Les Francofolies ont de la suite dans les idées: un an après la venue de Alain Souchon, accompagné de ses fils, c’était au tour de son comparse et compositeur, Laurent Voulzy, de se présenter au public montréalais, à 77 ans, après une longue et riche carrière.
Si ses origines maternelles l’ancrent en Guadeloupe, Laurent Voulzy n’en demeure pas moins le plus anglophile des compositeurs français, nourri dès son adolescence par la pop des Beatles, des Beach Boys et de Simon & Garfunkel. D’abord et avant tout, Laurent Voulzy est un mélodiste, arrangeur et musicien d’exception.
Bien qu’il n’avait pas de nouveau matériel, musicalement, Voulzy nous a présenté un spectacle magnifique, avec des chansons ré-arrangées avec un soucis du détail qui frôlait la perfection. Entre succès incontournables comme My Song of You ou Cœur Grenadine et perles plus rares telles que Ma seule amour et Le rêve du pêcheur, le concert a été rythmé par de longues présentations. L’artiste en a profité pour rendre un vibrant hommage à Alain Souchon, son « frère » de toujours.
Laurent Voulzy était accompagné d’un quatuor de musiciens étonnant: quand le batteur électronique Mederic Bourgue délaisse les percussions pour enfourcher un violoncelle; Karen Brunon alterne entre le violon, la harpe celtique et la guitare électrique. Le pianiste et claviériste Michel Ansellem est d’une versatilité hallucinante. Le bassiste Olivier Brossard complétait la formation. Tous chantaient et contribuaient aux harmonies vocales, qui sont aussi une obsession de Voulzy. Digne de Crosby, Stills & Nash.
Nous avons eu droit à des arrangements d’une finesse exceptionnelle. Il faut ajouter Laurent Voulzy, un guitariste digne de Paul Simon, qui a utilisé une dizaine de guitares durant ce concert de deux heures et demie. Il s’est même permis d’improviser sur des congas sur un air de calypso en
hommage à sa mère.
Pour le geek de musique que je suis, qui n’attendait rien de particulier de ce concert, ce fut une formidable surprise. Un tout petit bémol: j’aurais aimé qu’il nous fasse entendre des chansons de Belem (2017), son album le plus brésilien. Évidemment, il fallait qu’on entende Rockcollection, son premier grand succès et quelques souchonneries comme La Fille D’avril ou Foule Sentimentale, « une des rares dont je n’ai pas fait la musique » a-t-il dit avec une douce ironie.
Mais j’ai préféré Le Soleil Donne, un discret hymne anti-raciste qui affirme que « Le Soleil donne la même couleur aux gens », chantée en anglais espagnol et français. Avec une mélodie digne de Sir Paul McCartney.
Cette fête s’est terminée sur une interprétation de Je reviendrai à Montréal, de son ami Charlebois. Et Paradoxal Système, une pépite Voulzéenne des années 90. Quelqu’un lui a emmené un drapeau du Québec, qu’il a brandi devant le public, qui était totalement rassasié.

Photo principale: Francos MTL























