Le Masmoudi Quartette son tout nouveau concert, intitulé Vibrations universelles, et lié à la sortie de l’album Vibra. Un titre adéquat pour l’événement, qui nous laisse une impression de ronronnement caressant et bienveillant, trempé dans un chaleur suggérée, autant thermométrique que humaniste. Afin d’en savoir plus sur ce projet :
LISEZ L’ENTREVUE AVEC MOHAMMED MASMOUDI
LISEZ LA CRITIQUE DE L’ALBUM VIBRA DU MASMOUDI QUARTETTE
Le concert lui-même sert de tremplin à la musique de l’album, dont je vous parle plus précisément dans le lien ci-haut. Il suffit de dire que toutes les impressions positives reçues lors de l’écoute de l’enregistrement sont confirmées, mais en plus organique encore. La présence des musiciens eux-mêmes et leur complicité, leur apparent plaisir de jouer cette musique, et bien entendu leurs impros spontanées créant de nouveaux espaces expressifs, différents de ceux figés par la captation numérique, tout cela crée un bain sonore et émotionnel absolument charmant.
Le live prend ainsi tout son sens, en tissant le lien entre le principe mis de l’avant par Mohammed Masmoudi (les vibrations qui nius unissent) et l’expérience factuelle de la chose. Hier, une salle bien remplie d’individus très variés a bien vibré collectivement, grâce aux petits portraits musicaux, heureux mariages de trois raffinements expressifs différents : la musique de chambre occidentale, le jazz et la musique classique arabe.
Masmoudi, qui a écrit toutes les pièces, est un mélodiste doué. Il sait attacher l’attention avec des lignes séduisantes, apaisantes, mêmes dans les mouvements plus alertes ou dansants. Mais ces mélodies ne restent jamais pauvrement maintenues dans leur état initial. Il les développe, et leur permet de prendre toutes sortes de détours, de bourdonner et de frémir ici ou là, sous la patte des excellents artistes qui l’entourent : Yannick Anctil, bellement délicat dans son toucher au piano, Vanessa Marcoux, technicienne aguerrie au violon, mais surtout improvisatrice efficace et superbement expressive, puis Rémi-Jean Leblanc, infatigable pilier rythmique et harmonique à la contrebasse.
Des moments de beauté mémorables sont imprimés dans nos esprits. Par exemple, cette transition ultra délicate entre le violon (dans les ultra aigus, maîtrisés parfaitement par Marcoux) et le oud (Masmoudi qui commence par déposer ses notes avec un soin infini, afin de ne pas heurter la passation) dans Foulard au vent (il me semble, je ne suis plus certains. M’enfin…). Ou encore les magnifiques couleurs pastorales-impressionnistes dans Space Time, entre le piano, le violon et le oud. Il y en a plein comme ça.
Le genre de concert où on se sent bien, juste d’être là et de recevoir cette harmonie des frères (et soeurs) devant, et autour de nous. Mais aussi de recevoir ces sons si charmants, si ravissants. Saluons en passant l’initiative de la salle Bourgie qui a été l’une des spources de ce projet et qui a par ailleurs commandé deux des pièces jouées dans le programme.
Masmoudi, d’origine tunisienne, affirme admirer son compatriote Anouar Brahem. C’est vrai qu’il y a plus qu’un petit quelque chose de Brahem dans la démarche artistique du Montréalais. Dans la qualité du jeu technique au oud également. On souhaite à Mohammed le même succès planétaire que son aîné.
Ce concert a tout ce qu’il faut pour tourner partout au Québec, au canada et dans le reste du monde. Il est prêt à envoûter plein d’autres publics. Avis aux programmateurs.























