En interprétant la matière devant public au premier trimestre de 2020, Soul Secret Agency a relancé l’intérêt pour son premier album, lancé officiellement au printemps 2019 et… vraisemblablement passé sous le radar. À notre tour de le faire. Cet album fut enregistré au studio Hotel2Tango, sous la férule de l’ingénieur du son et réalisateur Howard Bilerman (Arcade Fire, Godspeed You! Black Emperor, Leonard Cohen, Cœur de Pirate). Rappelons que le collectif montréalais est constitué du réalisateur, compositeur, arrangeur et bassiste Danny Trudeau, de la chanteuse Abigail Galwey, des guitaristes Eric Lemelin et Francis Veillette (aussi au pedal steel), du claviériste Willis Pride, du batteur Pascal Lepage et du percussionniste Elli Miller Maboungou. Rappelons aussi que Danny Trudeau est également le bassiste attitré de la chanteuse Dominique Fils-Aimé, considérée comme un membre de la famille élargie – elle interprète d’ailleurs Cuz I’m In Love sur l’album, ce qu’elle a aussi fait dans la petite salle du MTelus en février dernier. À l’évidence, chanteuse et musiciens sont tous des professionnels aguerris, de surcroît férus de R&B, soul ou jazz groove des années 60-70. Le jeu « classique » des interprètes, l’usage des cordes de l’Esca Quartet et les prises de son analogiques confèrent à cette musique ce côté rétro-nuovo prisé par tant de fans de ces styles éprouvés. L’engagement social, politique, féministe, écologiste et anti-raciste de la chanteuse s’y exprime en surimpression, ce qui produit un curieux contraste avec le conservatisme apparent de la musique ici suggérée, aussi fervente et compétente celle-ci soit-elle. Ça a tout de même le mérite de nous rappeler que nous sommes en 2020…
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