avant-rock / électronique / expérimental / contemporain / noise

POP MTL | Kee Avil est un être humain

par Joséphine Campbell-Lashuk

Un être humain tourne en rond sur scène. Kee Avil tente sans relâche de prouver son humanité. Elle hurle et la réverbération uniformise le son. Elle erre, mais reste toujours consciente du cordon du micro qui la retient. Elle danse et les lumières stroboscopiques prennent le dessus.

Elle nous demande sans cesse ce que nous attendons d’elle : « Vous voulez que je vous sourie ? », demande-t-elle.

Kee Avil se bat pour faire ses preuves, pour nous prouver qu’elle est humaine. Elle l’est.

Ce dimanche 28 septembre, Kee Avil offre une performance profondément connectée. Elle crée des scènes fantastiques de décomposition et de renaissance. Elle se déplace sur scène avec des mouvements prudents, semblables à ceux d’une marionnette, et des yeux brillants. Sa musique, qui s’est transformée en un sludge ambiant sensible, vous emmène dans un monde chimérique et en décomposition, tandis qu’elle lutte pour tenter d’arrêter cette décomposition.

Il y a une volonté d’être vue qui prend le dessus sur la performance, un enfilage et un retrait constants du masque. Derrière elle, une image générative fongique pulse à fond, inspirée des thèmes et des visuels du dernier opus Kee Avil, Spine . Cet album de 2024, son deuxième chez Constellation Records, joue avec les mêmes thèmes que ceux reflétés dans sa performance : fragilité, désintégration, préservation et tentatives de contrôle.

Elle utilise une large palette de techniques avancées, allant du doublage de sa voix à l’utilisation d’un archet sur la caisse claire par Kyle Hutchins, l’autre présence sur scène, rendant l’expérience encore plus hallucinogène. Bien que le son soit profondément immersif, Kee Avil conserve certains éléments tangibles. La guitare n’est jamais complètement noyée et les grognements dans son chant ressortent souvent. Elle reste ancrée et connectée à un son reconnaissable. Cet ancrage rend la performance encore plus émouvante.

Il la rend réelle.

Il la rend humaine.

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americana / folktronica

POP MTL | Andy Boay, une expérience cohésive

par Joséphine Campbell-Lashuk

Ce samedi, à l’Hémisphère Gauche, Andy Boay a captivé le public et retenu toute notre attention. C’était comme plonger dans le souvenir fané de quelqu’un d’autre du Montréal de 2012, familier, mais légèrement déformé. Le mot qui décrit le mieux sa performance est « envoûtant ». Membre du groupe Tonstartssbandht, le guitariste et chanteur s’est arrêté à Montréal lors de sa tournée nord-américaine pour promouvoir son nouvel album You Took That Walk For The Two Of Us.

Tout au long du concert, ses longues chansons fluides vous permettent de marcher avec lui et d’oublier que vous êtes à un concert avec d’autres personnes. Le soin apporté à la spatialisation contribue sans aucun doute à rendre sa performance si immersive. Des panoramiques dynamiques et pulsés interviennent au bon moment, permettant aux longues chansons de vous entraîner vers l’avant.

Sur le plan sonore, le set combinait des paroles rappelant les morceaux beachy des années 80 et le traitement sonore et les effets électroniques de l’électro-pop moderne et rêveuse comme ML Buch ou Laurel Halo, créant une expérience inattendue mais cohérente. Chaque chanson avait un rythme indéniable qui faisait bouger et hypnotisait le public. L’utilisation de boucles de batterie était parfaitement intégrée au spectacle, ce qui lui conférait une sensation très vivante. Cela était renforcé par l’utilisation simple par Boay de filtres passe-haut et passe-bas pour passer d’une partie à l’autre.

L’expérience sonore était à la hauteur de la présence scénique de Boay ; il sait comment mettre en scène un spectacle avec des moments de chorégraphie à la David Byrne et des images projetées sur le mur du fond. Les projections étaient en partie des fractales microscopiques en noir et blanc ressemblant à des cellules, en partie des écrans d’ordinateur psychédéliques. Le passage entre les images en couleur et en noir et blanc reflétait l’expérience austère et la nostalgie qui ont caractérisé toute la soirée.

Dans l’ensemble, j’espère que la deuxième partie de sa tournée se déroulera aussi bien. Andy Boay offre un excellent spectacle en solo.

