garage-rock / indie / rock psychédélique

Vincent Khouni: “Accident” naît à l’Esco

par Loic Minty

Je me suis lentement frayé un chemin jusqu’à l’Escogriffe pour assister au concert de lancement du nouvel album de Vincent Khouni, Accident. Je venais d’écouter sa chanson sur un accident de vélo… inquiétant.

Le set de Vincent Khouni a débuté par un bourdon grave et résonnant, lancé par l’échantillonneur du batteur, ce qui est généralement de bon augure dans n’importe quel concert. Cela aurait pu être l’intro d’un morceau de doom metal, mais au lieu de cela, la guitare aux couleurs ensoleillées a enchaîné une série d’accords indie classiques. Un rêve instantané. Submergé par des lignes de basse chaudes et groovy, saupoudré des séquences douces du claviériste sur un Prophet. Une recette qui a fait ses preuves depuis longtemps.
C’était d’une douceur envoûtante, et cela aurait pu vous emporter vers l’éternité si cela n’avait pas été contrebalancé par la voix aux doux contours de Khouni, non sans rappeler Stu Mackenzie de King Gizz, ou John Dwyer des Oh Sees. C’est-à-dire dans une échelle mélodique plus aiguë et plus nasale, en accentuant et en étirant les voyelles. En fait, l’expérience dans son ensemble exprimait une nostalgie inspirée de la scène psychédélique et garage rock dans les années 2010.

Vers le milieu de la dernière chanson, Vincent Khouni s’est lancé à fond à la manière de Kikagaku Moyo, plongeant dans les profondeurs des solos de guitare d’où peu de gens trouvent le chemin du retour.

L’une de ses pédales envoyait des vagues de modulation de hauteur qui, enfouies sous un mur de réverbération, ressemblaient davantage à une sirène hurlante qu’à une guitare. Khouni semblait alors dans son élément, captant encore davantage l’attention de la foule compacte.

Cela fonctionnait bien dans le contexte de l’Escogriffe, qui a historiquement accueilli plus de groupes indie qu’on ne pourrait l’imaginer, mais je suis curieux de voir comment le groupe se produirait s’il disposait de plus d’espace. C’était la première fois que l’EP Accident était joué en live et cela ressemblait moins à un accident qu’à quelque chose se déployant dans la lenteur et la douceur.

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