indie rock / rock

Franz Ferdinand et Telescreens, question de se décoiffer

par Marilyn Bouchard

Un lundi soir d’avril, sont arrivés sur scène les membres de Franz Ferdinand. Ces géants tranquilles, « straight from Glasgow », ont enflammé le MTelus!

Ils nous ont salués avec une exécution sans faille de The Dark of the Matinée, qui a tôt fait de réveiller les fans de la première heure et de conquérir les nouveaux.
On a pu apprécier un duo basse-batterie inspiré durant Michael, et un solo de trois guitares électriques à l’avant-scène lors de Everydaydreamer par la suite.

Love illumination, remplie d’énergie positive et de joie, a élevé l’ambiance d’un cran et c’est tout de suite après qu’Alex Kapranos nous a avoué « adorer les Québécois », échangeant plusieurs fois avec nous dans un très bon français, sans surprises puisqu’il partage sa vie avec la chanteuse française Clara Luciani.

Ils ont ensuite continué avec la chaleureuse Audacious, chanson à teinte traditionnelle écossaise accompagnée au banjo.

Sans surprises, Do you want to a, par la suite, fait exploser l’ambiance avec son énergie enlevante, la foule dansant allègrement sur les refrains.

J’ai apprécié découvrir Build It Up en concert, puisque la chanson prend vraiment toute son ampleur sur scène. Un moment mémorable où le chanteur tapait des mains avec la foule en tendant de multiples fois le micro. Une lente amplification qui a fait sourire même les plus endurcis par la fierté et l’encouragement qu’il partageait. 

Avec Can’t Stop Feeling, ils ont gâté les musiciens avec des passages inspirés sur chaque instrument, notamment un solo de synthétiseur bien senti.

Ils nous ont ensuite livré la tant attendue Take Me Out, le tube qui les a révélés et qui a transporté la foule en délire avant de terminer avec Hooked et Outsiders, durant laquelle le chanteur s’est laissé aller à quelques improvisations de bassin.
Après plusieurs minutes pendant lesquelles la foule scandait, ils sont revenus pour un généreux rappel de 5 chansons, dont une interprétation énergique d’ Ulysses et une magnifique exécution de Come On Home, avec la foule chantant en chœur les refrains, qui m’a suivie jusqu’à la maison.

La soirée s’était réveillée avec Telescreens, un groupe d’indie-rock and roll alternatif qui honore l’héritage New Yorkais et qui sonne comme les dignes enfants de The Strokes et The Vines. T-shirts déchirés, gueules de rockeur bouclées et atmosphère enfumée : tout y était pour se croire au début des années 2000. On a même (presque) eu droit à une guitare brisée.

Ils ont ouvert avec Games, prenant d’assaut la scène instantanément avec le riff de guit hypnotique, la prestance de Jackson Hamm et le rythme entraînant. L’énergie a rempli tout de suite la salle et on a vu plusieurs personnes se mettre à danser durant le bridge. Le chanteur nous a ensuite adressé quelques mots, en s’essayant de manière charmante en français.

Ils ont enchaîné avec Phone Booth, avec un plaisir évident entre eux et en faisant chauffer les amplis des guitares électriques. 

On a eu droit à quelques nouvelles chansons et ils ont interprété Times Like These, une chanson un peu plus punk où on peut sentir les influences des légendes américaines telles que Bad Religion et NOFX et Melancholy Dreaming, une chanson plus tranquille aux arrangements un peu plus électro.

Ils nous ont quittés en nous offrant une performance déchaînée de leur hit Lost, pendant laquelle les voix se sont complètement emportées et où le chanteur est monté sur la grosse caisse de sa batterie et a créé un crescendo avec la foule, se lançant au sol lors de la résolution. Leur prestation était l’une des plus inspirées que j’ai vues depuis un bon bout de temps.

Une décharge d’énergie insouciante de 45 minutes pendant lesquelles tout le monde avait 16 ans et qui nous a permis d’oublier de se prendre au sérieux pour un moment.

Un duo parfaitement assorti pour une soirée qui décoiffe, parfaitement réussie.

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