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chanson keb franco / hip-hop alternatif / post-punk / post-rock

POP MTL | Fat Dog sous cocaïne, et escapades velouriennes

par Sami Rixhon

Il y a des musiciens qui s’écoutent mieux en albums. Logique, certains sont plus à l’aise en studio. Et d’autres, par contre, sont meilleurs sur scène. C’est sur les planches qu’on les découvre sous leur meilleur jour. Fat Dog fait partie de cette deuxième catégorie.

Groupe de la scène londonienne formé récemment (formé pendant la Covid, en fait), Fat Dog, visiblement, impressionne tous ceux qui les voient sur scène depuis le lancement de son premier album, WOOF., sorti l’année dernière.

Des commentaires trouvés sous cette vidéo d’Anthony Fantano parlant de l’album (et lui accordant 7/10) confirmait la tendance, tout comme le bouche-à-oreille global d’Internet.

Ça intrigue, il faut bien l’avouer.

Les Anglais montent sur scène aux alentours de 22h40, après deux premières parties, alors que le début du spectacle était annoncé pour 20h sur le site de POP Montréal. Désolé de faire un Patrick Lagacé de moi, mais quand Madame attend sagement à la maison, et que la game des Canadiens est passée, ça irrite de perdre de son précieux temps un samedi soir.

Bref.

Fat Dog, à six, gagne la scène sur Vigilante, alors que le claviériste du groupe arbore fièrement un grand drapeau du Canada, qu’il remontrera à de nombreuses reprises vers la fin du spectacle. Bon, on aurait certainement préféré un drapeau du Québec, le blanc se marie bien mieux au bleu qu’au rouge, mais c’est déjà pas mal, on salue l’effort.

Fat Dog tricote dans un post-punk bien plus axé sur l’énergie qu’autre chose (à la manière Viagra Boys), avec une certaine dose de technique de la part des instrumentistes et, étonnamment, des airs parfois moyen-orientaux qui enrichissent une musique pas forcément des plus éclectiques.

Parce qu’il faut l’avouer, Fat Dog, ce n’est pas de la grande musique savante. Ça ne réinvente pas la roue d’une quelconque manière, ça ne se veut pas révolutionnaire. Mais mon Dieu, d’un autre côté, que c’est diablement jouissif.

Si vous êtes dans le fond de la salle, vous allez constamment hocher de la tête, obligé, et si vous êtes à l’avant, vous serez plutôt pris dans un mosh pit qui n’arrête jamais.

Le chanteur de Fat Dog, Joe Love, a l’air complètement explosé par toutes les substances du monde à la fois. Mais même intoxiqué, nonchalant à souhait, il parvient à faire lever la salle. La Toscadura semble tellement rudimentaire comme endroit qu’on a l’impression que le sol va s’écrouler face à l’enthousiasme du public.

À (re)voir lors de leur prochain passage à Montréal.

Wouf!

Ça ne décolle pas en première(s) partie(s)

Ce sont les Montréalais de Fresh Wax qui ont ouvert le bal de la soirée, vers 20h30. Le duo (un bassiste et un batteur) s’occupe à deux des parties rythmiques, mélodiques et des basses de sa musique, à la manière de Royal Blood. Leurs chansons, par contre, sont plus lourdes et mathématiques, se rapprochant des sonorités des premiers groupes de post-rock des années 90, saupoudré d’un mixage des micros à la Robert Smith, bien distant.

Ça ouvre correctement la soirée, mais sans plus, la musique est trop décousue pour être réellement très appréciable.

Le suivant, Godly the Ruler, musicien.ne américain.ne non-binaire, a proposé un set plein de tonus, mais qui n’a pas installé une ambiance aussi folle que celle entrevue pendant la performance de Fat Dog.

L’artiste base aussi la quasi entièreté de son univers sur l’énergie, iel ne jurant que par les « blood, sweat and tears », de ses mots. Mais là est le risque : sans une réponse nette et enthousiaste d’un public, la performance d’un Godly the Ruler est tout de suite entachée, elle ne rend pas l’effet escompté.

Et pourtant, la musique n’est pas mauvaise. Godwill Oke, de son vrai nom, m’a rappelé le fougueux Tyler, the Creator des débuts de sa carrière, piochant dans le plus agressif de Goblin et dans le plus bruyant de Cherry Bomb.

