En observant les fans d’Ariane Roy faire la queue, riant et gloussant, j’ai demandé à l’un d’entre eux ce que cela faisait de la voir en concert. « C’est à couper le souffle, c’est plus que pertinent à l’ère du féminisme et de la liberté d’expression sans limites, et elle incarne l’attitude rock de Marjo mêlée à des harmonies et une voix aussi gracieuse que celle des Sœurs Boulay, le tout sur des mélodies aussi entraînantes que celles de sa collègue Marie-Mai dans les années 2000. »
Ariane Roy a connu ses premiers succès avec Medium Plaisir, sorti en 2022, puis en 2024, aux côtés de Thierry Larose et Lou-Adrianne Cassidy, elle a offert au public un album live intitulé Le Roy, La Rose et Le Loup, salué par la critique et les fans. Cet album a rappelé avec tendresse J’ai vu le loup, le renard et le lion et 1 fois 5, deux albums live enregistrés lors de la fête nationale du Québec, mettant en vedette Gilles Vigneault et Robert Charlebois, parmi d’autres légendes de la scène musicale québécoise de leurs époques respectives.
En 2025, Ariane a sorti un album intitulé Dogue, proposant des textes en français sur des mélodies électro-pop, tout en marquant une rupture rafraîchissante par rapport à son dernier album de 2022.
Virginie B a ouvert la soirée, apportant une ambiance à la Charli XCX avec une voix douce qui s’élevait au-dessus de rythmes électro-pop britanniques. Son set était un mélange entre la voix douce et la gamme vocale étendue de Yoko Ono et la musique pop percutante ainsi que les looks théâtraux de Lady Gaga. Virginie B nous a réveillés et nous a mis en condition avant le concert principal. Puis vint la très attendue Ariane Roy.

Silence, lumières, action : Ariane Roy fait son entrée sur scène vêtue d’une robe blanche, surmontée d’un corset en velours rouge à carreaux et d’une cravate jaunâtre. Ses yeux, soulignés de paillettes, brillent tandis qu’elle interprète les paroles de la chanson titre Dogue. La foule est en effervescence, tout le monde chante le refrain, et l’espace d’un instant, nous chantons tous è l’unisson avec Ariane Roy. Odile Marmet-Rochefort est aux claviers tout en assurant les chœurs avec trois choristes qui l’accompagnent pendant le spectacle aux côtés du producteur de Dogue, Dominique Plante, qui joue du saxophone, de la flûte, de la basse et de la guitare, et qui vient également prêter main forte aux chœurs.
Les chansons s’enchaînent tandis que le spectacle monte progressivement en puissance avec des titres comme Kundah et Bonne Fête qui accélèrent le rythme, encourageant la foule à sauter et à danser comme s’il n’y avait pas de lendemain. Viennent ensuite des chansons comme Une cigarette sur le balcon, présentée comme le récit de la petite Ariane Roy, s’inquiétant pour sa mère qui ne fume que dans les moments difficiles. Ce sentiment d’impuissance, nous l’avons tous connu : un jour, voir nos parents pleurer seuls dans l’obscurité de la nuit. Je dois dire que cela m’a permis de me rapprocher un peu plus de la superstar, car j’ai senti que nous partagions tous une dimension humaine, même si elle baigne dans la gloire et la fortune.

Photo by Rose Cormier
Un autre moment fort a eu lieu lorsqu’elle a interprété Ce n’est pas la chance, une chanson sur les sans-abri ponctuée de riffs rappelant la guitare d’Arcade Fire et se terminant par un solo de Plante, les corps s’entrechoquant, se frottant les uns contre les autres, tandis qu’ils déchaînaient une rafale tonitruante d’arpèges qui a enflammé la foule.
« Tu voulais parler » commence doucement mais s’accélère, et l’électricité se propage dans les cheveux tandis qu’Ariane Roy encourage tout le monde à danser et à chanter, sans se soucier de ce que les autres pourraient penser ou dire. Le concert se termine par un rappel comprenant « Banc de parc », une chanson clin d’œil à Les Amoureux sur les bancs publics , classique de Georges Brassens ; une deuxième chanson intitulée Ta main, qui incarne le son plus organique de son précédent album medium plaisir ; et pour couronner le tout, elle a chanté « Fille à porter », un grand classique des fans avec Lou-Adriane Cassidy au chant. Même s’il aurait été agréable de voir sa « soeur cosmique » venir chanter avec elle sur scène, les fans étaient ravis à la fin, et les applaudissements ont résonné sans fin après le dernier salut du groupe sur scène.
Ariane Roy mérite tout son succès ; elle en est reconnaissante et a pris le temps de remercier toutes les personnes qui ont contribué au spectacle. Elle a brandi deux drapeaux du Québec que des fans avaient apportés, un clin d’œil approbateur au mouvement indépendantiste naissant qui se propage à travers les lacs et les rivières du Québec. Je dois avouer que j’étais époustouflé. Avec une setlist variée, des pas de danse à la Jagger et une mise en scène magnifique, le spectacle d’Ariane Roy restera gravé dans ma mémoire. C’était rafraîchissant et formidable de voir à quel point nos artistes locaux sont vivants et de voir les fans chanter la plupart des chansons. Je peux affirmer sans hésiter que la culture locale du Québec est bel et bien vivante et dynamique ! Si vous l’avez manquée, elle est actuellement en tournée au Québec, avec une prochaine date le 27 mars à Laval-des-Rapides. Elle se produira également à Lavaltrie le 9 avril.
Photos by Rose Cormier























