Par un concours de circonstances, je me suis retrouvée à couvrir le lancement de l’album Douvan de Kulusé Souriant à l’Entracte le 21 mai dernier. Pour l’occasion, son quintet était composé de Geneviève Gauthier, au saxophone alto, Antonin Bourgault au saxophone ténor, le grand Santiago Ferrer au piano et Sean Burke à la contrebasse alors que Kulusé était à la batterie. Installé à Montréal depuis quatre ans, Kulusé, batteur et compositeur d’origine guadeloupéenne se fait de plus en plus connaitre sur la scène jazz de Montréal. Il collabore avec plusieurs artistes, notamment Rachel Therrien avec qui il prépare un projet original durant le festival de jazz.
Sorti le 15 mai 2026, cet opus de 9 titres inclut quelques collaborations, entre autres Malika Tirolien sur le morceau « Horizon ». Cette dernière était présente à l’Entracte alors qu’elle revient tout juste d’un séjour au Sénégal pour le Stéréo Africa Festival ainsi que le Festival de Jazz de Saint-Louis. Douvan est un appel à se reconnecter avec ce qui est important, avec soi-même, avec la nature et avec les autres pour mieux aller de l’avant.
D’un morceau à l’autre, les musiciens sont mis en valeur. Les saxophones alternent, tout en étant synchronisés par moment. Pendant certains solos de Geneviève, Kulusé semblait apprécié le moment, fermant les yeux pour mieux s’en imprégner. Nous sommes plongés dans différents univers musicaux tout au long du concert, passant du doux et introspectif à des moments plus intenses avec des solos à couper le souffle.
« Je suis ému de présenter cette musique qu’on prépare depuis 2 ans », nous confie Kulusé entre deux morceaux. Cet artiste, qui est en questionnement sur ses identités personnelles et musicales, semble avoir trouver des pistes de réponse à travers cet album.
À part « Héritage » et « Compassion » qui durent moins de cinq minutes, la plupart des titres sont suffisamment longs pour nous immerger dans le répertoire de Kulusé, qui mêle jazz avec d’autres styles tels que le gwo ka, comme c’est le cas dans « Anecdote », sur lequel il collabore avec Léo Tibao Leborgne.
Santiago Ferrer nous en a mis plein la vue, comme toujours. Ses envolées au piano ainsi que ses solos ont plu à l’audience qui semblait séduite. Par moments, on avait l’impression d’être dans un bar mythique de jazz de New York. L’Entracte se prêtait bien pour la soirée puisqu’elle offrait ce cadre intimiste. Kulusé a d’ailleurs habité quelques années à New York en 2019 où il a étudié à la New School of Jazz avant de déménager à Montréal quelques années plus tard.
« Je suis chanceux de jouer avec des musiciens aussi talentueux », confesse-t-il. Selon les baguettes qu’il utilise, l’atmosphère varie. Sur « Solitude », on a l’impression d’entendre des rythmes plutôt mystiques, ce qui lui permet de réinventer le jazz en y ajoutant des sonorités guadeloupéennes.
Cela dit, le moment le plus fort de la soirée était sans aucun doute la présence de Malika Tirolien sur « Horizon ». On ressent l’immense respect et admiration de Kulusé envers sa compatriote. Plusieurs rythmes figurent dans cette chanson qui nous fait vivre des émotions différentes. La section improvisation de Malika a envoûté la salle, qui a répondu avec beaucoup d’applaudissements.
Salomé Peril, chanteuse et multi-instrumentiste, figure également dans l’album mais n’avait pas pu être présente pour ce lancement. Une chose est sûre: cet album va réellement propulser Kulusé Souriant sur la scène jazz de Montréal puisqu’il se consacrait principalement à sa maitrise avant cela. Retenez donc bien ce nom, vous risquez d’en entendre parler, encore et encore.



















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