Velours Velours est en bonne compagnie

Il était environ 23h30 quand Fat Dog nous a quittés, sur son succès Running. Pas loin de là, à l’Espace POP, au-dessus du P’tit Ours (ancien Ursa), Velours Velours s’adonne à un sacré défi. Du 27 septembre midi au 28 septembre midi, l’artiste gaspésien, installé 24 heures dans une même pièce, devait, à chaque fois qu’une personne sonnait une cloche à côté de lui, jouer sa chanson La fin. Et cette chanson-là uniquement. Même à 2h matin, même s’il est terriblement fatigué. Ce sont les règles du jeu. C’est extrême, et ça rappelle fort cette performance de The National donnée il y a 12 ans.

Ça valait bien une petite marche pour aller voir ça de mes propres yeux.

J’entre dans la pièce alors que Velours Velours est en pleine performance de La fin, mais dans une version féline, tous les mots étant remplacés par des « miaous ». L’artiste est accompagné par un chœur du nom de La chorale des parcs. Velours Velours se fait, en fait, visiter par de nombreux collègues musiciens et amis tout au long des 24 heures. Histoire de varier un peu sa chanson, lui donner des couleurs différentes selon l’invité. Parce que, sinon, à la guitare-voix pendant 24 heures sans arrêt, ça risque de tourner un peu en rond.

L’Espace POP ressemble, pour l’occasion, à une chambre. L’éclairage est chaleureux, et les personnes rassemblées pour l’écouter sont souriantes, assises en indien tout autour de lui, et particulièrement silencieuses.

Velours Velours, à la fin d’une interprétation de sa chanson, en se levant, accroche par accident lui-même la cloche. Elle sonne, ce qui l’oblige à s’attaquer à une nouvelle version de La fin. Le visage mi-amusé, mi-désespéré, Velours Velours doit donc s’y remettre, les pauses ne règnent pas en maître par ici.

Et c’est reparti pour un tour!

Crédits photo de Fat Dog et Godly the Ruler : Pierre Langlois

Crédits photo de Velours Velours : Charles-Antoine Marcotte

indie pop

POP MTL | U.S. Girls dans toute sa splendeur

par Marilyn Bouchard

Meghan Remy , alias U.S. Girls, était de retour à Montréal dans toute sa splendeur, entourée de  musiciens et choriste.

Ce samedi 27 septembre au Ria. La musicienne et productrice torontoise derrière U.S. Girls était enthousiaste et remplie d’émotion d’être de nouveau sur une scène montréalaise, qu’elle nous a confié apprécier particulièrement.

Elle a présenté pour l’occasion des extraits issus de In a Poem Unlimited et de Bless This Mess principalement, parsemant le spectacle de séquences passionnées de danse et de petites interventions personnelles et cocasses, comme sur sa myopie.

Celle qui aime beaucoup collaborer avec plusieurs artistes à l’écriture et à la production  s’est replongée dans certaines de ses plus récentes State House (It’s a Man’s World), Rosebud, Dear Patti, L-Over et des incontournables telles que Overtime, Bookends et 4 American Dollars, très appréciées des fans qui ondulaient lentement devant la scène. Nous avons également eu droit à une reprise originale de Rage of Plastics de Fiver en version pop expérimentale.

 En somme, malgré quelques désagréments  mineurs côté sonores (interférences et choriste absente du mix sur une chanson), l’énergie était au rendez-vous et le public fut charmé.

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électro arabe / Hip Hop / hip-hop / Moyen-Orient / Levant / Maghreb

POP MTL | DAM, ZE groupe pionnier sur scène

par Simon Gervais

Groupe rap palestinien par excellence, pionnier du rap arabe, DAM (Da Arab MCs) nous a électrisés samedi, 4e soirée de POP Montréal. 

Rappant principalement en arabe, mais aussi en anglais et en hébreu, Tamer Nafar, Mahmoud Jreri et Maysa Daw s’avouaient affectés par le décalage horaire en début de spectacle. Cela dit, ils ne manquaient pas d’énergie sur scène.

Enfilant ´banger’ après ´banger’, la formation hip-hop a enflammé un public dont près des deux tiers étaient arabophones, plusieurs arborant le keffieh en symbole de résistance pour la cause palestinienne. Pour l’un de leurs hits, Emta Njawzak Yamma, Maysa a fait usage du micro de façon surprenante, créant un effet sonore particulièrement amusant.

