C’est devenu une tradition au fil des années, la Nuit de la Kora est un incontournable dans mon programme de l’été. Et cette année, c’était particulier puisque je savais que j’allais revoir Senny Camara, qui était de passage au Club Balattou en février en duo avec le grand maitre de la Kora, Zal Sissokho.
Avec une première partie mettant en lumière Yamoussa Bangoura, artiste pluridisciplinaire et fondateur des Productions Kalabanté, il a su mettre la table pour ce qui allait suivre. Commençant par un morceau entièrement instrumental, les suivants étaient accompagnés de chants, parfois très doux, parfois très rythmés, et un mélange des deux.
La plupart des morceaux étaient tirés de leurs deux spectacles « Afrique en cirque » et « Won’Ma Africa », qu’ils ont eu l’occasion de jouer aux États-Unis et ailleurs. Ils préparent d’ailleurs un spectacle dans le cadre de la 40ème édition du Festival international Nuits d’Afrique avec la troupe au complet le 14 juillet.
Yamoussa nous a également partagé sa toute première création à la kora, avant de nous faire voyager vers la Nouvelle-Zélande, un pays qu’il affectionne particulièrement.
Mais c’est lors de sa chanson pour Karim, l’un de ses frères acrobates qui est paralysé depuis deux ans suite à une piqure de moustique, que le public a eu des frissons.
Nous avons eu droits à une démonstration d’acrobatie de trois membres de la troupe Kalabanté, avant l’entracte annonçant Senny Camara en 2ème partie.
Cette dernière est entrée sur scène vêtue d’un boubou en basin coloré, telle une reine venant s’asseoir sur son trône. Alors qu’elle atterrissait à Montréal quelques heures avant le spectacle, elle nous a offert un show digne de ce nom, en nous jouant plusieurs morceaux de son album Yéné, paru en 2024, mais également Boolo, qui signifie Unité en wolof, sorti en 2020.
« Avant de monter sur scène, j’ai cassé une corde de ma kora. Elle est capricieuse aujourd’hui alors on va être patients avec elle », nous annonce-t-elle, tout en accordant son instrument entre deux chansons.
Tout comme lors de son concert en février, l’humain est une source d’inspiration pour l’artiste qui se demande pourquoi on se fait du mal si l’homme est le remède de l’homme. C’est cela qu’elle aborde dans la chanson « Niit », avant d’inviter Zal Sissokho sur scène le temps d’une chanson, la surprise de la soirée.
« C’est grâce à lui que je suis là ce soir », nous apprend-elle, lui qu’elle considère comme son maitre et pour qui elle a beaucoup de respect.
Le concert s’est clôturé avec Yamoussa et Senny sur scène, qui nous ont fait voyager entre le Sénégal et la Guinée, avec des passages d’improvisation et de communion comme on les aime.
Malgré un décalage horaire dans le corps, Senny Camara a relevé le défi avec brio : nous offrir une Nuit de la Kora où sensibilité et humilité étaient au rendez-vous.























