se peaufine de génération en génération. Entre autres exemples marquants, les décennies précédentes ont connu les divertissants Gypsy Kings (côté Arles en France) dans les années 80-90, l’excellent et visionnaire Ojos de Brujos dans les années 90-2000, tant d’autres. De cette rencontre entre la rumba et bulería avec sa gratte frénétique des guitares, mais aussi le son (ancêtre de la salsa et le mambo cubains ou même le rock, la rumba catalane  nous préparent de nouvelles déflagrations.

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Peu ou pas connues à Montréal, les musiciennes de Maruja Limón se proposent de  briser les glaces tardives de mars et de les faire fondre au Ministère, ce dimanche 29 mars.

Jointe  mercredi à Cleveland au terme des prises de sons préparatoires au concert de mercredi, la percussionniste Elisenda Fabregas est contactée sur WhatsApp, pour un avant-goût de dimanche.

PAN M 360 :  Maruja Limón  est une formation vraiment explosive! Deux chanteuses aux voix ensablées, machine huilée au quart de tour.

Elisenda Fabregas : Oui, c’est différent. Nous mélangeons la manière traditionnelle de jouer la guitare ou la trompette, ou encore le chant flamenco. Et nous mélangeons le tout avec les nouvelles technologies, les instruments de production électronique. Nous aimons mélanger le traditionnel et le folklore avec les instruments contemporains. 

PAN M 360 :  Il y a clairement une évolution dans la tradition de la rumba catalane.

Elisenda Fabregas :  Oui, bien sûr! Nous avons  d’abord appris à jouer la rumba comme elle était habituellement jouée chez les générations précédentes. Et puis nous nous sommes appuyées sur le présent, et le présent, c’est l’universalisation et donc l’usage d’influx du monde entier, notamment sur le plan des technologies. Nous aimons cette approche.

PAN M 360 : Vous êtes un groupe exclusivement constitué de femmes (sauf un homme guitariste en tournée, Cristóbal Salazar, qui remplace votre collègue Vicky Blum) ce qui est rarissime dans le monde de la rumba. Comment voyez-vous cette contribution pionnière?

Elisenda Fabregas :  Le flamenco et la rumba sont joués par les hommes, les femmes y chantent et y dansent mais ne jouent pas les instruments. Nous sommes différentes en ce sens.

PAN M 360 : Comment cela est-il perçu par le reste de la communauté rumba? 

Elisenda Fabregas : Nous avions commencé en jouant dans les bars flamenco. C’était très traditionnel, avec la guitare, le cajon et les chanteurs. C’était il y a 10 ans, donc vous pouvez imaginer que nous avons eu le temps de changer l’affaire. Maîtriser notre musique et puis offrir des productions plus modernes. Mais notre route provient  toujours de la rumba et du flamenco traditionnels. 

PAN M 360 : Le flamenco est un ancêtre de la rumba qui a eu un rendez-vous avec la musique afro-cubaine et les métissages se poursuivent!

Elisenda Fabregas : Oui,  nous mélangeons la rumba, le flamenco et peut-être d’autres choses aussi, d’autres styles latins et aussi la pop.

PAN M 360 : Mais encore? On écoute votre musique et on remarque d’abord l’usage dynamique des instruments acoustiques ou électriques. Par exemple, l’électronique n’est pas si évidente à l’écoute.

Elisenda Fabregas :  Non, ce n’est pas si évident, effectivement.  S i vous écoutez Miralas, par exemple, c’est un mélange de flamenco et de rumba à l’intérieur duquel nous utilisons des outils électroniques. En live, autre exemple, la basse électrique est couplée à l’électronique, elle peut déclencher d’autres effets sonores. 

PAN M 360 : Autres singularités?

Elisenda Fabregas :  Nous avons deux chanteuses au lieu d’une, ce qui augmente notre puissance de frappe!  Il y a aussi des chorégraphies au programme, car Sheila peut danser!

PAN M 360 : À vue de nez, vous formez un noyau extrêmement solide, on sent que votre machine est huilée au quart de tour!

Elisenda Fabregas : Merci!  Nous ressentons de la fierté pour notre territoire,  pour la culture catalane, pour notre capacité à intégrer  nos traditions dans la culture contemporaine mondiale. C’est important pour nous.

PAN M 360 : Vous êtes toutes de la nation catalane? 

Elisenda Fabregas : Majoritairement, oui. Notre trompettiste vient toutefois de Galicie, au nord-ouest de l’Espagne. Nous sommes toutes installées à Barcelone.

PAN M 360 : Une ville magnifique et tellement vibrante!

Elisenda Fabregas : Oui c’est une très belle ville, j’y suis depuis longtemps!

PAN M 360 : Et toi Elisenda, tu ne joue pas que le cajon, un instrument typique du flamenco et de la rumba. Quelle est ta pratique de la percussion?

Elisenda Fabregas : Je joue de la batterie, mais aussi du cajon, des percussions latines et arabes.  Je joue aussi les percussions dans le groupe  Balkan Paradise Orchestra. 

PAN M 360 :  Quels seront les prochaines étapes pour Maruja Limón ? 

Elisenda Fabregas :  Peut-être plus dans le sens du rock ou même du funk. Nous aimons aussi ajouter de la guitare électrique, un peu comme l’avait fait le groupe prog espagnol Triana dans les années 70 et 80.

PAN M 360 : Jouez-vous essentiellement en Espagne?

Elisenda Fabregas : Nous donnons beaucoup de concerts en Espagne et sur le territoire catalan, mais nous nous en éloignons de plus en plus souvent, en France, en Suisse, en Allemagne. Nous tournons actuellement aux États-Unis, nous sommes à Cleveland et puis nous jouons ce week-end au festival Big Ears à Knoxville avant de venir à Montréal  et London en Ontario, pour la première fois.

PAN M 360 : Alors bonne tournée et bienvenue à Montréal!Elisenda Fabregas : Merci et à dimanche!

Photo : Philippe Remond pour les Transmusicales de Rennes

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