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The Besnard Lakes

The Besnard Lakes Are the Last of the Great Thunderstorm Warnings

· par Alain Brunet

Les derniers chapitres du studio Breakglass n’ont peut-être pas aussi été aussi exaltants qu’ils ne le furent à l’âge d’or du Montreal Sound, mais ses fondateurs parviennent encore à l’élévation d’une œuvre déjà considérable. Jace Lasek et Olga  Goreas, fondateurs du fameux studio situé au coeur du Mile-Ex, ainsi que leurs acolytes  (Kevinn Laing, Richard White, Sheenah Ko, Robbie McArthur)  proposent une véritable résurgence de la formation après avoir traversé un long plateau sans décliner malgré la relative linéarité des propositions soumises au cours des dernières années – ce qui leur a possiblement coûté une rupture avec le label Jagjaguwar.  The Besnard Lakes Are the Last of the Great Thunderstorm Warnings, titre-fleuve comme le groupe les aime, exploite les éléments les plus pertinents de son style proverbial:  effets de saturation superbement maîtrisés, épais sédiments de guitare et de synthés modulaires,  voix solistes de contre-ténor et contralto, choeurs mixtes,  martèlement binaires incrustés dans le rock, mais aussi de nouveaux usages électroniques servis généralement sur des tempii moyens lents ou très lents. Se dégage de cette fresque magnifique (71 minutes, dont une de 17 minutes et 54 secondes !!! ) un métissage absolument unique d’ethereal wave, psychédélisme des années 60, shoegaze expérimental, pop californienne à la Brian Wilson, wall of sound à la Phil Spector (Satan ait son âme),  baroque pop, néo prog, space rock floydien. Angelo Badalamenti  et  David Lynch adoreraient cette proposition complémentaire à la leur, car elle est à la fois exploratoire et profondément incarnée dans l’américanité. Une américanité assumée, transcendée, annonciatrice du chaos continental comme l’indique le titre de cet opus excellent.

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