Kimi Djabaté : comme Mozart, une vie dédiée à la musique

Entrevue réalisée par Frédéric Cardin

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Le chanteur, balafoniste et guitariste originaire de la Guinée-Bissau, Kimi Djabaté, a grandi dans un village musical. En effet, son village natal de Tabato est une bourgade ou la plupart des habitants vivent de la musique et sont griots de génération en génération. L’artiste qui est désormais basé à Lisbonne, a sorti l’album Dindin en 2023, album dont j’ai dit le plus grand bien ici-même sur ce site. 

CRITIQUE DE DINDIN, ALBUM DE KIMI DJABATÉ

Le 2 avril 2026, Kimi Djabaté donnera un concert au club Balattou à Montréal, une première pour l’artiste dans notre ville, qui y a été invité par la chanteuse Maritza (qui lui a demandé de l’accompagner dans son propre événement le 1er avril au Lion d’Or). Pour sa soirée au Balattou, on nous dit même que Daby Touré sera avec Kimi sur scène! Une soirée à laquelle j’ai personnellement très hâte. J’ai parlé avec Kimi de sa jeunesse consacrée totalement à la musique, à sa venue dans la métropole, à sa collaboration avec Madonna, et plein d’autres choses. 

Merci à Jacob Edgar de Cumbancha/Putumayo qui a servi d’interprète, car l’entrevue s’est déroulée en portugais. 

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE CONCERT DE KIMI DJABATÉ AU BALATTOU LE 2 AVRIL 2026

PanM360 : Bonjour Kimi. C’est une première à Montréal. Mais êtes-vous déjà venu au Canada?

Kimi Djabaté : Une fois, à Edmonton, pour un seul concert. 

PanM360 : Vous avez grandi dans un petit village de la Guinée-Bissau qui s’appelle Tabato, une village de musiciens (griots). Tout le monde y joue de la musique… Vous n’aviez presque pas le choix…

Kimi Djabaté : C’est vrai que Tabato est un village de griots. C’est un peu la destinée, l’obligation sociale, de ses habitants de jouer de la musique. J’ai été entouré de musique toute ma jeunesse. Les griots sont tenus d’apprendre au moins un instrument et de raconter des histoires avec leur musique. Moi, c’est la balafon (sorte de xylophone traditionnel d’Afrique de l’Ouest) qui a été ma passion dès le début. 

Quand j’avais cinq à huit ans, mes parents m’emmenaient jouer dans des cérémonies de mariage, par exemple. Je suis devenu une sorte de sensation locale, on me trouvait très mignon avec mon instrument que je maîtrisais plutôt bien. Et puis, les commandes se sont multipliées. Parfois, je trouvais ça difficile. On me levait dans la nuit pour voyager et aller jouer. J’apportais des revenus à ma famille, de cette façon, vous comprenez. Moi, parfois, j’avais envie d’être un enfant comme les autres. Je n’ai jamais appris à jouer au foot (soccer)…

PanM360 : Une histoire comme celle de Mozart… Avez-vous déjà eu envie d’arrêter?

Kimi Djabaté : Non, jamais. Néanmoins, à l’adolescence environ, je me suis mis à écouter Africa 1, une station de radio du Gabon. Là, il y avait un programme diffusé toutes semaine, de 2h à 4h du matin, et j’y ai découvert toutes sortes d’autres musiques. J’utilisais mon argent pour aller m’acheter des piles pour l’appareil radio, et pouvoir écouter mon émission! Là, ma passion s’est remise à grandir encore. Mais, non, je n’ai jamais vraiment pensé à ne pas faire de la musique. 

PanM360 : Vous êtes griot de la Guinée-Bissau. Ici à Montréal, nous avons plusieurs griots originaires du Mali, ou du Sénégal. Y a-t-il des différences importantes entre les traditions de ces différents pays?

Kimi Djabaté : Pas vraiment. Toute la culture des griot provient de l’ancien empire mandingue (ou Empire du Mali), qui englobait toute la région à l’époque du Moyen-Âge européen. Ce sont les forces coloniales qui ont par la suite divisé tout cet ensemble en divers pays et apporté de nouvelles langues. Pour le reste, les sources, les codes, demeurent les mêmes. En fait, nous parlons encore fréquemment la même langue d’origine, le mandingue. C’est d’ailleurs la langue de Touré (Lamine), le directeur et propriétaire/fondateur du Balattou!

PanM360 : Lors de ce concert, vous jouerez surtout Dindin?

Kimi Djabaté : Oui, surtout, mais aussi quelques chansons des albums précédents. Daby Touré qui est basé à Montréal viendra aussi sur scène avec moi. C’est un grand honneur. Nous jouerons aussi un concert à Toronto. Et puis, nous jouerons êut-être aussi quelques nouvelle chansons, que nous aurons peut-être eu le temps de travailler à Montréal, car j’y serai pendant quelques semaines. 

PanM360 : Parlez-moi de votre collaboration avec Madonna…

Kimi Djabaté : C’est à travers des amis mutuels que nous nous sommes rencontrés. Madonna a passé un peu de temps à Lisbonne. On s’est rencontré dans un concert privé pour des amis français. Elle est une grande fan de musiques africaines. Par la suite, j’ai été invité à ses fêtes d’anniversaires, et puis elle m’a demadé de jouer une pièce sur son album Madame X. Ça s’appelle Ciao Bella. Je chante, et Madonna fait les chœurs derrière moi!

PanM360 : On a très hâte de vous voir à Montréal et au Québec pour la première fois.

Kimi Djabaté : Moi aussi j’ai hâte d’y être. Ça me fait penser que, il y a de nombreuses années, un Québécois est venu étudier le balafon dans notre village! Il s’appelait Sylvain Panneton. Il a même enregistré une cassette. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. Si jamais il peut venir, ce serait très chouette. 

PanM360 : Le message est lancé! Merci. 

ALBUM CASSETTE DE SYLVAIN PANNETON

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