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Gypsy Kumbia Orchestra : La cumbia nomade

Interview réalisé par Michel Rondeau

Cinq ans après Revuelta Danza Party, le collectif montréalais qui mêle cumbia et musique des Balkans à la danse, au cirque et aux arts de la rue dans une ambiance foraine exubérante à souhait nous revient avec un nouvel album, VelkomBak, trame sonore d’un spectacle théâtral qui s’annonce haut en couleur. À la veille de son lancement, PAN M 360 s’est entretenu avec la directrice du GKO, Carmen Ruiz, et son directeur artistique, Juan Sebastian Mejia.

Genres et styles : cumbia / musique des Balkans

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Événements à venir

  • ven 15 Mai 2020 • 20:00 Gypsy Kumbia Orchestra : Lancement de l’album «VelkomBak» Party Zoom - Informations sur la page de l'événement Facebook

Crédit photo : Nathaniel Huard

PAN M 360 : Ce nouveau projet est assez ambitieux, comment s’est déroulé le processus de création et de composition?

Carmen Ruiz : On a bien pris le temps d’y réfléchir, d’approfondir ce qu’on voulait communiquer. Ç’a pris beaucoup de patience, d’amour, de résilience… 

Juan Sebastian Mejia : C’est un beau casse-tête. S’il se tient, c’est grâce à notre vision artistique et aux valeurs qu’on partage, mais surtout grâce à la grande liberté de création de chacun de nos membres. Et toute cette créativité est ensuite mise dans la grande marmite collective. 

CR : Notre plus grand défi, et en même temps notre plus grande réussite – et nous en sommes fiers –, c’est de pouvoir présenter cette grande diversité tout en maintenant une cohérence artistique. 

PAN M 360 : Y a-t-il de nouvelles influences qui se sont ajoutées à votre palette depuis Revuelta Danza Party?

CR : Nous sommes de plus en plus enracinés dans notre groove cumbiero, mais notre éventail d’influences est encore plus grand, plus planétaire. Notre cumbia est très nomade. 

Crédit photo : Nathaniel Huard

PAN M 360 : Cette fois, vous avez décidé de confier la réalisation à une personne extérieure à l’orchestre, pourquoi?

CR : Nous sommes un collectif assez nombreux et notre vocation est avant tout artistique. Pour nous aider à bien accomplir notre travail de création, nous cherchons de plus en plus – c’est dans notre nature – à nous entourer de collaborateurs. 

Nous cherchions donc une personne avec un point de vue extérieur, mais qui puisse aussi nous apprendre de nouvelles choses, nous permettre de rencontrer de nouveaux artistes… et même de gérer le temps en studio.

Juan Sebastian Mejia : Et puis Christian [Castango] nous a appris que ce qu’il fallait, c’est aller encore plus loin et plus à fond dans notre démarche. Il croit énormément en nous et dans son travail, il a fait preuve d’une grande écoute. C’est aussi un artiste de l’enregistrement et il a adoré travailler au BreakGlass Studio avec James Benjamin, l’ingénieur de son. Nous sommes très contents des choix de studio et de réalisateur que nous avons faits.

Nous avons aussi invité deux autres collaborateurs extérieurs pour s’occuper de la mise en scène de l’album : les metteurs en scène Ricard Soler Mallol et Patrick Léonard des 7 Doigts de la Main.

CR : Il ne faut pas oublier non plus que tout ça a été possible grâce aussi au soutien des divers Conseil des Arts, bien sûr, mais aussi de FACTOR et à tous ceux et celles qui ont participé à la campagne de sociofinancement d’ULULE, nous leur sommes très reconnaissants.

PAN M 360 : Et comment se sont passées les séances d’enregistrement?

JSM : Ç’a été mémorable. Les gens des studios BreakGlass ont été super accueillants, il y avait un vrai esprit de famille, de partage. Tout le monde était content de faire quelque chose de beau et vrai ensemble. 

De son côté, Christian a donné son 110 % pendant les dix jours des séances d’enregistrement. Il a su comment naviguer les eaux de la GKO et bien tenir la barre du bateau pendant toute la traversée. 

Crédit photo : Nathaniel Huard

PAN M 360 : Vous avez également eu un invité, pouvez-vous nous parler de lui?

CR : Zilien [Biret] est un invité, mais en même temps, il fait partie de la famille. Il a quitté le navire quelques mois avant l’enregistrement de l’album. Il a décidé de suivre son instinct créateur et son désir de travailler comme herboriste pour aller s’installer à la campagne. Takamaka, qu’il joue à la gaïta hembra colombienne [une flûte faite à partir d’une tige de cactus évidée], c’est un peu son cadeau d’adieu à la GKO. 

PAN M 360 : Étant donné que le nouvel album est la musique d’un spectacle avec trame narrative et chorégraphie, prévoyez-vous en donner un aperçu par transmission sur Internet ou attendrez-vous sagement de pouvoir le présenter devant public?

JSM : Nous allons attendre. Entretemps nous continuons d’explorer les possibilités scéniques. 

PAN M 360 : Comment employez-vous cette période de confinement pour vous ressourcer?

CR : Pour l’instant, on respire, on essaie de s’accompagner le mieux possible, et en tant que groupe, on essaie de s’écouter et de respecter la façon de chacun de vivre ce moment si particulier.  

PAN M 360 : Quelles musiques écoutez-vous?

JSM : Les playlists que nous avons créées sur Spotify et YouTube. Nous vous invitons à les écouter vous aussi. Vous pourrez y découvrir quelques-unes de nos références et de nos inspirations pour l’album.

CR : Nous espérons qu’en cette période difficile VelkomBak puisse être pour vous tous un souffle de force, d’espoir et de désir de continuer à imaginer le monde et à danser tous ensemble.

À l’occasion du lancement, nous vous invitons aussi à vous joindre à nous sur Zoom à partir de 20 h.

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