Le Centre des musiciens du monde lançait hier soir sa nouvelle saison de Concerts intimes. Une saison allongée, avec plus de concerts et de découvertes à la clé. Si le concert d’hier est un bon indicateur, ce sera une riche année. Mélodiquement parlant, ce sont certaines des plus belles chansons que j’ai entendues dans les dernières années qui ont été interprétées lors du concert Tur Malka (la montagne du roi) – nouvelles chansons Yiddish du Canada . Plusieurs d’entre elles étaient flambant neuves, jamais données encore sur scène. S’il y a bien quelques détails à fignoler et un rendement scénique à accorder, la beauté touchante du matériel offert par l’ensemble est un gage de succès assuré dans le cœur de ceux et celles qui les écouteront.
Le quatuor est formé de Henri Oppenheim au piano, à la guitare, aux percussions, aux compos et aux arrangements, Mael Oudin à la contrebasse et aux arrangements, Elvira Misbakhova à l’alto et Sheila Hannigan au violoncelle. Oppenheim est l’idéateur du projet, Français d’origine juive installé à Montréal depuis presque 30 ans. Les chansons en yiddish, la langue des Juifs d’Europe de l’est, piochent dans le style mélodique ultra poignant, émotionnellement puissant même, de la tradition est-européenne. Celle-ci, lourdement décimée par l’Allemagne nazie, est heureusement encore bien vivante à Montréal, un des principaux bastions mondiaux de cette culture historique. Oppenheim puise ses textes dans la poésie en yiddish, dont celle de plusieurs poètes montréalais comme Chava Rosenfarb ou Jacob-Isaac Segal.
Les arrangements, empreints de tendresse et de mélancolie, sont portés avec un grand soin par les interprètes hors pair que sont Sheila Hannigan, une habituée de toutes les musiques, et Elvira Misbakhova, excellente altiste de l’Orchestre métropolitain en plus d’avoir joué très souvent dans des ensembles klezmer de la métropole. Mael Oudin à la contrebasse se fait plus discret mais sa présence demeure néanmoins essentielle. Oppenheim anime les enchaînements de manière sobre, et avec une discrète pointe d’humour.
En fin de compte, ce fut un moment de communion humaine extrêmement touchant, trempé dans la richesse culturelle du Montréal juif, sans lequel l’âme de la métropole ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.
DÉTAILS ET BILLETS POUR LA SÉRIE CONCERTS INTIMES
Prochains concerts de la série :
- 17 décembre 2025 – Didem Basar, kanun – Sous la lune de Topkapi
- 23 janvier 2026 – Ori Shalva, choeur – Échos de Sakartvelo, polyphonies georgiennes
- 11 février 2026 – Guillaume Martineau, piano et Gabriel Paquin-Buki, clarinette – Une nuit dans le jardin d’Éden
- 18 mars 2026 – Sadaf Amiri, santour – Scintillement de cordes intérieures
- 15 avril 2026 – Duo Perse-Inca – Federico Tarazona (charango) et Showan Tavakol (kamancheh) – La vallée des rêves























