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Des chants autochtones, des mélodies et des chansons traditionnelles d’Europe et des Amériques pour voix et ensemble instrumental : voilà ce que réserve le concert de clôture du Festival du Bic. PANM 360 a rencontré l’artiste autochtone multidisciplinaire Natalie Sappier (Samaqani Cocahq) pour évoquer sa pratique artistique, ainsi que son rôle dans le concert prévu le 8 août prochain.
PANM 360 : Pour ceux qui ne connaissent peut-être pas très bien votre travail d’artiste, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vous et sur ce que vous faites en tant qu’artiste ?
Natalie Sappier : Samaqani Cocahq, je suis une artiste autochtone wolastoq aux pratiques interdisciplinaires. Je vis au sein de la Première Nation de Tobique, au Nouveau-Brunswick. Depuis près de 20 ans, je crée des peintures, des motifs, des chansons et des pièces de théâtre. Je suis surtout connue pour mes peintures et mes créations graphiques inspirées des motifs traditionnels Wolastoq Wabanaki. Pour ma première pièce de théâtre, *Finding Wolastoq Voice*, j’en ai écrit le texte et composé la musique. Il s’agit de la première pièce Wolastoq à avoir été jouée au Nouveau-Brunswick et à avoir fait l’objet d’une tournée au Canada, notamment au Centre national des Arts, à Winnipeg et à Toronto.
Je travaille beaucoup en étroite collaboration avec d’autres artistes, danseurs, créateurs, musiciens, écrivains et gardiens de la langue autochtones. C’est en gros ce que je fais. Je raconte des histoires de multiples façons.
PANM 360 : Pourriez-vous m’en dire un peu plus sur le rôle que vous avez joué dans la conception de ce concert ?
Natalie Sappier: Je me produirai en tant qu’artiste principale et j’ai invité mon amie, Judy Aquin, à se joindre à moi pour interpréter ces chansons. Elle a participé à la création de certaines d’entre elles avec moi pour ma pièce « Finalistic Voices », notamment pour les chœurs, les voix supplémentaires et les chants.
J’ai pensé que ce serait merveilleux de l’emmener avec nous afin de pouvoir partager des chansons originaires du Nouveau-Brunswick, mais aussi une langue présente au Québec. J’ai été très inspirée par le fait que le concert, « Wolastoq’inil », se déroule au bord de la rivière. Je voulais rendre hommage aux chants de l’eau, car en tant que peuple Wolastoq’inil, notre nom signifie « le peuple de la belle rivière ». Cela m’a beaucoup inspirée.
J’interpréterai certains de mes propres chants, mais aussi nos chants traditionnels. Le spectacle sera également narré par mon partenaire, Justin Mann. Quant au deuxième spectacle, je tenais vraiment à mettre en avant certaines de nos chansons traditionnelles et à partager des chants d’amitié, des chants ancestraux et des chants d’appel. J’étais tout simplement très enthousiaste à l’idée de partager nos chants, de pouvoir les chanter devant un public, de nouer de nouvelles amitiés et de créer un lien avec un lieu où je ne m’étais encore jamais produite.
PANM 360 : Ce concert réunira d’autres artistes chantant dans d’autres langues et originaires d’autres pays. Qu’est-ce qui vous intéresse dans le fait de mêler ces différentes mélodies issues de traditions diverses au sein d’un même concert ?
Natalie Sappier: Je trouve ça magnifique. Ça recèle de nombreuses langues. On ne comprend peut-être pas les mots qu’ils prononcent, mais on peut ressentir ce qu’ils expriment.
C’est une façon très belle et très forte d’apprendre à se connaître. Je pense qu’il est très important, surtout en cette période, que nous nous réunissions autant que possible pour partager des récits sur notre histoire et notre culture, sur ce que nous ressentons, sur ce qui se passe et sur ce que nous souhaitons mettre en œuvre pour aller de l’avant. Et aussi des enseignements venus de partout, des enseignements sur la façon d’avancer dans la vie, des enseignements sur l’amour, la compassion et le courage. Je suis très impatiente d’assister à certaines de ces représentations. J’ai vraiment hâte d’y être.
PANM 360 : Pour finir, que souhaitez-vous que le public retienne de ce concert ?
Natalie Sappier: Dans notre pratique, il y a beaucoup de chants de gratitude envers ce qui nous entoure : la création, la terre, l’eau, le ciel.
C’est une marque de gratitude envers notre Terre Mère. Et j’espère que cela inspirera d’autres personnes à ressentir ce lien avec la Terre Mère, à comprendre qu’elle est leur mère et qu’il est de notre responsabilité de prendre soin d’elle. Il est de notre responsabilité de chanter pour elle, car elle chante pour nous chaque jour.
On entend le vent, on entend les vagues, on entend la Terre chaque jour. Et je pense que c’est un remède salutaire pour nous de chanter pour elle aussi. Et que nous sommes tous frères et sœurs, n’est-ce pas ?
Il est donc très important pour nous de tisser ces liens et de les entretenir. Et collaborer, créer et partager de la musique est une merveilleuse façon d’y parvenir.






















