Le thème central de l’album Voisinages réside dans son titre. Voisinages désigne l’interculturalité, les échanges des cultures constitutives de la musique traditionnelle occidentale vécue en Amérique francophone, québécoise, acadienne, cajune, sans nommer les autres. Encore maintenant, VdN puise dans les sources folkloriques de France, d’Irlande, d’Écosse ou de Bretagne et actualise cet héritage interculturel. Ici, l’espoir de souveraineté nationale ne s’inscrit pas dans le ressentiment mais plutôt dans le bon voisinage, dans l’ouverture, le partage et la cohabitation positive. Les textes mis de l’avant racontent davantage des épisodes bien sentis de l’existence humaine à travers le temps, bon gré mal gré.
Le 13e album du toujours vaisseau amiral du trad keb atteint ici la grande maturité, sans bousculer quoi que ce soit de ses acquis et forces. Le Vent du Nord demeure à la fois un rapporteur de tradition dans sa quête chansonnière et un agent de changement dont l’objet est d’insuffler la vie et la pérennité dans cette démarche essentielle à toutes nations et cultures. On peut ainsi se retrouver à différentes époques de la trajectoire francophone, depuis le port de La Rochelle jusqu’à Saint-Charles-sur-le-Richelieu, Saint-Côme ou Montréal.
Qui plue est, cet album accueille la première contribution studio d’André « Dédé » Gagné, qui succède à Simon Beaudry, ce dernier volant désormais de ses propres ailes. Agent libre sans compensation (héhé) , Dédé a su faire sa place en tant que chanteur, puissant gratteur de guitare et aussi multi-instrumentiste à l’instar de ses nouveaux collègues, Olo Demers, Nicolas Boulerice, André et Réjean Brunet.
En somme, nous avons entre les oreilles un quintette de haute cohésion, dont le groove moderne voisine la tradition, qui vient de procéder à ses meilleures exécutions sans proposer ici de grandes réformes stylistiques, instrumentales ou orchestrales.






















