Violons du Roy | Mozart, Dvořák, Kodály et Johann Strauss: rencontre inattendue autour de l’apéro

Entrevue réalisée par Alexandre Villemaire

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Qu’est-ce qui unit les œuvres de Mozart, Dvořák, Kodály et Johann Strauss ? Stylistiquement variées du point de vue du langage et séparées par des époques différentes, c’est leur effectif instrumental qui attire l’attention. Dans un programme qui rassemble des œuvres pour cordes de ces différents compositeurs, les musiciens des Violons du Roy, Katya Poplyansky (violon), Pascale Gagnon (violon), Annie Morrier (alto) et Raphaël McNabney (contrebasse), mettent de l’avant des formations musicales inattendues pour leur instrument et qui seront entendues dans un concert-apéro les 12 et 13 mars au Palais Montcalm. Pour en parler, ils ont chacun accepté de répondre à quelques questions de PAN M 360.

PAN M 360 : Les formations de trio pour cordes sont habituellement composées d’un violon, d’un alto et d’un violoncelle. Ici, vous proposez des trios inattendus, donc des formations plus rares avec deux violons et un alto, puis deux violons et une contrebasse. Pourquoi ces formations sont-elles considérées comme plus rares ? Comment cela se traduit-il au niveau de l’écriture musicale et est-ce que ces formations vous amènent à modifier votre jeu, dépendamment de la place que votre instrument occupe dans la partition ?

Katya Poplyansky : Souvent un violoncelle joue une ligne de basse, en plus des mélodies… Sans le violoncelle, nos responsabilités comme violonistes et altistes deviennent plus nombreuses, et même peut-être plus compliquées! Parfois, on joue la mélodie, parfois on accompagne, et parfois on joue la ligne de basse, le tout dans quelques courtes mesures. C’est un défi, mais aussi très valorisant.

PAN M 360 : Outre leur configuration instrumentale particulière, qu’est-ce qui caractérise chacune des pièces de ce concert ?

Pascale Gagnon : Je dirais que ce concert est un voyage à travers les époques, tout d’abord Mozart avec un trio très simple et agréable, une petite pièce en seulement deux mouvements, un adagio et un menuetto, ce qui est assez particulier. Nous sommes habitués à 3 ou 4 mouvements. Pour le Dvořák, c’est un trio en 4 mouvements. Le magnifique mouvement lent est un très beau moment romantique; mon préféré. Le scherzo aussi est très intéressant, avec une saveur folklorique et un jeu rythmique assez déstabilisant pour l’auditeur.
Le Kodály est un mélange d’inspiration folklorique et d’harmonies modernes; un trio de forme classique en 3 mouvements.Pour lui aussi, j’aime particulièrement le deuxième mouvement, une conversation entre l’alto et le premier violon qui peut sembler être improvisée. Le deuxième violon, lui, tisse une ambiance tout le long du mouvement avec des trémolos très doux, parfois même inquiétant. Et pour finir le concert, une valse de Strauss avec la mélodie au premier violon, accompagnée de la basse et du deuxième violon.

PAN M 360 : Quels sont les défis ou les éléments auxquels il faut porter attention en tant que musicien quand on interprète du répertoire de musique de chambre ?

Annie Morrier : La musique de chambre est souvent très valorisante, mais nous demande beaucoup plus d’implication personnelle. Étant en petite formation, nous devons prendre en charge les idées musicales, l’équilibre des instruments et le style des pièces que nous interprétons. En orchestre, c’est principalement le rôle du chef d’orchestre. Nous devons aussi être très à l’affût des autres parties. Savoir exactement ce qui se passe dans toutes les parties jouées et être particulièrement flexibles aux idées des autres et à leur propre interprétation. Cela amène parfois des discussions et des prises de décisions. De plus, les partitions sont souvent techniquement plus difficiles, ce qui nous demande plus de préparation individuelle. 

PAN M 360 : La pièce Wiener Carnaval-Waltzer, op. 3, est traditionnellement interprétée par un orchestre. Vous allez l’interpréter sous forme de trio. Quels sont les défis de réduire la masse orchestrale pour votre formation et qu’est-ce qu’une formation de chambre peut apporter comme éléments d’écoute comparativement à un orchestre ?

Raphaël McNabney : Malheureusement, il sera toujours impossible, malgré tout nos efforts et notre créativité, de reproduire la palette de couleurs et de timbres d’un orchestre symphonique à 3. Cela dit, il est plus facile de bouger et de danser en petit groupe et les caractères des œuvres peuvent toujours être transmis, peu importe l’orchestration. Aussi, sur un plan pratique, de pouvoir exporter des œuvres symphoniques avec des moyens modestes, permet à un plus large public d’en profiter dans des contextes variés, comme une belle valse de Strauss pour conclure un petit apéro…

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