Mention spéciale à Maysa, qui nous a enseigné à pousser le cri de célébration arabe et pris un moment pour déclamer certains des textes traduits en anglais , question de permettre aux néophytes d’en saisir la signification.

J’ai eu les larmes aux yeux à quelques reprises, mon esprit voyageant naturellement vers Gaza et toute la souffrance et l’injustice subies là-bas. J’ai aussi été touché par ce partage culturel qui défie toutes les barrières, même dans une salle adjacente à une épicerie Maxi spécial casher puisque située à la lisière d’Outremont. Ce vivre ensemble qui perdure au-delà des conflits, ça me touche beaucoup. 

Ce fut ainsi un spectacle à la fois touchant, lourd de sens, mais non pas sans légèreté et sans joie. Comme quoi l’un n’empêche pas l’autre et la résilience l’emportera toujours.

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indie rock / pop-punk / post-punk

POP MTL | Ribbon Skirt magnétique, frénétique

par Simon Gervais

Finaliste de la courte liste au prix Polaris 2025 pour son album Bite Down, le duo indie rock montréalais Ribbon Skirt a livré, le 27 septembre dernier à La Sotterenea, une performance à la fois magnétique et frénétique.

La chanteuse et guitariste anishinaabe Tashiina Buswa était chargée d’une énergie chaotique, très contagieuse. Elle chantait souvent les yeux clos, comme envahie par son monde intérieur. S’aventurant tantôt sur les enceintes de son, tantôt parmi la foule, puis recroquevillée ou encore allongée sur scène, Buswa occupait l’espace de façon presque transgressive et profondément théâtrale, poussant l’idée du concert comme rituel collectif.

Son partenaire, le multi-instrumentiste Billy Riley, la bassiste ainsi que le batteur étaient tout autant survoltés, donnant lieu à une prestation très incarnée et flamboyante, tout en mouvement. La complicité entre les musiciens était palpable, chaque regard ou sourire semblant alimenter la tension électrique du moment. On pouvait observer une subtile identité queer au sein du band : bassiste au genre ambigu, Riley vêtu d’une chemise à froufrou et jouant de sa guitare rose scintillante, détails qui participaient à l’esthétique unique du groupe.

L’indie rock de Ribbon Skirt est chargé d’émotions viscérales. Cette intensité puissante s’appuie sur des influences garage et grunge des dernières décennies, post-punk des années 90, mais aussi sur un soupçon de pop punk des années 2000. Le son oscille ainsi entre fureur et fragilité, créant une expérience sonore cathartique.

Avec la chanson Off Rez, Ribbon Skirt aborde de façon frontale son identité autochtone, les frustrations systémiques et le désir d’évasion qui s’y associe. Le nom du groupe fait référence aux jupes traditionnelles autochtones, célébrées depuis 2023 lors du National Ribbon Skirt Day.

Leur prochain EP, PENSACOLA, attendu le 3 octobre 2025 sous étiquette Mint Records, se veut une forme d’épilogue à Bite Dow.

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avant-pop / disco

POP MTL | Elle Barbara à l’heure de Word On The Street

par Marilyn Bouchard

C’est avec grâce et plaisir que la Montréalaise Elle Barbara était de passage au Rialto ce samedi 27 septembre, ouvrant pour les U.S Girls, afin de présenter un bouquet de compositions et de reprises inspirées.

L’artiste transgenre (autrefois Jeff Barbara) et ses musiciens ont ainsi rejoint leurs  fans pour une prestation décomplexée et remplie d’autodérision, frôlant parfois le burlesque. 

Vêtue d’une combinaison pastel moulante pairée à une longue chevelure brune, Elle a revu avec beaucoup d’humour son répertoire disco-pop, parfois psychédélique. Elle a insisté particulièrement sur les pièces de son plus récent album Word On The Street. Dans ce contexte, Elle a d’ailleurs créé une performance où Elle se marie à elle-même!

Également vidéaste, elle a aussi accompagné la pièce Hitler, Satan & Associates LLP par des images de son cru. Les chansons Justice Complice, Caramelized Onions, BBQ All-Dressed et Word on The Swing se sont elles aussi mariées à certaines relectures, dont l’une très sensuelle de Beat It qui n’a pas manqué de faire sourire  l’assistance. Enfin, elle a fait un clin d’œil à Délice Créole remixé, pour un début de soirée tout en rythmes et en couleurs où l’avant-garde était à l’honneur!

