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Résonance croisée : le Québec et l’Italie, le NEM et l’arsenale Ensemble

Interview réalisé par Alain Brunet
Genres et styles : musique contemporaine

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Le Nouvel Ensemble Moderne et L’arsenale Ensemble partagent la scène de l’Espace Orange au Wilder sous la bannière Résonance croisée – ce jeudi, 19h30.  Mis en œuvre par Le Vivier, ce croisement au programme est essentiellement consacré à l’avant-garde italienne, soit avec l’exécution d’oeuvres signées (notamment) Silvia Borzelli, Stefano Pierini, Stefano Trevisi, du côté de L’arsenale Ensemble, et Alessandro Solbiati, côté NEM.

Institution de la musique contemporaine au Québec comme au Canada, le Nouvel Ensemble Moderne (NEM), nous offre un fondu enchaîné entre la “tapisserie richement tissée” de Keiko Devaux et l’univers d’Alessandro Solbiati, sous la gouverne de Lorraine Vaillancourt avec qui PAN M 360 s’est entretenu brièvement.

PAN M 360 : La musique de Keiko Devaux est désormais jouée par les meilleurs orchestres de chambre et de nombreux orchestres symphoniques. Comment le Nouvel Ensemble Moderne compte-t-il s’y prendre avec cette œuvre au programme?

LORRAINE VAILLANCOURT : Cette œuvre a été composée pour le NEM et créée en octobre 2020… sans public. C’est donc avec plaisir que nous la rejouons cette semaine. La possibilité de reprendre des œuvres qui sont à notre répertoire, et de les offrir au public à plusieurs reprises, enrichissant ainsi leur mémoire, et la nôtre, est une préoccupation constante au NEM.

PAN M 360 : Pourquoi avoir choisi cette œuvre en particulier, Arras ?

LORRAINE VAILLANCOURT : Ce sont les axes de l’événement Résonance croisée qui ont guidé ce choix : le croisement entre la musique d’ici et d’Europe, en l’occurrence l’Italie, et la technologie comme fil conducteur. La musique de Keiko Devaux réunit ces deux facettes. Son esthétique s’apparente au monde sonore transparent, subtil et raréfié que l’on retrouve notamment chez Salvatore Sciarrino, avec qui la compositrice a étudié à l’Accademia Musicale Chigiana de Sienne (Italie). Le lien avec la technologie se trouve dans la démarche compositionnelle de Keiko, où elle embrasse un amour pour les sons et les méthodologies électroacoustiques, manipulant et déformant des sons acoustiques à l’aide d’outils numériques.

PAN M 360 : Quelles sont selon vous les qualités intrinsèques à l’esthétique de Keiko Devaux?

LORRAINE VAILLANCOURT : Arras est un terme désignant une tapisserie richement tissée. C’est précisément l’art de Keiko : l’art de la finesse et du tissage !

PAN M 360 : Parlons maintenant d’Alessandro Solbiati. Comment avez-vous découvert son œuvre? Que motive le choix de cette œuvre au programme, Sinfonia de Camera?

LORRAINE VAILLANCOURT : Nous avons fait la création française d’une de ses œuvres, By my window, au Festival Musica de Strasbourg en 1993. J’en garde un très bon souvenir. Même si nous avons joué beaucoup de musique italienne au cours de notre histoire, j’avais plutôt envie d’ajouter une œuvre à notre répertoire, puisque la deuxième œuvre au programme était une reprise. Ayant eu à travailler l’année dernière cette Sinfonia da camera avec un jeune chef montréalais qui préparait un stage en Italie (avec entre autres cette œuvre au programme), j’ai eu très envie d’entendre le NEM jouer cette musique. L’occasion était donc parfaite !

PAN M 360 : Quelles sont selon vous les caractéristiques fondamentales de son travail compositionnel?

LORRAINE VAILLANCOURT : La musique d’Alessandro est scintillante, virtuose, extrêmement colorée et sculptée dans ses moindres détails. L’œuvre est en quatre mouvements, de très lent à très rapide, une sorte de spirale à la construction implacable.

PAN M 360 : Comment envisagez-vous la direction de cette œuvre avec le NEM?

LORRAINE VAILLANCOURT : L’approche est toujours la même : respect du texte, recherche du sens, souci des millions de détails microscopiques qui révéleront pas à pas la dimension globale de l’œuvre… un parcours de l’infiniment petit à l’infiniment grand !

PAN M 360 : Enfin, comment ce programme double avec L’Arsenales Ensemble s’avère-t-il une Résonance croisée? Y a-t-il vraiment croisement ou est-ce simplement deux approches présentées tour à tour par deux ensembles? Quelles sont les affinités entre ces deux formations, hormis l’appartenance à la grande famille de la musique contemporaine ?

LORRAINE VAILLANCOURT : Cette famille, comme vous dites, est très grande, riche et diversifiée. Les occasions de croiser nos pratiques sont plutôt rares et nos propres activités nous maintiennent plutôt captifs dans notre bulle. Ces rencontres provoquées au « croisement » d’un concert sont donc précieuses et si elles ne provoquent pas nécessairement de mariages, elles nourrissent consciemment ou inconsciemment notre imaginaire.

PROGRAMME

  • PARTIE 1 | L’ARSENALE
  • Jesse Diener-Bennett: Trodden 2022  – création
  • Stefano Pierini: Rizoma I , 2016
  • Silvia Borzellidi questo , 2015
  • Stefano Trevisi: Breaking a curtained haze , 2009 (rév. 2014)
  • Milica Djordjević: Trace (of Darkness) , 2013
  • PARTIE 2 | NEM
  • Alessandro SolbiatiSinfonia da Camera 2006 pour 15 instrumentistes
  • Keiko DevauxArras 2020 pour 14 instrumentistes

PARTICIPANTS

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CRÉDIT PHOTO: BERNARD PRÉFONTAINE

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