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Le mardi 11 novembre, le Festival du monde arabe présente Convergence, un spectacle en duo, créé par deux instrumentistes chevronnés: Chaima Gaddour au qanun et Samih Souissi au violoncelle. Tous les deux originaires de Tunisie, l’une vit à Montréal et l’autre habite en France. Ils nous présenteront une fusion inédite et passionnante de cultures musicales, à la Salle Claude Léveillée de la Place des Arts. Michel Labrecque les a interviewés pour en savoir davantage.
PANM360: Avant d’aborder ce concert, dont la première aura lieu à Montréal, parlez-moi de votre parcours personnel et musical, afin qu’on vous connaisse mieux.
Chaima: Je suis une nouvelle arrivante au Québec, depuis deux ans et demi; avant j’ai vécu en Tunisie, mon pays d’origine, puis à Dubaï. J’ai commencé la musique à l’âge de cinq ans, avec le qanun, j’ai été diplômée en musique arabe. J’ai aussi longtemps appris la danse classique au conservatoire et j’ai fait une maîtrise en administration et en politique culturelle. J’ai aussi enseigné la musique au conservatoire et à l’université en Tunisie. Je suis très heureuse de vivre maintenant à Montréal.
Samih: Je suis né aussi en Tunisie, j’ai commencé à apprendre la musique à huit ans. Maintenant, je vis en France depuis la moitié de ma vie. J’ai commencé par le violon, mais assez rapidement j’ai changé pour le violoncelle. J’ai gradué du conservatoire. Professionnellement, j’ai amorcé une carrière d’ingénieur en informatique, mais depuis dix ans, la musique est devenue le cœur de mon activité. Je dirige des chœurs, et aussi des comédies musicales, tout en poursuivant le violoncelle. Et j’essaye de donner au violoncelle un son qui inclut mes racines arabes et orientales. Ce qui demande une technique complètement différente.
PANM360: Avant d’aller plus loin, parlons du qanun, un instrument moins connu chez nous. Si je ne m’abuse, c’est un instrument à cordes créé chez les Ottomans.
Chaima: Le qanun, est surnommé « le roi des instruments » dans le monde oriental. C’est une harpe horizontale, si on peut dire, un instrument qui a une énorme capacité de richesse harmonique et musicale.
PANM360: Comment est né ce projet, Convergence, dont on verra la première mouture au FMA?
Chaima: Nous nous sommes connus dans le cadre d’une tournée d’un grand orchestre, l’orchestre Boudchart, et nous tentions des duos pendant les pauses ou après les concerts. Ou pendant les journées sans concerts. Et ça a cliqué.
Samih: Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un duo comme le nôtre: un instrument traditionnel arabe à cordes pincées et un violoncelle. J’avais déjà fait des concerts avec des joueurs de qanun, mais Chaima a une ouverture musicale vraiment spéciale qui m’amène à explorer de nouveaux univers.
Chaima: En fait nous sommes tous les deux très curieux musicalement. La musique de tous les genres nous intéresse. Nous explorons aussi des musiques latines et asiatiques.
Samih: Au-delà des juxtapositions de répertoires, nous tentons de faire des mariages du style. Par exemple, marier de la musique d’Amérique latine avec la musique maghrébine et andalouse. Ou marier Schubert et Mohammad Abdel Wahad, un chanteur et compositeur égyptien. Et il faut que tout ça coule de source.
PANM360: Est-ce que vous composez également ?
Chaima: Non, pas précisément. Mais pour marier ces musiques, il faut réarranger, parfois ajouter des lignes ou des contrepoints, donc, dans un sens, il y a un travail de composition. Sans parler de l’improvisation qui est présente dans nos morceaux. Il y a aussi tout un travail musicologique de recherche pour lier toutes ces sources musicales.
PANM360: Comment décririez-vous l’esprit de Convergence, qui m’intrigue déjà beaucoup ?
Chaima: C’est une sorte de voyage dans lequel l’Orient se déplace: il se rend en Irlande, en Europe, en Amérique latine et en Asie. Il se mélange avec toutes ces musiques.
Samih: C’est une occasion pour nous d’exprimer nos identités multiples. Nous refusons tous les deux une étiquette identitaire. Ce spectacle est une première, mais nous espérons le répéter à de nombreuses reprises partout dans le monde. Nous souhaitons susciter un dialogue entre différentes cultures qui fera en sorte que celle des autres fera moins peur. Le Canada est un excellent endroit pour amorcer ce processus.
PANM360: Merci pour cette entrevue! J’ajoute que nous pourrons également vous entendre comme accompagnateurs de Fairouz Oudjida, pour le concert Légendaire Andalousie, à la cinquième salle de la Place des Arts le 7 novembre. Vous dirigez également l’orchestre RCM, qui signifie Richesse Culturelle de Montréal.
Chaima: Merci au Festival du monde arabe de nous donner ces opportunités.