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Ambient Folk / électronique / folk expérimental

POP MTL | Jules Reidy, le fil d’une histoire mystérieuse

par Félicité Couëlle-Brunet

Vendredi soir à POP MTL, j’ai croisé par hasard l’univers de Jules Reidy, artiste de Berlin, originaire d’Australie.

Tout a commencé presque incognito. Après le concert de Una Rose, alors que la scène se vidait dans un va-et-vient de techniciens, une silhouette discrète déposait une guitare classique, puis une autre électrique, suivies d’un ordinateur et de quelques contrôleurs déposés sur une petite table centrale. Avec son allure modeste, on aurait juré qu’iel faisait partie de l’équipe technique.

Puis, les lumières s’éteignent. Silence. Jules revient, cette fois seul. Pas un technicien, mais bien l’artiste. Iel s’avance avec délicatesse, prend sa guitare électrique et se place devant le micro. Chaque geste est mesuré, tendre, presque timide. Peu à peu, une présence s’installe, subtile et magnétique.

La première note résonne. La voix se déploie, douce et narrative, comme un fil qui nous guide à travers une histoire mystérieuse. Derrière, des textures électroacoustiques se construisent graduellement : nappes étranges, enveloppantes, constantes, auxquelles la guitare répond avec une précision et une intention frappantes. Les deux univers s’emboîtent parfaitement, créant un équilibre hypnotique.

Des effets vocaux autotunés viennent se greffer, rappelant une pop dure et éthérée, dans la continuité de la soirée qui annonçait le set suivant, celui de Chanel Beads. Les boucles s’accumulent, ralentissant le temps, plongent la salle dans une transe douce. On n’écoute plus seulement de la musique : on flotte dans un espace suspendu.

Jules dépose sa guitare électrique, ajuste patiemment ses textures électroniques, avant de revenir avec l’acoustique. Plus brute, plus rugueuse, elle décale l’atmosphère, ajoutant une profondeur inattendue. Toujours avec grâce, toujours en prenant son temps, iel laisse chaque son respirer, chaque silence compter.

Et le public, captivé, se laisse happer par cette lente construction, comme si on assistait à une cérémonie intime où tout se déploie avec intention.

Un moment rare. Hypnotique. Touchant.

Jules Reily ne donne pas un concert : iel ouvre un passage, un espace où le temps devient émotion.

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latino / reggaeton

POP MTL | Nuit latine au Piccolo Rialto, presque torride

par Alain Brunet

On s’attendait à une nuit torride au Piccolo Rialto, jusqu’aux petites heures. Ce fut moins infernal que prévu. Le clou de cette nuit était Isabella Lovestory, dont on dit qu’elle vient de franchir le mur de New York où on s’apprête à la propulser encore plus haut.

Montréalaise originaire du Honduras, elle fait dans un reggaeton plus hardcore et souvent joué beaucoup plus rapidement, avec des effets sonores clairement atypiques malgré ses velléités pop. Isabella fait aussi dans la lourde évocation kitsch latino, vu ce look de midinette sexy se trémoussant aux quatre coins du rectangle scénique.

Plus rap que chant, sa dégaine vocale est certes enflammée, mais un tantinet brouillonne, échevelée, un peu perdue dans le maelström. Pas mal, on en convient, mais on attend les effets spéciaux! Avec un budget à la hauteur des prétentions de miss bombe, on remplacera les animaux gonflables, les ballons de Saint-Valentin et ce monde de toutous softcore ornant la scène, ceci incluant la principale intéressée. Mention spéciale à son excellente et très créative DJ, la New-Yorkaise ali rq, à suivre de près.

Une heure plus tôt, on s’était présenté au sous-sol du Rialto pour Jashim, qui brille dans l’underground montréalais pour ses déconstructions de reggaeton et sa posture non binaire afro-colombienne. Or, sa proposition sur scène a été plus convenue que ses enregistrements tout à fait rafraîchissants, pour leur originalité et leur aplomb. À peine une demi-heure passée sur scène, Jashim a quitté côté cour, après qu’une invitée sexy ait fait contrepoint avec son look beaucoup plus neutre, assurément non genré.

