Sur Role Model Hermit, premier album du groupe d’art rock britannique mary in the junkyard, Clari Freeman-Taylor chante comme si elle se confiait à l’aube à quelqu’un qui dort peut-être déjà. Tout au long de Role Model Hermit, ce murmure devient la force gravitationnelle de l’album — tout s’articule autour de lui. La basse et l’alto de Saya Barbaglia s’enroulent en dessous comme du lierre à travers un grillage, tandis que la batterie de David Addison ne s’emballe que lorsque la pièce a besoin d’être secouée.
Le morceau d’ouverture, « Mantra III », donne le ton : patient, feutré, puis soudainement tout autre. « Blood » et « Seek and Destroy » laissent le « chaos rock larmoyant », comme le qualifie le groupe lui-même, montrer les dents — déchiqueté, un peu sauvage, disparu avant même que l’ecchymose ne se forme complètement. Puis « Myrtle » et « Peter the Dog » tirent à nouveau les rideaux, dans une ambiance folk à la fois calme et étrange, comme des berceuses écrites pour une maison vide.
« Candelabra » est le cœur secret de l’album — enregistré des années plus tôt avec un micro à main au milieu des oiseaux qui s’éveillent, il sonne encore comme l’aube qui se lève dans un endroit intime. Une casse bourdonnante, en effet.






















