Matthias Maute, chef, flûtiste (à bec et traverso), compositeur et directeur artistique de l’Ensemble Caprice, a imaginé un joli concept réunissant le répertoire baroque: un quintette enjoué et virtuose, évoquant cette époque et … le chocolat.
Repéré et adopté par les conquistadors dans les Amériques, le fameux cacao fut introduit en Espagne pour ensuite traverser les Pyrénées et séduire la France. L’arrivée du chocolat en Europe coïncide avec la période baroque, voilà une excellente excellente occasion d’en établir le lien à travers un programme baroque français.
Programme éminemment ludique et d’autant plus chocolaté!
Très prisée depuis sa résurrection, la salle Le 9e était presque pleine en cette fin d’après-midi du 20 janvier, on y observait un authentique succès de participation et la réussite d’un concept mis de l’avant par les ensembles Caprice, ArtChoral, Opéra M3F et HausMusique.
Bien qu’on ait connu, d’entrée de jeu au programme, de grands compositeurs français tels Marin Marais, Jean-Philippe Rameau, Marc-Antoine Charpentier ou François Couperin, il fallait être vraiment féru de ce répertoire ancien pour en connaître les œuvres.Tel que suggéré par Matthias Maute, il valait mieux se laisser aller dans le parcours proposé et ressentir le plaisir généré par ces exécutions.
Une première paire de pièces a mis en relief la formation dans son ensemble : Mathias Maute et Sophie Larivière aux flûtes (à bec et traverso), Jean-Christophe Lizotte au violoncelle baroque, David Jacques à la guitare baroque, Zya Tabassian aux percussions baroques et orientales – rappelons que le lien entre Occident et Orient était beaucoup plus évident à l’époque baroque.
Ainsi nous aurons d’abord droit à une Sarabande espagnole de Rémi Médard, une Chaconne sans frayeur de Marc-Antoine Charpentier, question de se mettre dans l’ambiance de cette époque lointaine.
Lanchas par bailar, oeuvre d’un compositeur inconnu et ces Airs et danses pour le théâtre de Jean-Philippe Rameau, deuxième paire de pièces au menu chocolaté, exigeait toutes les compétences techniques de ses flûtistes, dont la polyphonie à deux voix prévue par les compositions nous donne l’occasion de contempler ces instruments difficiles à maîtriser et trop peu connus du public mélomane.
Le (petit) ensemble Caprice a ensuite enchaîné avec une troisième paire d’œuvres : Les délices de la solitude, de Joseph Bodin de Boismortier et Vertigo (un titre choisi 2 siècle et demi avant Alfred Hitchock) de Joseph-Nicolas-Pancrace Royer. La première aura été percussive et la seconde aura été enlevante pour le jeu des flûtistes, aussi pour leur conversation avec le violoncelle baroque qui leur donnait bellement la réplique, sans compter ce lien solide établi avec les autres membres de l’ensemble.
Le chocolat a triomphé avant l’exécution des Folies d’Espagne de Marin Marais et de Le tic-toc-Chocolat, nous avons toustes avalé goulûment l’oeuf de choco nous ayant été offert à l’entrée, pendant que les flûtes et la percussion légère s’en donnaient à qui mieux mieux.
Les tambours et percussions de Zya Tabassian ont lancé l’assaut final : jolies Contredanses parisiennes, Rigaudon, calme Rondeau, très rythmé Poivre, dentelé Prince Torge, rassurante Manches vertes, qu’on imagine une version ancienne de la très connue Greensleeves, le tout conclu par un échange musclé entre flûtes et percussions, intitulé Les sept sauts.
Beaucoup plus qu’une sympathique collation!























