Dylan Robinson est issu de la Première Nation Skwah; il est professeur associé à l’École de Musique de l’Université de Colombie-Britannique. Ses créations et ses recherches portent sur le militantisme autochtone et les arts. Il fait partie de cette école qui souhaite que les autochtones s’affranchissent des traditions en embrassant les musiques et les arts contemporains.
Sxelxéles te tl’etla’axel est une performance, qui allie le visuel, la chorégraphie et la musique pour « définir un nouvel espace de performance inspiré des valeurs autochtones (xwélmexw) de relation et des protocoles de rassemblement », nous indique le programme de La Semaine du Neuf.
Ici, je vous fais un aveu: comme journaliste musique, je suis totalement hors de ma zone de confort, dans l’univers de la musique contemporaine et cette performance ne contribuera pas à m’en rapprocher. Il aurait été nettement préférable pour moi de couvrir le Quatuor Bozzini ou le quatuor de saxophone Quasar, plus explicitement centrés sur la musique.
Car ici, la musique est minimale, dans tous les sens du mots: un piano, un clavecin et un alto, joués très sporadiquement. Des musiques composées par Anna Höstman et Linda Catlin Smith, dont la très minimaliste, mais jolie Brocade, pour piano et clavecin.
Sur scène, on trouve également deux écrans sur lesquels apparaissent des textes ou des images; ainsi que trois chaises sur lesquelles s’assoient en alternance les trois performeurs, qui jouent également les instruments, qui nous lisent des histoires, qui commencent toutes par « once upon a time », il était une fois.
Dans ces narrations et ces textes à l’écran, semble se dégager l’idée de passage entre deux mondes, de couloirs à emprunter, d’emmener l’autre avec soi. De blessures, de résistance, de voies de passage compliquées. On évoque aussi beaucoup l’eau. On entend un très joli texte sur une couleur qui semble dotée d’émotions. Il est également question de deux histoires, en parallèle, qui donnent des versions différentes de la vie.
Je vous donne ma perception. La vôtre aurait peut-être été différente. Que retenir de cette performance, très lente, où la chorégraphie se résume à faire marcher les protagonistes? Je ne suis pas sûr. À la fin de la performance, les applaudissements ont été polis. Ma voisine de siège, très connue dans l’écosystème de la musique contemporaine, semblait très ambivalente dans son appréciation.
Mais, nous sommes sortis en nous posant des questions. Peut-être était-ce l’objectif…
crédit photo: Philippe Latour























