Pays : États-Unis Label : Atlantic Genres et styles : pop / pop expérimentale Année :

Charli XCX – Wuthering Heights

· par Marilyn Bouchard


La nouvelle adaptation du classique d’Emily Brontë arrive sur nos écrans et en même temps, dans nos oreilles avec sa bande originale homonyme créée spécialement pour l’occasion par Charli XCX et son producteur Finn Keane Wuthering Heights . À travers 12 chansons romantico-gothiques où arrangements classiques et électro se côtoient avec élégance (allo Rosalía), l’artiste élève son son, le faisant passer de la piste de danse à une sombre chambre à coucher. Une réinvention qui nous offre quelques délicieux moments musicaux d’amour torturé et qui marque un tournant pas si surprenant quand on connaît la témérité et l’amour pour l’exploration de la britannique.

Pour commencer, l’album ouvre sur les notes qui frottent de la flûte sur House, rejointe par la partition légèrement dissonante de violoncelle et la poésie narrée par John Cane (Velvet Underground), installant tout de suite une atmosphère inquiétante aux teintes industrielles. Après nous avoir fait languir un peu, la voix réverbérée et distorsionnée de Charli XCX apparaît, répétant « I am going to die in this house ». Une ouverture qui vise dans le mille de la  « brutalité soyeuse » recherchée dans la direction et qui nous laisse avec des frissons pour la suite.

Puis, Wall of Soundnous offre une belle résistance entre les arrangements de cordes et la performance vocale de l’interprète alors qu’avec Dying for You, plus rythmée et énergique, on entre dans le pan un peu plus inspiré des années 80 de l’album, présent également sur My Reminderplus loin. Vient Always Everywhere, mon premier coup de cœur, qui ouvre avec flûtes et violons progressant pour accueillir la voix cathédrale de Charli, puis les teintes d’électro et les syllabes extra-tunées faisant sa signature. Une fusion électro-classico-gothique franchement intéressante qui ne peut pas éviter la comparaison avec l’excellent dernier album de Rosalía ici.

Chains of Loveenchaîne et se construit avec précision, spotlight sur les percussions et la sombre basse, pour nous emmener vers un hybride d’art-pop et d’industriel orchestral où le beat un peu générique est rattrapé par la créativité des arrangements. Out of Myselfporte bien son nom puisqu’elle nous entraîne littéralement ailleurs, relevant l’énergie avec rythme et guitare saturée pour chanter sur l’aspect confrontant et destructeur de l’amour.

Ensuite, on redescend avec Open up, comme une douce brise atmosphérique, et les inspirations sensuelles de Seeing Thingssur fond de staccatos de cordes. Altarsenchaîne avec sa texture vocale de mégaphone et son snare industriel accentuant l’émotion brute de Charli pour nous emmener jusqu’au duo feutré avec Sky Ferreira, dont le rauque de la voix s’harmonise parfaitement avec le côté grungy de l’autre sur Eyes of the World.

Enfin, mon deuxième et dernier coup de cœur de l’album, Funny Mouth co-écrit avec Djo Joe Keery, nous offre une fusion électro-classique nuancée comme clôture, avec des couches d’instruments lugubres et des voix soyeuses.
Au-delà du personnage de fille survoltée de club, la chanteuse effectue ici un pivot au timing parfait pour défier les esprit sur ce à quoi on s’attend d’elle après le succès interplanétaire de BRAT, nous démontrant qu’elle peut aussi verser dans de poignantes ballades émotionnelles à la production hybride. Bien qu’un peu fragmentaire par moments, l’album impressionne par son étendue et rafraîchit en modifiant les formes.  À plusieurs moments, on ressent l’envie d’aller vers des drops qui s’esquivent en decrescendo, nous donnant l’opposé de ce qu’on attend et nous laissant dans le même état de languissement que les personnages du roman assoiffés de plus: brillant. Un album plus intimiste, tout en finesse, qui ne créera probablement pas une aussi grosse bombe que son prédécesseur mais qui nous donne une magnifique idée des possibilités pour l’évolution future de l’artiste qui trouve toujours le moyen de surprendre.

 

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