chanson keb franco / Neo-soul / R&B

Rau_Ze au Club Soda | La voix d’une jeunesse montréalaise

par Sami Rixhon

Braver le froid pour une dose de R&B, une autre de soul. Rau_Ze, projet gravitant autour d’un jeune duo formé par Rose Perron et Félix Paul, s’offrait une supplémentaire du lancement de Virer nos vies au Club Soda, son premier en carrière. En fait, pas vraiment.

Pas vraiment, car la salle de la rue Saint-Laurent avait, il y a un peu plus de deux ans, vu Rau_Ze remporter la 26e édition des Francouvertes. Il y avait en quelque sorte une boucle à boucler là-bas, sur ces planches, avant d’aller atteindre encore de plus hauts sommets.

Talkin’ ’bout my generation

La file devant le Club Soda s’étend sur la moitié du bloc plusieurs dizaines de minutes après l’ouverture des portes. Le vestiaire est plein (littéralement) et on peine à se trouver une place au balcon. La ferveur est bien là, réelle.

Rau_Ze et une demi-douzaine de musiciens accèdent à la scène et ouvrent leur prestation sur la chanson-titre de leur album, Virer nos vies. Tout le monde le répète, tout le monde sait déjà, mais qu’est-ce que Rose Perron a un don pour chanter. Sa personnalité est unique, elle respire l’assurance plus elle se laisse emporter par ses envolées vocales. Perron semble pourtant tout de suite plus timide quand les mots qu’elle prononce ne sont pas agrémentés de notes de musique, quand elle s’adresse d’une manière impromptue à une foule si fidèle entre deux chansons. La musique transforme l’être.

Sumerset, Pas la peine, L’Habitude (surtout L’Habitude) : Rau_Ze peut, à peine six mois après le lancement de son album, déjà s’appuyer sur de vrais hits se trouvant probablement sur nombre de playlists de Montréalais dans le vent. J’ai d’ailleurs vu passer le nom du duo plusieurs fois ces derniers jours dans les rétrospectives Spotify et Apple Music de mes amis. C’est simple : Rau_Ze est le plus grand phénomène musical de la génération Z au Québec depuis Hubert Lenoir, en 2018. Ce n’est pas rien, de remplir complètement le Club Soda après un premier lancement réussi, qui avait eu lieu dans une salle deux fois plus petite, et sans avoir sorti du nouveau matériel depuis.

Rau_Ze joue toutes les pièces de Virer nos vies, s’offre une reprise de Claude Dubois, Femmes de rêve, et clôture le tout avec deux jams déments de free-punk-jazz-psychédélique-expérimental qui laissent place à des pogos au pied du parterre.

Au début de leur vingtaine, les membres de Rau_Ze sont un vrai exemple de réussite et de rigueur pour quiconque de leur âge qui aspire à se surpasser. L’offre est professionnelle et particulièrement mature, et le plafond, déjà très haut, s’élèvera plus le groupe prendra de l’expérience.

Un MTELUS en leur compagnie dans un an ou deux, ce sera diablement plaisant.

Crédits photo : Camille Gladu-Drouin

Tout le contenu 360

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné