Série Ultrasons de l’UdeM | Nicolas Drouin et la poétique sonore des objets oubliés

Entrevue réalisée par Judith Hamel

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Dans les profondeurs du studio mixte de la faculté de musique, Nicolas Drouin, étudiant en troisième année du baccalauréat en musiques numériques, se prépare à présenter Désuétude | Courant les 24 et 25 avril dans le cadre des soirées d’Ultrasons. Accompagné par Dominic Thibault, il signe une installation visuelle et sonore qui met à l’avant-plan des objets analogiques désuets : une télévision cathodique, un tourne-disque, un projecteur à bobine et un magnétophone. Muni·es de lampes de poche, les visiteur·euses seront invité·es à explorer ces artefacts oubliés. Lorsqu’éclairés, ceux-ci se mettront en fonction et déclencheront des changements sonores. Voici notre échange au sujet de son installation.

Peux-tu nous expliquer ta démarche derrière ce projet ? 

C’est une installation interactive. J’ai travaillé essentiellement avec des photoresistors, qui sont des capteurs de lumière. Ils envoient graduellement des données quand elles reçoivent de la lumière. J’envoie ces données à mon ordinateur, et je viens contrôler plusieurs paramètres du son. Les capteurs sont installés sur plusieurs objets qui, lorsqu’ils sont illuminés à l’aide de lampes de poche, vont se mettre à vivre d’eux-mêmes. Ils vont s’allumer, se mettent à jouer, à faire des boucles.

J’utilise un adaptateur qui prend les données des capteurs et envoie du voltage aux objets. Tout ça, c’est nouveau pour moi. Je ne connaissais rien de tout ça au début de la session. J’ai appris à utiliser un microcontrôleur, une sorte de mini-ordinateur sur une petite plaquette. J’ai fait beaucoup d’électronique et de soudure. J’ai joué avec du voltage et du vieux matériel que je n’avais jamais utilisé. Des tourne-disques oui, mais des vieilles télés cathodiques, je pense que la dernière fois que j’ai utilisé ça j’avais dix ans et un projecteur à bobine je n’ai jamais utilisé ça. Je trouve qu’il y a quelque chose de fun à réemployer du matériel dont les gens ne veulent plus. Il y a toute une poétique à réemployer du matériel plus ou moins fonctionnel.

Et qu’est-ce que tu aimerais que les gens ressentent en visitant l’installation ?

J’y pensais tout à l’heure. J’ai l’impression que ça peut se déployer de plusieurs manières. Pour moi, je le vois comme un jeu. Comme une exploration qui se manifeste aussi par ma pratique où j’explore tous ces nouveaux outils. Lorsqu’on va se promener dans la pièce avec des lampes de poche, il y a cette interaction de jeu avec le matériel. D’un autre côté, ce sont des objets semi-fonctionnels. C’est aussi une réflexion sur le numérique qui met au centre de l’installation des objets analogiques que plus personne n’utilise. Tout au long de la session, j’ai médité là-dessus. Redécouvrir du vieux matériel, comprendre comment ça fonctionne, pourquoi c’était utilisé à l’époque, les limites de l’objet… c’est vraiment passionnant.

Ton installation va baigner dans une certaine obscurité et faire appel à des objets vétustes. Est-ce que tu cherches à créer une ambiance particulière, par exemple de « mettre en lumière » ces artefacts avec une lampe de poche ?

Depuis le début de la session, je me suis un peu éloigné de ça, mais il y a quand même une ambiance tendue qui s’en dégage. Une des idées que j’avais au début était de se promener dans le noir dans les bois et de tomber sur des choses étranges. Il y a un petit quelque chose de cette idée qui reste. Entrer dans une pièce obscure avec des sons étranges, c’est certain que ça peut être un peu tendu, mais à mesure que la pièce s’illumine, les sons deviennent de plus en plus consonants et on va ailleurs. 

En 2023 tu avais présenté à Ultrasons Dénaturation, une œuvre acousmatique d’écologie sonore. Est-ce qu’il y a une ligne directrice entre ces deux projets ?

C’est probablement ça la ligne directrice entre les deux : le recyclage de matériel, la réutilisation de matériel brisé ou dont les gens ne veulent plus. Je trouve qu’il y a quelque chose de beau là-dedans, quelque chose à explorer.

Y a-t-il des artistes qui t’inspirent particulièrement pour ce projet ?

Je suis probablement inspiré par tout ce qui m’entoure. J’ai regardé beaucoup de vidéos d’installations, exploré ce que d’autres artistes font. Et bien sûr, être en contact avec certains enseignant·es, ça te pousse dans des directions spécifiques, selon leur bagage. Mais je ne saurais pas nommer une influence précise.

Est-ce que c’est un projet qui va te suivre après Ultrasons?

Oui, j’aimerais vraiment continuer à le développer. En contexte académique, c’est parfois difficile d’amener un projet à son plein potentiel. Il y a des aspects que j’aimerais pousser davantage, et pourquoi pas l’installer ailleurs. C’est tout mon matériel, alors c’est faisable !

Qu’est-ce que Ultrasons représente pour toi?

C’est une manière de présenter de manière claire et concise le travail des quatre derniers mois. De mettre en évidence ma personnalité en tant qu’artiste. Et c’est vraiment agréable de découvrir ce que les autres ont fait. On en parle entre nous, mais de voir les projets en vrai, c’est quelque chose de différent. L’ambiance est détendue, les gens ont du fun à découvrir les projets. C’est une super belle expérience.

Donc rendez-vous le 24 et 25 avril 18h45-19h30 au Studio mixte de la faculté de musique de l’Université de Montréal. d’autres artistes font. Et bien sûr, être en contact avec certains enseignant·es, ça te pousse dans des directions spécifiques, selon leur bagage. Mais je ne saurais pas nommer une influence précise.

Est-ce que c’est un projet qui va te suivre après Ultrasons?

Oui, j’aimerais vraiment continuer à le développer. En contexte académique, c’est parfois difficile d’amener un projet à son plein potentiel. Il y a des aspects que j’aimerais pousser davantage, et pourquoi pas l’installer ailleurs. C’est tout mon matériel, alors c’est faisable !

Qu’est-ce que Ultrasons représente pour toi?

C’est une manière de présenter de manière claire et concise le travail des quatre derniers mois. De mettre en évidence ma personnalité en tant qu’artiste. Et c’est vraiment agréable de découvrir ce que les autres ont fait. On en parle entre nous, mais de voir les projets en vrai, c’est quelque chose de différent. L’ambiance est détendue, les gens ont du fun à découvrir les projets. C’est une super belle expérience.

Donc rendez-vous le 24 et 25 avril 18h45-19h30 au Studio mixte de la faculté de musique de l’Université de Montréal. 

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