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art-rock / expérimental / contemporain / J-pop / noise / pop psychédélique

POP MTL | TEKE::TEKE encore et toujours inclassable

par Marilyn Bouchard

La formation montréalaise TEKE::TEKE a présenté un concert à la hauteur des attentes de son public déchaîné, ce vendredi 26 septembre au Théâtre Rialto dans le cadre de son passage à POP MTL. Présentant un assemblage de sa discographie inspirée, ils sont passés par leurs albums Hagata, Shirushi et même Jikaku (EP), sans oublier la favorite Ezio’s Family, se retrouvant sur le nouveau Assassin’s Creed. 

Costumes flamboyants, masques excentriques,  projections de figures géométriques ou nuageuse: on aura compris que les sept complices ont offert une prestation déjantée où l’énergie était au maximum, autant sur scène que dans l’assistance. 

On a eu droit à des solos originaux de Yuki Isami à la flûte traversière, à une partition complexe d’Étienne Lebel au trombone et à quelques moments de puissance brute de la part de Maya Kuroki au chant, qui était magnétique.  Inspiration japonaise… inclassable !

Habitant la scène comme sa maison, tantôt dansant de manière contemporaine et tantôt criant dans le mégaphone, elle nous a emmenés visiter les pièces Meikyu, Setagaya Koya et Ai No Kozuna avec passion. 

Devant un plus ou moins millier de personnes qui s’éclataient sur la piste, le Rialto s’est transformé en un lieu de transe festive, digne des plus gros festivals.

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punk / rock

POP MTL | Kasador met le feu au décor

par Marilyn Bouchard

Les quatre amis de Kingston n’ont pas attendu longtemps pour mettre le feu aux planches à l’Hémisphère Gauche ce jeudi 25 septembre dans le cadre de POP MTL. C’est devant un public d’une trentaine de personnes et un fond de scène noir à l’effigie de leur nom que les artilleurs de Kasador, porteurs du rock&roll ontarien, ont ouvert leur prestation de fin de soirée.

Ils ont d’emblée réchauffé l’atmosphère avec Youth, posant tout de suite le ton déjanté et l’énergie survoltée de leur passage. Ils ont enchaîné des extraits de Broad & Bloom, Youth et de leurs plus récents EP Kasador I et II avec intensité, passant par Could’ve Loved You, Talk About It et Skeleton Park.

Le plaisir et la complicité entre les membres était palpable et Cameron, visiblement amusé, nous a offert quelques coups de pied dans les airs bien sentis pour marquer les accents du jeu percussif à Stephen. À mi-chemin, la foule a commencé à se dégourdir avec eux juste à temps pour les plus dansantes, culminant avec R.I.P. Me Down pour une finale attendue. Un concert court mais électrisant, qui nous a fait oublier la pluie en nous offrant 45 minutes d’émotion brute et de rock gentil.

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americana / folk-rock

POP MTL | The Codas se font de nouveaux amis

par Marilyn Bouchard

Tout en douceur que The Codas, invités par POP Montreal dans le cadre de leur Counterfeit Cowboy Tour, se sont embarqués sur la scène de l’Hémisphère Gauche ce 25 septembre. De Kingston en Ontario, tout comme leurs amis de Kasador, leur apparition relativement nouvelle (2019) ne leur enlève en rien la place de choix qu’ils ont su se tailler sur la scène indépendante canadienne. 

Ils ont puisé dans le matériel de leurs EPs Chasing Sun et Is This Us en ne laissant de côté aucune des plus appréciées du public : Habit, One Foot out the Door et Eyes Closed étaient sur la liste. 

À travers les singulières chansons folk-rock teintées d’americana, le public de prime abord timide s’est rapproché, devenant captivé et attentif à leurs riches harmonies vocales et à la sensibilité charismatique de Braden. 

Les musiciens nous ont également surpris avec deux récents extraits, soit Last Call et Poison, rendant ce passage unique pour les fans des premières heures. On a eu droit à un solo inspiré, à des arrangements-surprise de violon électrique, ainsi qu’à plusieurs beaux moments à trois voix qui valaient le détour.Avec cette prestation empreinte d’émotion et de mélodies hypnotiques,  The Codas n’ont  pas manqué de séduire de nouvelles oreilles et de bercer Montréal.

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